Que se passe-t-il dans les établissements scolaires de la wilaya d’Oran ? Après les grèves du personnel enseignant du lycée Mustapha Heddam et le CEM Abderrahmane Mira, et les débordements enregistrés il y a deux semaines dans le lycée des frères Meftahi (ex-el Hayat) au centre-ville, plusieurs incidents graves sont signalés ici et là dans les établissements scolaires de la ville.
Un climat de psychose règne dans de nombreuses écoles, notamment parmi les enseignantes, suite à l’agression violente mercredi dernier d’une professeure de mathématiques dans un collège situé non loin du secteur urbain El Makkari (Les Castors). La dame, qui cumule plusieurs années de travail, a été agressée par un ancien élève qui l’a prise en otage.
Elle a réussi miraculeusement à s’enfuir avec ses élèves. L’agresseur a toutefois réussi à mettre le feu dans la classe. Il a fallu l’intervention des policiers pour maîtriser le jeune énergumène, un repris de justice. Le feu s’est propagé dans toute la classe causant de graves dégâts. Les sapeurs-pompiers ont finalement réussi à circonscrire les flammes.
Un autre incident grave, enregistré dans un collège à hai Es Sabah, s’est soldé par la mort d’un parent d’une élève. L’infortuné a été mortellement blessé par une pierre qu’a lancée un élève de cet établissement scolaire lors d’une échauffourée avec l’agent de sécurité du collège. Le parent d’élève est entré dans un coma profond. Il a été évacué au service de réanimation des urgences du CHU d’Oran où il décédera quelques jours après.
D’autres incidents graves sont signalés dans les établissements scolaires de la ville, à hai Es Sanaouber (ex-les Planteurs) où les parents d’élèves sont désormais contraints d’accompagner leurs enfants en particulier les filles au collège de peur de les voir victimes de kidnapping.
Une jeune fille de ce collège est d’ailleurs portée disparue depuis plusieurs jours. Des bandes de malfrats guettent quotidiennement les jeunes filles à leur sortie de ce collège. Et gare à celle qui tombe entre leurs mains. Elle peut être séquestrée et emmenée de force à la forêt où elle risque d’être violée par des monstres humains. Dans d’autres établissements scolaires de la ville, des enseignants sont violement agressés par des parents d’élèves. «Tout le monde est stressé dans les écoles: enseignants, travailleurs, élèves.
La surcharge des programmes de la réforme est parmi les principales causes de cette situation. Deux devoirs et un examen, c’est vraiment pénible pour certains élèves qui ne trouvent d’autres moyens de se défouler que d’agresser leurs enseignants», déclare avec amertume cet enseignant de langue arabe dans un nouveau collège de hai Es Sabah.
L’autre phénomène constaté est la progression de l’agressivité de certains élèves qui n’hésitent plus à agresser durant les récréations leurs camarades avec des armes blanches.
A. Saïd
