91 (Essonne), 92, 93… Pourquoi ces départements français héritent des numéros liés à l’Algérie

91 (Essonne), 92, 93… Pourquoi ces départements français héritent des numéros liés à l’Algérie
Le saviez‑vous ? Les numéros 91, 92 et 93 attribués à l’Essonne, aux Hauts-de-Seine et à la Seine-Saint-Denis viennent en réalité de départements d’Algérie, réutilisés par la France après 1962.

On pourrait croire que la numérotation des départements français suit une logique alphabétique implacable de bout en bout. Pourtant, l’Essonne déroge à cette règle : pourquoi ce territoire porte-t-il le numéro 91 depuis sa naissance en 1968, alors qu’il semble « hors rang » dans la liste française ?

Si l’on respectait strictement l’ordre alphabétique qui régit la France (du 01 pour l’Ain au 03 pour l’Allier), l’Essonne devrait logiquement être associée au numéro 27. Pourtant, c’est le 91 qui lui a été attribué. Comment expliquer ce décalage avec la règle historique ?

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L’ancien numéro d’Alger

L’énigme du 91 trouve sa source en Algérie : Dès 1848, l’administration française utilise le numéro 91 pour désigner le département d’Alger, bien avant que celui-ci ne soit réutilisé en métropole.

Ce système de numérotation suivait une logique identique pour les autres territoires coloniaux : le 93 (actuelle Seine-Saint-Denis) désignait alors le département de Constantine, tandis que le 92 (les Hauts-de-Seine) correspondait à celui d’Oran. Quant au numéro 91, il est resté l’identifiant officiel d’Alger jusqu’en 1957.

Il est intéressant de noter que ces numéros n’ont pas été attribués au hasard en 1968. Ils étaient « vacants » après l’indépendance de l’Algérie en 1962. L’administration française a donc recyclé ces codes (91 à 94) pour les nouveaux départements issus de la dissolution de la Seine et de la Seine-et-Oise.

Le mystère du numéro 91 s’éclaire également à travers la jeunesse de l’Essonne. En 1964, soit deux ans après l’indépendance de l’Algérie, l’État français lance une vaste restructuration de la région parisienne. Ce grand remaniement aboutit, en 1968, à la suppression de l’ancien département de la Seine-et-Oise, dont l’éclatement a permis la naissance de l’Essonne, du Val-d’Oise et des Yvelines.

Recyclage des numéros après 1962

Avant de devenir le symbole de la Seine-Saint-Denis, le numéro 93 identifiait le département de Constantine, en Algérie. Attribué dès 1848 par l’administration coloniale française, ce code est resté rattaché au territoire algérien jusqu’en 1957, aux côtés du 91 (Alger) et du 92 (Oran).

Jusqu’en 1968, la Seine-Saint-Denis n’existait pas en tant que telle : la majeure partie de son territoire appartenait au département de la Seine, qui portait le numéro 75. Lors de la dissolution de ce grand ensemble (qui regroupait Paris et sa banlieue), la capitale française a conservé le 75, obligeant les nouveaux départements créés à adopter de nouveaux identifiants.

La création officielle de la Seine-Saint-Denis intervient le 1er janvier 1968, suite à la loi de réorganisation de la région parisienne. Pour numéroter ces nouveaux territoires sans bouleverser l’ordre alphabétique national, la France a choisi de réutiliser les codes devenus vacants après l’indépendance de l’Algérie en 1962. C’est ainsi que le 93 est passé des plateaux de Constantine aux plaines du nord de Paris.

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