76 journalistes tués en 2009

mercredi 30 décembre 2009 à 15:36
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809904.jpgReporters Sans Frontières publie son rapport annuel sur la liberté de la presse. L’ONG dénonce une censure d’Internet de plus en plus forte, ainsi qu’une forte pression sur les blogueurs et « Net-citoyens ».

La répression des blogueurs et la censure d’Internet constituent de nouvelles craintes pour la liberté de la presse dans le monde, tandis que 2009 a connu une augmentation du nombre de journalistes tués, enlevés ou contraints à l’exil, selon le bilan annuel de Reporters sans Frontières publié mercredi 30 décembre.
Le nombre de pays touchés par la censure du Net a presque doublé avec 60 Etats ayant recouru à cette pratique contre 37 un an plus tôt. « Chaque fois qu’Internet ou les nouveaux médias (réseaux sociaux, téléphones portables, etc.) jouent un rôle prépondérant dans la diffusion d’informations, le retour de bâton est sévère », a commenté Jean-François Julliard, secrétaire général de l’organisation.
Désormais « les blogueurs sont tout autant surveillés que les journalistes traditionnels », note RSF. Le nombre de blogueurs et « Net-citoyens » interpellés a quasiment triplé en 2009 avec 151 arrestations contre 59 l’année d’avant. RSF a aussi compté 110 blogueurs, cyberdissidents et internautes emprisonnés. La Chine, l’Iran, l’Arabie Saoudite, le Vietnam et l’Ouzbékistan sont les pays qui recourent le plus volontiers au blocage de sites ou de blogs, selon l’ONG.

« La peur règne dans certains pays au sein de la profession »

Par ailleurs, « notre principale inquiétude concernant l’année 2009 vient de l’exode massif de journalistes en provenance de pays répressifs, comme l’Iran ou le Sri Lanka », selon le secrétaire général de RSF, qui pointe également la Guinée, l’Afghanistan, le Pakistan, le Mexique, la Colombie ou l’Ethiopie. « Ce nouvel indicateur témoigne de la peur qui règne dans certains pays au sein de la profession », note RSF.
« Les autorités de ces pays ont compris qu’en incitant les journalistes à partir, elles réduisaient ainsi considérablement le pluralisme des idées et le degré de critique, cette tendance est dangereuse et il faut absolument qu’elle soit dénoncée avec force », estime Jean-François Julliard.
Coté condamnations, RSF relève que les peines infligées aux journalistes, notamment à Cuba, en Chine ou au Sri Lanka , »sont tout aussi sévères que celles imposées aux auteurs de crimes de sang ou à des terroristes ». Des pays comme le Maroc, l’Algérie ou la Tunisie se distinguent par ailleurs par une politique de harcèlement judiciaire, en multipliant les plaintes contre les journalistes qui ne trouvent pas grâce aux yeux du régime.

76 journalistes tués en 2009

RSF souligne que les guerres et les élections contestées sont les évènements les plus dangereux pour les journalistes : 76 ont trouvé la mort en 2009, soit 16 de plus que l’année précédente. L’année 2009 a été également marquée par un plus grand nombre de journalistes enlevés (33, contre 29 en 2008), agressés ou menacés (1.456 contre 929).
« Les violences pré ou post-électorales commises contre des journalistes ont été particulièrement importantes en 2009 dans des pays peu démocratiques », a souligné Jean-François Julliard.
Enfin, 2009 restera l’année d’un triste record, celui du plus grand massacre de journalistes commis en une seule journée, 30 professionnels des médias ont été tués par les milices privées d’un gouverneur du sud des Philippines.

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