70 victimes, des dizaines de voitures volées : un trafic entre l’Italie et l’Algérie tombe à Marseille

70 victimes, des dizaines de voitures volées : un trafic entre l’Italie et l’Algérie tombe à Marseille
BMW, Mercedes, Range Rover… Un trafic international de véhicules volés a fait près de 70 victimes avant d’être démantelé par la justice française.

De l’Italie à l’Algérie en passant par la France : la juteuse filière des voitures volées s’est brisée à Marseille. Pendant deux ans, une équipe bien rodée a détourné et écoulé des dizaines de véhicules de location. Ce coup de filet vaut aujourd’hui à trois hommes de faire face à leurs juges sur le banc du tribunal phocéen.

Fiat 500, BMW, Mercedes, Range Rover… Derrière ces véhicules, une vaste escroquerie dont les rouages s’étendent de l’Italie jusqu’en Algérie en passant par la France.

Environ 70 victimes, particuliers et entreprises, attendent réparation depuis dix ans. Quant aux accusés, Giuseppe E. et Marco E., les cerveaux du réseau ont vite reconnu les faits.

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Un trafic de voitures volées démantelé entre l’Italie, l’Algérie et la France

Entre 2015 et 2017, les deux accusés ont participé à la revente de véhicules de location détournés ou volés en Italie. Ces deux anciens gérants sont condamnés à deux ans de prison ferme, notamment lors de l’audience organisée le 8 juin dernier.

Les deux frères se sont fait aider par de « petites mains » chargées du vol, de l’obtention des immatriculations en France et du transport des véhicules vers l’Algérie.

D’après les informations de La Provence, Issam B., âgé de 48 ans, alors basé à Marseille, répondait devant la justice pour l’exportation de ces voitures vers l’Algérie. Seul face aux juges, sans avocat pour le soutenir, il a fermement nié avoir été au courant que les véhicules vendus par ses soins étaient volés ou détournés.

Pour la présidente du tribunal, l’argument de l’ignorance ne tient pas. Azanie Julien-Rama a rappelé qu’un homme « dans l’automobile depuis qu’il est né » ne pouvait absolument pas fermer les yeux sur les magouilles de Giuseppe E. En effet, il faut dire que les chiffres du dossier parlent d’eux-mêmes : des transactions bradées et réglées exclusivement en liquide. À titre d’exemple, un Volkswagen Touran estimé à 27 000 euros a été bradé à 12 000 euros, tandis qu’une BMW X4 frôlant les 45 000 euros de cote s’est envolée pour à peine 25 000 euros.

Des difficultés d’immatriculation

Par ailleurs, l’examen des messages entre Giuseppe E. et Issam B. a révélé qu’ils discutaient régulièrement sur des démarches d’immatriculation. Et pour cause : la présidente a détaillé un inventaire technique pour le moins suspect. Entre le scooter Yamaha TMAX au châssis effacé et au moteur volé, la BMW X4 vendue sans double de clés, et la Fiat 500 toujours enregistrée au nom d’un loueur italien, les indices d’un trafic à grande échelle étaient flagrants.

Questionné par la présidente qui s’étonnait de son manque de méfiance, Issam B. s’est défendu en se fiant aux apparences : « Il avait l’air d’un homme de confiance par sa façon de s’habiller et de s’afficher sur les réseaux sociaux ». Par ailleurs, le tribunal s’est finalement montré plus indulgent à son égard qu’envers ses acolytes. Verdict : deux ans de prison avec sursis pour Issam B., contre deux ans de prison ferme pour les deux cerveaux du réseau, Giuseppe E. et Marco E.

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