L’affaire a de quoi surprendre par son originalité macabre. Alors que les enquêteurs de la Sûreté nationale surveillaient discrètement le secteur de La Pêcherie, au centre d’Alger, ils ne s’attendaient pas à découvrir une cache de stupéfiants dans un animal. Pourtant, c’est bien à l’intérieur d’un mouton que les éléments de la police judiciaire ont mis la main sur soixante boîtes de psychotropes de type Prégabaline.
Au coeur de cette affaire, dix prévenus comparaissent cette semaine devant le tribunal de Sidi M’hamed. L’information, rapportée par le compte-rendu d’une audience tenue ce jeudi 5 mars, révèle les dessous d’un trafic organisé dans les artères animées de la ville.
Selon le journal Ennahar, l’enquête débute après la réception de renseignements précis signalant l’existence d’un point de vente de stupéfiants dans le voisinage de la Pêcherie. Les forces de l’ordre organisent alors une descente et tombent sur deux individus, identifiés comme H. Fares et H. Hamid.
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Sur place, la découverte est double ! Une partie des comprimés se trouve dans une voiture stationnée à proximité, tandis que le reste est dissimulé dans un sac en plastique, lui-même placé à l’intérieur d’un mouton. Les enquêteurs saisissent également des armes blanches de catégorie 6.
Un réseau démantelé et huit autres suspects arrêtés
L’interpellation en flagrant délit des deux premiers suspects ne marque pas la fin de l’opération. Grâce à un travail minutieux, les policiers mettent en place un plan pour capturer le reste du réseau.
Leurs efforts aboutissent à l’arrestation de huit autres personnes : K. Samir, B. Mohamed Anis, B. Noureddine, R. Mohamed Wassim, Dj. Mohammed Oussama, B. Sidali, K. Ahmed Ouael et L. Ayoub. Lors de ces interpellations, les forces de l’ordre mettent la main sur une quantité supplémentaire de psychotropes et des sommes d’argent provenant de la vente de ces produits.
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Les dix prévenus sont déférés devant le juge d’instruction, qui leur notifie plusieurs chefs d’inculpation. La justice les poursuit pour :
- Possession de psychotropes en vue de leur vente.
- Transport et stockage de stupéfiants.
- Détention et port d’armes blanches de catégorie 6 sans motif légitime.
- Dissimulation de stupéfiants.
- Blanchiment d’argent.
Face à ces accusations, les membres du réseau adoptent une stratégie de défense commune. Ils nient tous les faits et se renvoient mutuellement la responsabilité. Chacun plaide non coupable et demande à la cour de le relaxer.
12 ans de prison ferme et une amende d’un million DA requis contre les dix prévenus
Le représentant du ministère public ne se laisse pas convaincre par ces dénégations. Il requiert à l’encontre de chaque accusé une peine de douze ans d’emprisonnement ferme, assortie d’une amende d’un million de dinars. Une sanction lourde qui reflète la gravité des infractions et le caractère organisé du trafic, malgré le volume relativement modeste de la saisie.
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Le tribunal de Sidi M’hamed a mis l’affaire en délibéré. La décision sera rendue publique la semaine prochaine. En attendant, cette affaire alimente les conversations dans les milieux judiciaires et au-delà, tant par l’étrangeté de la cache choisie que par la jeunesse des prévenus, tous âgés d’une vingtaine d’années. Elle illustre une réalité plus large, celle d’un trafic de stupéfiants qui, pour échapper à la vigilance des forces de l’ordre, n’hésite plus à recourir aux méthodes les plus inattendues.
