3 ans de prison et 300 000 DA d’amende pour qui abandonne ses parents en Algérie

3 ans de prison et 300 000 DA d’amende pour qui abandonne ses parents en Algérie
Abandon des parents

Le bureau de l’Assemblée Populaire Nationale (APN) a donné son feu vert initial à une proposition de loi durcissant les sanctions contre les enfants délaissant leurs parents âgés. Entre peines de prison et amendes fermes, le texte vise à transformer l’obligation morale de piété filiale en une responsabilité juridique stricte.

Abandon des parents : Comment l’Algérie compte combler le vide juridique actuel ?

Le débat sur la protection des seniors revient au cœur de l’hémicycle. Dimanche, le bureau de la chambre basse a examiné et validé le principe d’une proposition de loi visant à amender et compléter la loi n° 10-12 du 29 décembre 2010.

Porté par la députée Laila Elyazidi, ce texte — déjà déposé lors de la précédente législature sans aboutir — entend remédier à ce que ses auteurs qualifient de « vide juridique ».

Actuellement, la législation algérienne ne criminalise pas explicitement l’abandon des ascendants par leurs descendants, notamment leur placement en maison de retraite sans motif impérieux. Les dispositions pénales en vigueur considèrent souvent que la responsabilité des enfants s’éteint dès lors que la personne âgée n’est pas « exposée au danger », une condition remplie par un simple placement en centre d’accueil, faisant fi du devoir de prise en charge familiale.

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Quelles sont les amendes prévues par la nouvelle loi ?

La nouvelle proposition de loi repose sur deux piliers : le suivi social et la sanction pénale.

  • Contrôle social accru : Le texte prévoit de modifier l’article 11 de la loi actuelle pour charger les services de l’action sociale de suivre la situation des personnes âgées au sein de leur foyer. Ces services auront l’obligation de signaler aux autorités compétentes tout manquement des enfants à leur devoir de prise en charge.
  • Peines de prison : L’innovation majeure réside dans l’introduction de l’article 32 bis. Ce dernier prévoit des peines allant de six mois à trois ans de prison, assorties d’amendes oscillant entre 50 000 et 300 000 DA, pour tout manquement constaté.

Toutefois, le texte prévoit une « porte de sortie » : la reprise effective de la prise en charge du parent met fin aux poursuites judiciaires.

Fin de l’isolement des seniors : Comment la loi veut garantir la dignité des parents chez eux ?

Au-delà de la répression, l’exposé des motifs souligne une volonté de sacraliser les valeurs morales et religieuses de solidarité familiale. Pour la député, l’objectif est de faire passer la protection des aînés du simple engagement éthique à une obligation légale contraignante.

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Il s’agit de lutter contre l’isolement croissant des seniors et de garantir leur droit à une vie digne dans leur environnement familial naturel. Le texte doit maintenant poursuivre son parcours législatif avant une éventuelle publication au Journal officiel.