France : Voici les noms de personnalités Algériennes proposés pour renommer les rues 

France : Voici les noms de personnalités Algériennes proposés pour renommer les rues 

Algérie – Le Président français, Emmanuel Macron, avait proposé la création d’un catalogue avec « 300 à 500 noms de personnalités issues de l’immigration » afin de renommer certaines rues ou d’ériger des statues en leur honneur en France. 

Selon les informations rapportées par le journal français Le Journal du Dimanche (JJD), les Ministères français du Logement et de la Ville ont proposé une première liste de 24 personnalités historiques que le Gouvernement français va honorer.

Cette initiative intervient suite aux récentes déclarations du Président français, Emmanuel Macron, faites lors d’une interview, en direct, accordée au média français Brut, vendredi passé. En effet, il avait exprimé son souhait de voir s’établir « une liste de 300 à 500 noms de héros africains, d’ici le mois de mars, afin d’en faire des rues et des statues ».

À travers cette démarche, Macron souhaite « rebaptiser certaines rues afin de mieux représenter les minorités », mais aussi pour « dire à la jeunesse  issue de l’immigration que la République vous reconnaît » et que « leurs histoires individuelles font partie de l’histoire collective de la France ».

En évoquant la guerre d’Algérie et le travail entamé « pour réconcilier les mémoires entre les deux peuples », le Président français avait noté que « la France a autant de mémoires de la guerre d’Algérie, qui sont des blessures qu’il faut respecter », en citant « les enfants issus de l’immigration d’origines algériennes, binationaux ou français dont les grands-parents étaient algériens, les harkis et leurs enfants, les pieds noirs et leurs enfants, les militaires, les appelés de contingents… ».

Quatre Algériens figurent parmi les 24 noms proposés 

La liste du Ministère français chargé de la Ville, rendue publique par JJD, compte quatre (4) personnalités algériennes, qui figurent parmi des acteurs de cinéma de renommée mondiale, à l’instar de Lino Ventura et de Louis de Funès, ou du vulcanologue Haroun Tazieff, ainsi que du soldat d’origine marocaine Hammou Moussik.

Pour le cas des noms Algériens, on trouve l’icône de la chanson kabyle Slimane Azem, le champion de la nage Alfred Nakache, le polytechnicien Chérif Cadi et le soldat Ouassini Bouarfa.

Slimane Azem (1918-1983) est un chanteur, musicien, compositeur et interprète iconique de la chanson kabyle. Arès avoir travaillé dans l’agriculture chez un colon près d’Alger, il rejoint son frère, en 1937, en France. Au début de la deuxième guerre mondiale, il est mobilisé près de Bourges, où il passe ses soirées à chanter pour ses camarades, ensuite, en 1942, il est réquisitionné par les Allemands jusqu’en 1945.

Après sa libération il s’installe à Paris, où, en gérant un café, interprète ses premières compositions. Durant la guerre de libération nationale, il écrit des chansons engagées et soutient le mouvement d’indépendance. Au cours des années 1970, alors qu’il est privé d’entrée en Algérie depuis l’indépendance, il enchaîne les enregistrements et conquiert un large public. Dans les années 1980, il achète une ferme à Moissac, où il finit le restant de ses jours.

Alfred Nakache (1915-1983), surnommé « Artem » (le poisson) est un nageur et joueur de water-polo, né d’une famille juive à Constantine en Algérie. Jusqu’en 1934, il est  licencié à la Jeunesse Nautique (JN) constantinoise, puis en 1933 il participe à ses premiers championnats en France. Il enchaîne les victoires, et devient, en 1939, professeur d’éducation physique.

Malgré ses performances et ses titres de champion, il est déchu de sa nationalité française parce qu’il est juif d’Algérie, ainsi, avec son épouse, également juive, et leur fille, ils s’installent à Toulouse où il se rapproche des réseaux de résistances juifs, et finit par être interdit de bassins lors des championnats. En 1943, et suite à une dénonciation, il est captivé dans une prison à Toulouse, puis au camp d’internement de Drancy, pour enfin être déporté avec son épouse et sa famille au camp d’extermination d’Auschwitz.  Séparé de son épouse et de sa fille, ce n’est qu’après, en 1946, qu’il apprend leur décès.

En 1945, il est libéré de ces camps, et retourne à Toulouse poursuivre sa carrière de professeur d’éducation physique, et après avoir repris les entrainements et du poids, il retrouve son nom en haut du classement et participe aux jeux olympiques de 1948 à Londres. Après sa fin de carrière, il décède d’un malaise alors qu’il nageait.

Chérif Cadi (1867-1939), de son vrai nom Si Chérif Ben el Arbi Cadi, est un officier français d’artillerie et le premier musulman de l’Algérie française admis à l’École polytechnique, né à Souk Ahras en Algérie, où il fait son école primaire et se fait remarquer comme élève surdoué. En 1885, il est boursier en classe préparatoires au lycée d’Alger, puis se rend en France, à Marseille, en 1887, et passe le concours d’admission à l’École polytechnique.

Pour devenir officier français d’artillerie à la sortie de l’École polytechnique, Chérif Cadi accepte de se soumettre à la procédure dite improprement de « naturalisation » qui lui confère le droit de cité et notamment le droit de disposer de toutes les prérogatives du citoyen. Ainsi, il fait rajouter le nom Yves comme prénom à son patronyme Cadi.

Ouassini Bouarfa (1919-2007) il a fait partie des soldats français qui ont débarqué en Normandie en juin 1944 dans le cadre de l’opération Overlord. Très jeune, il s’est engagé dans la marine française, puis a rejoint les Antilles pour enfin intégrer le commando Kieffer.

Rédaction d’Algérie 360.