Fête de l’indépendance : Retour sur le passé commun de l’Algérie et les Etats Unis

A l’occasion de la célébration de la fête de l’indépendance de l’Algérie, l’ambassadeur des Etats Unies, John P.Desrocher, a adressé un message au peuple algérien lui souhaitant une bonne fête. Son message nous fait revenir au passé commun des deux pays à travers le discours du président Kennedy.

Sur la vidéo de l’ambassade nous avons pu redécouvrir le fameux discours du président américain John F.Kennedy à l’occasion de l’indépendance de l’Algérie, ce dernier était, depuis 1957, favorable à l’idée de l’indépendance et a soutenu la cause algérienne, seulement, l’histoire que partagent les deux pays remonte à plus loin.

En effet, depuis le 16ème siècle, les deux pays entretenaient déjà des relations diplomatiques. En 1797, un traité est signé entre les Etats Unies et le Dey d’El-Djazair (Alger) garantissant la sécurité des flottes américaines en mer Méditerranéenne par les corsaires algériens en contrepartie d’un paiement de 10 millions de dollars américains sur une période de 12 ans.

Quelques années après l’indépendance des Etats Unies, en septembre 1795, les deux pays signent un nouveau traité, celui de l’Amitié et de la Paix, l’Algérie fut l’un des premiers états à reconnaître l’indépendance des Etats Unies, un consulat fut siégé à Alger. D’ailleurs, William Shaller, le consul américain en Algérie entre 1818 et 1828, a publié un livre en 1828, Sketches of Algiers, retraçant son passage à Alger et racontant les scènes de vies quotidiennes de celle-ci.

L’arrivée de la colonisation française a interrompu ces relations amicales, néanmoins, les Etats Unies ont toujours rendu hommage à l’Algérie de façon symbolique et subtile. En 1860, le président Abraham Lincoln a honoré l’Emir Abdelkader pour ses actions humaines dans son exil à Damas et en 1846 des américains ont décidé de baptiser leur ville dans l’état de l’Iowa en son nom, à savoir la ville d’Elkader, un autre exemple de symbolique et la ville de Santa Monica qui porte le nom de la mère du théologien algérien Saint-Augustin.

Plus tard, avec le déclenchement de la révolution algérienne en 1954, l’Algérie portait encore l’étiquette de l’« Algérie Française », les français ont usaient de tous les moyens pour faire croire que la révolution n’est autre que des agissements terroristes isolés. De son côté, le Front de Libération Nationale (FLN) voulait à tout prix porter la cause algérienne à l’international pour dénoncer la France coloniale auprès des Nations Unies.

Le 2 juillet 1957, et à la surprise générale, un jeune sénateur démocrate du Massachussetts prononce un discours en faveur de l’indépendance de l’Algérie, au séant, dénonçant la politique colonialiste, ce n’est nul autre que le futur président John Fitzgerald Kennedy, ce discours entre dans l’histoire sous le nom de The Algerian Speech.

« Il y a plusieurs cas d’affrontements entre l’indépendance et l’impérialisme dans le bloc occidental qui requièrent notre attention. Mais ici aussi l’un deux, plus que d’autres, est absolument essentiel, l’Algérie…Il est donc temps que l’on prenne en main le véritable problème que nous pose l’Algérie, problème qui ne peut etre évité ni par les Nations Unies ni par l’OTAN, problème qui devient de plus en plus difficile à résoudre, comme une guerre acharnée apparemment sans fin détruit, un par un, les ponts de moins en moins nombreux qui restent vers un accord raisonnable », aurait-il déclaré lors de son discours.

Cinq années plus tard, Kennedy est le nouveau président des Etats Unies d’Amérique et l’Algérie a retrouvé sa liberté, c’est une nouvelle page qui s’écrit de l’histoire des deux pays unis par des liens d’amitié et de cause commune.

Comme le montre la vidéo de l’ambassade, à l’occasion de l’indépendance de l’Algérie, le jeune président prononce un discours touchant  félicitant le peuple algérien de cette grande victoire et rappelant que les américains aussi avaient combattus pour la même cause.

Au lendemain de l’indépendance, l’Algérie commence à faire ses premiers pas dans la cour internationale. Le 15 octobre 1962, le président Ahmed Ben Bella est reçu officiellement à la Maison-Blanche en tant que premier président de l’Etat indépendant de l’Algérie, le président Kennedy l’accueille avec discours de bienvenue et hymne national.

Lors de cette même visite, le premier président algérien se rend à New York pour la cérémonie officielle de l’entrée de l’Algérie comme 109ème membre de l’Organisation des Nations Unies, le drapeau algérien y fut érigé.

En ce 5 juillet, l’Algérie célèbre le 58ème anniversaire de son indépendance et garde toujours un souvenir de reconnaissance envers le défunt président américain J.F.Kennedy.

«Notre peuple n’oubliera pas la voix du cheikh Kennedy (…) qui a réclamé le droit du peuple algérien de décider de son sort. (…) J’ai été persuadé personnellement au cours de mes entretiens avec le président Kennedy de l’amitié véritable que témoignent les Etats-Unis envers l’Algérie », déclare Ben Bella en décembre 1962 en parlant de Kennedy qu’il surnommait « cheikh ».

Rédaction d’Algérie 360.