La stimulation de l’économie algérienne : Quelles sont les réformes actuellement envisagées ?

L’Algérie a une politique extrêmement stricte envers la cryptomonnaie. En fait, depuis la loi de finances de 2018, le gouvernement algérien interdit « l’achat, la vente, l’utilisation et la détention » de cryptomonnaies. Toutefois, la crise de la COVID19 est passée par là. De plus, il est devenu nécessaire de diversifier l’économie du pays afin de la rendre moins dépendante de son sous-sol. C’est pourquoi le gouvernement, sous l’impulsion du ministre chargé des start-up, réfléchit à un changement important de sa politique envers les entreprises et la Fintech, ainsi que l’achat de cryptomonnaie.

Les réformes envisagées pour dynamiser l’économie algérienne

À peine nommé en début d’année 2020, Yacine Oualid, ministre délégué en charge des start-up de l’actuel gouvernement algérien, a su imprimer sa marque rapidement. Docteur et entrepreneur, Yacine Oualid entend bien proposer sous peu un plan ambitieux qui vise à faire entrer l’Algérie dans l’ère de la « start-up nation ». Ce plan permettrait de libéraliser l’accès aux dernières technologies de la Fintech. De plus, il aurait pour objectif de créer un écosystème propice à la création et au financement de start-up algériennes. Tel un incubateur d’entreprises géant, l’idée serait d’accompagner les jeunes pousses afin qu’elles deviennent les champions de demain.

Ces changements s’inscriraient dans un plan de réforme global post-COVID19. La crise du coronavirus a mis en avant le danger pour l’économie algérienne de trop s’appuyer sur son pétrole ou son gaz. C’est pourquoi le gouvernement entend rééquilibrer les choses en investissant massivement dans le domaine de l’agriculture.

De plus, le gouvernement est dans l’obligation de mettre en place un « plan Marshall » pour sauver son industrie du tourisme. Touché de plein fouet par l’épidémie de la COVID19, le secteur du tourisme, laïque et religieux, est à l’arrêt total. Face à cette situation, le gouvernement compte prendre la problématique à bras le corps pour relancer le secteur du tourisme en le modernisant.

Le domaine de la Fintech en Algérie

Si les start-ups sont encore très rares en Algérie, force est de constater que les start-ups de la Fintech sont, elles, carrément à l’état embryonnaire. Le rapport annuel 2019 de Partech Africa classait l’Algérie au 14ème rang en termes d’argent levé par ses start-ups. La moitié de l’argent levé pour les start-ups en Afrique est destiné aux entreprises liées à la Fintech. Or, en Algérie, aucune start-up fintech n’a encore été lancée.

Dans un pays où l’accès à un compte bancaire n’est pas encore généralisé, les start-ups de la Fintech auraient pourtant des services très intéressants à proposer. De plus, en novembre 2019, la loi du « 51/49 » qui a longtemps été un frein à la création de start-up, a été abrogée. Celle-ci consistait à imposer aux investisseurs étrangers de s’allier avec un partenaire majoritaire algérien.

Avec les réformes en place et celles à venir, le paysage de la Fintech devrait évoluer rapidement en Algérie. Par exemple, fin 2019, un « Finlab » a été créé lors du 5ème colloque du conseil scientifique de la Commission de Surveillance en Opérations de Bourse (COSOB). Ce « Finlab » permet de rassembler un ensemble d’acteurs financiers (universités, banques, assurances, etc.) pour accompagner le développement des start-ups de la Fintech.

Conscient de la vétusté de son modèle économique, le gouvernement algérien entend changer son fusil d’épaule dans les années à venir. Ainsi, des réformes sont en cours afin de rattraper le retard de l’Algérie dans le domaine de la Fintech.