L’étonnant et mystérieux empire de Mahieddine Tahkout

Arrêté et incarcéré le 11 juin dernier l’homme d’affaire Mahieddine Tahkout, comparaitra le mois de juin prochain devant le tribunal Sidi M’hamed. Comment alors cet homme d’affaire est parvenu à passer d’une simple société de fabrication de chaussures, à un empire industriel influent ?

Tout commence alors au milieu des années 80 avec la création d’une société spécialisée dans la fabrication de chaussures en association avec ses deux frères en 1984. Deux ans plus tard, il perce le domaine de la vente et achat de la pièce détachée, en y créant une société. C’est en 1989 qu’il crée sa première société de transport public.

A partir de là, les entreprises en son nom se multiplient, indique ce jeudi le quotidien le Soir d’Algérie dans un article consacré à l’empire de l’homme d’affaire.

En effet, Tahkout monta pas moins « de dix-huit entreprises entre 1989 et 2000 dans diverses activités commerciales, industrielles, transport de voyageurs, transport de marchandises, location de véhicules, société de gardiennage, l’industrie plastique et pharmaceutique, la concession automobile », indique le Soir d’Algérie citant des sources bien informées.

Puis, entre 2013 et 2014, Mahieddine Tahkout s’intéresse au domaine de l’information en rachetant la chaîne de télévision privée de droit suisse Numidia News, devenue après Numidia TV. Pour ses déplacements ainsi ceux de ses frères et son fils, l’homme d’affaire loua un jet privé à une société d’aviation américaine, à 16 000 dollars le mois.

En 2016, il devient le représentant officiel de la marque automobile Hyundai en Algérie, malgré que dossier qu’il présente est incomplet, il a été accepté par la Commission d’évaluation technique (CET) du ministère de l’Industrie et des Mines de Abdeslam Bouchouareb.

Après son inculpation, les enquêtes ont révélé que Bouchouareb avait reçu des pots-de-vin conséquents en échange de son appui. Puis, c’est au tour de l’ancien premier ministre Abdelmalek Sellal d’approuver son dossier auprès du Conseil national de l’investissement (CNI). Ahmed Ouyahia a aussi reçu des pots-de-vin en échange des facilités accordées à Tahkout. Il a d’ailleurs été aussi poursuivi pour « déclarations mensongères et blanchiment d’argent » puisqu’une partie de cet argent a été transférée illégalement à l’étranger, indique la même source.

Etant très proche de Ouyahia, il obtient moult avantages dans ses investissements. C’est ainsi qu’il a obtenu un terrain de 24,76 hectares situé à Tiaret, dont « six hectares de l’assiette foncière sont occupés par la bâtisse de la société nationale Sonitex ». Le coup du projet est estimé à hauteur de 42119 milliards de centimes, selon le même journal citant des sources bien informées.

Pour rappel, le procès de Mahieddine Tahkout est programmé pour seconde semaine du mois de juin prochain au tribunal de Sidi-M’hamed. Il a été arrêté et incarcéré le 11 juin dernier pour « corruption et obtention illégale d’avantages ayant porté préjudice au Trésor public ».

Abdeslam Bouchouareb, Abdelmalek Sellal, Youcef Yousfi, Abdelghani Zaâlane, Djamel Khanfar, l’ancien wali d’El-Bayadh et Amar Ghoul, Abdelkader Zoukh l’ancien wali d’Alger… sont tous impliqué dans le procès de Tahkout.

Rédaction d’Algerie360