2011 : Oran affiche ses ambitions de métropole méditerranéenne

2011 : Oran affiche ses ambitions de métropole méditerranéenne

oran-kaou.jpgOran aspire à un statut à la mesure de son ambition de capitale de l’Ouest du pays. Outre les opérations de réhabilitation du vieux bâti et de restauration de ses lieux de mémoire et d’histoire, de nombreux projets ont été lancés en 2011 ou programmés pour hisser El Bahia au rang de métropole méditerranéenne.

Le projet de modernisation d’Oran, présenté et discuté lors d’une réunion tenue au niveau du ministère de l’Intérieur et des collectivités locales, sera soumis prochainement à un comité interministériel, a souligné le directeur du programme et suivi budgétaire, M. Mohamed Segheir.

Il s’agit notamment de la réalisation d’une ville nouvelle, qui sera dotée d’un « High Parc » au niveau du lac Dhaya Morsli sur plus de 300 ha, d’un Technoparc à Bir El Djir dédié au NTIC, d’un nouveau port de pêche à Mers El Hadjadj, d’une gare multimodale à Sidi Maarouf, d’un opéra de 2.500 places, d’une marina et de l’aménagement de la cité « La Calère » à haï Sidi El Houari et d’autres équipements touristiques d’excellence.

Ces projets de stature internationale nécessite un processus de « décentralisation » permettant d’imaginer une structure de gouvernance adéquate, renforcée par une mise à niveau administrative, une réorganisation des structures et une formation de cadres techniques et administratifs de la wilaya, soutient le Dr. Aziz Belkhatir, chercheur au Laboratoire sur les risques industriels, technologiques et environnementaux de l’université d’Oran, qui a présenté récemment une réflexion opérationnelle sur le futur projet du territoire du Grand Oran.

Oran fait sa mue Oran fait sa mue sur fond de densification de ses zones d’habitat où règne en maître des ensembles collectifs qui trament jusqu’aux confins de la wilaya. A l’Est, ce sont des zones d’habitat qui poussent comme des champignons, au sud-est des cités dortoirs dépourvues de commodités et qui nécessitent une réelle restructuration. A l’ouest, ce sont d’autres contraintes qui bloquent son développement, notamment les bidonvilles qui investissent le mont Murdjadjo.

Au sud ouest, la grande Sebkha s’insurge comme une plaie. A l’intérieur du tissu urbain, c’est une ville fragmentée qui a besoin d’une spécificité de référence de son armature urbaine. Les communes de Bir El Djir, Es-Sénia, Sidi Chahmi, faisant partie du grand projet urbain, attestent de nombreux ratés en l’absence d’une cohérence urbaine.

Aujourd’hui, le défi à relever est énorme en termes de renouvellement urbain, d’organisation de l’espace, de création de cités et de quartiers écologiques avec une performance qui doit se nourrir de pôles d’excellence, comme l’a souligné, en diverses occasions, le wali d’Oran, Abdelmalek Boudiaf, déplorant le grand retard à rattraper en terme d’organisation spatiale et de réalisation d’équipements de proximité. « Pour se hisser au rang de métropole, il faut construire des quartiers différents des zones d’habitation réalisés jusque là », a-t-il fait observer en expliquant que la création de centres urbains doit être accompagnée d’une palette d’équipements et de services.

Au niveau de la wilaya, on souligne que l’amorce de ce projet de ville moderne a nécessité la mise en place d’un programme d’actions qui s’articule autour d’axes prioritaires. Ceux-ci portent notamment sur une mise à niveau, une dynamisation des projets structurants inscrits et non lancés, une relance de l’activité économique et l’élaboration d’un plan de modernisation.

Des projets à la hauteur des défis Au total, 700 projets tendant à l’amélioration des conditions et du cadre de vie du citoyen (assainissement, AEP, voirie, raccordement au gaz naturel, renforcement des moyens matériels des communes, réhabilitation des équipements de service public) ont été inscrits pour répondre aux attentes des habitants. Ces opérations s’ajoutent aux autres actions de mise à niveau de la ville telles que l’éclairage public, la prise en charge de déchets ménagers et l’entretien des espaces verts.

Quelques indicateurs fournis par des directions de l’exécutif reflètent les efforts déployés pour améliorer la situation. En matière d’AEP, le taux de raccordement a atteint, fin 2010, un taux de 87%, classant Oran au 23ème rang au niveau national. Chaque habitant dispose d’une dotation journalière de 220 litres.

Le taux de raccordement à l’électricité a atteint cette année les 97% et celui du gaz de ville est de l’ordre de 67%. Pour ce qui est de l’assainissement, la wilaya s’est classée, en fin 2010, à la 13ème place à l’échelle nationale avec un taux de raccordement de 86%.

La modernisation d’Oran se fera également par de nombreux autres projets structurants inscrits sur ses tablettes. Il s’agit du 5ème boulevard périphérique, reliant le port d’Oran à l’autoroute Est-Ouest (sur 25 kilomètres), du viaduc reliant le centre-ville à la nouvelle route de la corniche, la voie du littoral de la corniche « Est » sur 25 kilomètres (Arzew-Kristel-Oran), de l’achèvement de la voie ferrée Oran-Arzew, du projet du tramway et la gare multimodale à Sidi Maarouf.

Il est prévu également la création d’une nouvelle aérogare à Es-Sénia, la réalisation de trois parkings à étages dans la ville d’Oran, ainsi que la redynamisation d’autres programmes de développement. Les perspectives économiques locales s’annoncent sous de bons augures avec la relance de l’investissement, après l’assainissement foncier et les facilitations accordées aux promoteurs viables.

Pas moins de 14 projets d’investissement touristiques d’excellence, comme des établissements hôteliers de classe internationale (5 étoiles et plus) sont attendus durant ce quinquennal sur un total de 150 projets potentiels dans divers secteurs économiques.

La concrétisation de tous ces projets renforcera Oran dans son statut de capitale de l’Ouest du pays et fera d’elle un carrefour incontournable dans le bassin méditerranéen.