2 895 € en licence, 3 941 € en master : la facture explose pour les étudiants étrangers en France

2 895 € en licence, 3 941 € en master : la facture explose pour les étudiants étrangers en France
Étudier en France coûte désormais beaucoup plus cher : les frais pour les étudiants étrangers atteignent jusqu’à 3 941 € par an.

Pour de nombreux étudiants algériens, la France demeure la destination de choix pour accomplir un cursus universitaire. Cependant, cette ambition se heurte désormais à une nouvelle réalité financière : l’application de frais d’inscription différenciés par plusieurs établissements français, augmentant considérablement la facture pour les candidats hors Union européenne.

Dans le cadre de la stratégie « Bienvenue en France » lancée en 2019, les universités françaises ont la possibilité d’imposer des tarifs d’inscription majorés aux étudiants hors Union européenne. Bien que les établissements disposent d’une certaine autonomie dans l’application de cette mesure, les tarifs restent strictement encadrés par l’État.

Comme le souligne Christine Neau-Leduc, présidente de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne au micro de RFI, ces montants sont définis par décret gouvernemental et ne relèvent pas d’une décision interne des universités.

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Les frais d’inscription explosent pour les étudiants étrangers en France

Le saut tarifaire est considérable : les frais d’inscription grimpent à 2 895 euros en licence et 3 941 euros en master, contre respectivement 178 et 254 euros auparavant. Face à cette augmentation, Christine Neau-Leduc invoque des impératifs économiques.

En effet, elle précise que l’université se voit contrainte de solliciter une contribution financière accrue de la part d’une partie de ses étudiants pour équilibrer ses futurs budgets.

Si les étudiants maghrébins et subsahariens sont les premiers touchés par cette augmentation, des exceptions subsistent à Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Deux catégories de candidats échappent en effet à ces frais majorés : les citoyens européens et les ressortissants d’une quarantaine d’États identifiés par l’ONU comme les moins développés économiquement.

À l’inverse, les ressortissants d’Algérie, du Maroc ou d’Égypte sont directement soumis à cette nouvelle tarification. Pour Rhania, actuellement en licence de sciences politiques à Paris 1, l’avenir s’obscurcit : la perspective de payer 4 000 euros par an pour son master remet en question la poursuite de son cursus. Déjà confrontée à la précarité pour se loger et se nourrir, elle voit dans cette mesure — adoptée par l’université il y a cinq mois — un obstacle majeur à ses ambitions.

Certaines universités refusent la hausse des frais d’inscription

Le paysage universitaire français reste toutefois divisé sur cette question. À contre-courant, l’université de Rennes 2 rejette l’augmentation des tarifs pour les étudiants internationaux. Interrogé par RFI, son président Vincent Gouëset affirme qu’il ne revient pas aux étudiants, notamment africains, de supporter les déséquilibres budgétaires des établissements. Il redoute qu’une telle barrière financière n’exerce un effet dissuasif sur les profils les plus modestes.

Une nouvelle réforme s’apprête à fragiliser davantage le quotidien des étudiants non européens dès la rentrée 2026 : la suppression des Aides Personnelles au Logement (APL) pour les candidats non boursiers. Pour les étudiants algériens en France, l’équation financière devient particulièrement complexe. Ils devront désormais conjuguer des frais de scolarité élevés — 2 895 euros en licence et 3 941 euros en master — avec la perte de ce soutien indispensable au logement.

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