Le Chili extrait chaque année près d’un quart du cuivre mondial et domine le marché du lithium avec des réserves parmi les plus vastes de la planète. L’Algérie, de son côté, dispose d’un sous-sol que les géologues décrivent depuis des décennies comme sous-exploité. Or, cuivre, terres rares et bien d’autres minéraux y dorment encore, en attente d’une exploitation structurée. Ces deux pays, séparés par un océan, ont décidé de remettre sur pied leur commission mixte de coopération minière. Une poignée de main qui intervient au moment où Alger accélère sa mue économique et cherche à faire du secteur minier le pilier d’une croissance dégagée de la tutelle des hydrocarbures.
La coopération minière algéro-chilienne se réactive autour du cuivre et du lithium
La rencontre s’est tenue mardi à Alger. Le ministre des Mines et de l’Industrie minière, Mourad Hanifi, a reçu l’ambassadeur chilien Juan Claudio Valenzuela. À l’issue de l’entretien, les deux parties ont acté la relance de leur commission mixte bilatérale, un cadre institutionnel qui permettra de structurer les échanges entre les deux administrations minières.
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Concrètement, un groupe de travail technique verra le jour. Sa mission, identifier des projets communs précis et organiser des échanges de visites d’experts entre les deux pays. Les discussions ont couvert plusieurs axes :
- L’exploration, l’exploitation et la valorisation des ressources minérales
- L’échange d’expertise dans les domaines du cuivre et du lithium en particulier
- Le développement de procédés d’extraction à faible impact environnemental
- La formation spécialisée d’ingénieurs et de techniciens
- Le partage d’expériences sur les cadres réglementaires et législatifs du secteur minier
- L’identification de nouvelles perspectives de partenariat industriel, technique et scientifique
L’ambassadeur chilien a, dès l’ouverture des discussions, affiché sans ambiguïté la position de Santiago. Le Chili entend renforcer sa coopération avec l’Algérie en partageant son savoir-faire de grande puissance minière mondiale, dans une logique de partenariat mutuellement avantageux.
Un secteur minier algérien en pleine transformation, au cœur de la stratégie nationale de diversification
Le secteur minier algérien traverse depuis quelques années une phase d’accélération inédite, poussée par la volonté des plus hautes autorités du pays de réduire la dépendance aux revenus pétroliers et gaziers.
La stratégie repose sur plusieurs leviers simultanés. Une valorisation plus rationnelle des ressources minérales nationales, un nouveau cadre législatif et réglementaire renforcé. Et une politique active d’attraction des investissements directs étrangers grâce à des incitations ciblées.
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Les grands projets déjà en chantier concernent le fer, le zinc, le plomb et le phosphate. Mais le potentiel algérien va bien au-delà. L’or, le cuivre, les terres rares et d’autres minéraux stratégiques figurent parmi les ressources que le pays entend désormais explorer et exploiter de manière méthodique, en visant leur transformation locale en produits à haute valeur ajoutée, avec, à la clé, des emplois et de nouvelles sources de devises à l’exportation.
Le président de la République l’a rappelé à plusieurs reprises ; le minier n’est plus un secteur secondaire. Il est positionné comme l’un des moteurs centraux de la politique économique du pays, un levier pour sortir durablement du modèle rentier.
Le Chili, interlocuteur naturel pour une montée en compétence minière
Choisir le Chili comme partenaire de référence n’est pas un hasard de calendrier diplomatique. Santiago s’impose comme l’un des acteurs les plus expérimentés au monde dans l’extraction et la gestion de ressources minières stratégiques. Le pays concentre les plus grandes réserves mondiales de lithium et reste le premier producteur mondial de cuivre. Deux minéraux qui figurent précisément parmi les priorités affichées par Alger.
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Au-delà des matières premières elles-mêmes, le Chili dispose d‘une expertise institutionnelle et technique forgée sur plusieurs décennies. Gtion environnementale des mines, formation de la main-d’œuvre spécialisée, cadres juridiques adaptés aux grands projets extractifs. Autant de domaines dans lesquels l’Algérie cherche à progresser rapidement.
Enfin, la relance de la commission mixte ouvre donc une voie concrète vers un transfert de compétences, au-delà des simples accords commerciaux.
