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1800 téléphones dérobés d’une société : une femme de ménage au cœur d’un préjudice financier de 5 mds

1800 téléphones dérobés d’une société : une femme de ménage au cœur d’un préjudice financier de 5 mds
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Une affaire de disparition massive d’appareils électroniques a été examinée ce dimanche matin par le tribunal de Chéraga. Quatre personnes comparaissaient dans ce dossier de vol de téléphones visant une société d’importation d’électroménager, d’équipements et d’accessoires. Deux d’entre elles, dont une agente d’entretien se trouvent en détention provisoire et répondent de vol commis par plusieurs personnes.

Tout part d’une opération de contrôle des stocks. En comparant les chiffres, la direction constate qu’un volume considérable d’appareils, alors en phase finale d’assemblage, s’est volatilisé. Le responsable de l’unité industrielle a expliqué à la barre que la fraude n’avait été mise au jour qu’au bout de quatre mois environ.

Le décompte final donne le vertige : près de 1800 combinés manquants, pour une valeur avoisinant les 5 milliards de centimes. Les vérifications internes, complétées par le visionnage des enregistrements de vidéosurveillance, orientent les soupçons vers deux salariés de l’entreprise, parmi lesquels la femme chargée du nettoyage des locaux.

Ce type de dossier n’a rien d’isolé dans les tribunaux algérois. Au mois de mai, une employée accusée d’avoir dérobé 3 milliards de centimes à son patron avait elle aussi été placée sous mandat de dépôt après des années de service dans la même société.

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La femme de ménage revendait les appareils à bas prix

Interrogée par le président de l’audience, la principale mise en cause, en poste dans l’entreprise depuis 2012, a décrit des journées de travail commençant à cinq heures du matin et s’achevant à quatorze heures. Elle affirme avoir reçu des téléphones d’un responsable de la société, présentés comme défectueux, à charge pour elle de les écouler et de restituer l’argent.

La prévenue a reconnu avoir cédé plusieurs appareils à un collègue, désigné par les initiales « S. B. », lui aussi placé derrière les barreaux. Selon ses déclarations, chaque unité partait entre 8 000 et 10 000 dinars, un tarif dérisoire au regard de la valeur réelle des produits.

Le second détenu conteste toute complicité. Il assure avoir récupéré huit appareils à des périodes espacées, convaincu qu’il s’agissait de matériel hors d’usage. Les deux autres prévenus, poursuivis pour non-dénonciation de délit et recel, affirment de la même manière n’avoir jamais été informés de l’origine douteuse de la marchandise.

La partie civile réclame 46 millions de dinars

Dans sa plaidoirie, le conseil de l’entreprise a estimé que la culpabilité ne souffrait aucune contestation. Il s’est appuyé sur les aveux recueillis par la police judiciaire ainsi que sur un support numérique contenant, selon lui, le détail des soustractions successives.

L’avocat a rappelé que chaque appareil valait entre 80 000 et 100 000 dinars sur le marché. Au titre de la réparation, il a chiffré ses demandes à 46 millions de dinars pour la valeur des biens dérobés, auxquels s’ajoutent 2 millions de dinars pour le préjudice subi par la société.

Ce même tribunal de Chéraga avait déjà eu à connaître, ces derniers mois, plusieurs dossiers financiers retentissants, notamment celui d’un escroc qui usurpait l’identité de hauts fonctionnaires pour soutirer de l’argent à ses victimes.

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La défense conteste l’ampleur du vol de téléphones

L’avocate de l’agente d’entretien a plaidé la relaxe. Elle a mis en avant l’ancienneté de sa cliente, la confiance dont elle jouissait, son faible niveau d’instruction et un salaire mensuel plafonné à 28 000 dinars, autant d’éléments incompatibles, selon elle, avec l’organisation d’un tel détournement.

La défense a par ailleurs relevé une incohérence : l’importation de téléphones ne figurerait pas dans le registre d’activité de la société. Elle avance également un chiffre bien inférieur, celui de 80 appareils tout au plus, précisant que la famille de la prévenue a réuni 235 millions de centimes pour rembourser les sommes perçues. La relaxe a été demandée à titre principal, le bénéfice du doute à titre subsidiaire.

Pour le second détenu, son conseil a insisté sur l’absence de preuve matérielle et de flagrant délit, estimant qu’une condamnation ne pouvait reposer sur de simples suppositions.

Sept ans de prison ferme requis contre les deux détenus

Le représentant du ministère public a requis sept années d’emprisonnement ferme, assorties d’une amende de 500 000 dinars, contre les deux prévenus incarcérés. Pour les deux autres comparants, il a demandé quatre ans de prison et 200 000 dinars d’amende.

Ces réquisitions rejoignent l’échelle des peines observée dans d’autres affaires économiques jugées à Alger, à l’image du dossier de corruption visant des fonctionnaires du ministère du Commerce extérieur, où le parquet avait sollicité des sanctions comparables. Le verdict est attendu dans les prochains jours.

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ZB

Zakaria Benhammadi

Zakaria Benhammadi - Journaliste senior – Sport, politique et justice

Zakaria Benhammadi est journaliste senior au sein d'Algerie360. Spécialisé dans l'actualité sportive, il couvre l'équipe nationale algérienne, la Ligue 1 et les joueurs algériens évoluant à l'étranger. Il traite également les grands dossiers politiques et judiciaires

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