La règle du 51%/49% instaurée par l’Etat algérien dans le cadre de la LFC de 2009 garantissant la majorité à la partie algérienne dans les projets de partenariat avec des étrangers ne sera pas abandonnée.
C’est ce qu’a fait savoir, hier, le ministre de l’Industrie, de la Promotion de l’investissement et de la PME. Plus explicite, le ministre a affirmé que si réaménagement il y aurait, il ne concernera pas la structure du capital mais les règles de fonctionnement du partenariat. Aussi selon l’invité de la rédaction de la Chaîne III de la Radio nationale, « aucune décision n’a été prise dans ce sens ».
Par la même occasion, le ministre démentira les informations selon lesquelles les IDE ont baissé conséquemment à la mesure du 51%/49%. «C’est un jugement de valeur que je ne partage pas» dira t-il. Pour étayer ses propos, il annoncera d’autres accords de partenariats avec les allemands dans le même dispositif, notamment dans le secteur du machinisme agricole.
Le ministre a dans le même contexte, souligné les divers avantages incitatifs consentis dans le cadre du nouveau dispositif en ce qui concerne le foncier industriel, entre autres. A ce propos, M. Benmeradi a déclaré que sur les 12.000 ha qui constituent la superficie totale des zones industrielles, 30% sont déjà disponibles.
Le ministre ajoutera, à ce titre que, 7.000 ha ont été retenus pour la réalisation de 30 nouvelles ZI pour un montant de 64 milliards de dinars.
Dans le même contexte, le ministre a souligné que « Sur toute la décennie 2000-2010, les IDE, hors hydrocarbures, étaient inférieurs à 2 milliards de dollars » et que « durant la même période, l’investissement privé représentait moins de 25% du total des investissements nationaux»pour conclure que « les investissements par la dépense publique n’ont pas eu d’effet d’entraînement sur la croissance».
Par conséquent, le gouvernement a décidé d’affecter plus de ressources à l’investissement productif, a-t-il indiqué. Un objectif du plan d’action en cours d’évaluation par le CPE quant à l’appui à apporter aux entreprises.
Concernant ce chapitre, le ministre précisera que les entreprises publiques ont bénéficié d’un soutien de l’Etat estimé à plus de 1100 milliards de dinars soit l’équivalent de 7 milliards de dollars. «Il est vrai que par rapport aux 22.000 milliards de dinars du plan quinquennal (2010-2014), cela ne représente que 4 % mais l’État met l’effort dans l’investissement et la mise à niveau du potentiel existant des entreprises publiques ».
A ce titre, le ministre a rappelé que le gouvernement a adopté depuis une année un programme de mise à niveau des PME du secteur privé d’un montant de 4 milliards de dollars en direction des entreprises privées et de 16 milliards de dollars au profit des entreprises publiques dans «cet objectif de diversification de l’économie nationale et de réduction des importations ».
M. Benmeradi a souligné que les secteurs industriels, qui ont un effet d’entraînement sur les autres activités tels que la mécanique qui a bénéficié d’un plan d’action de 21 milliards de dinars, seront encouragés dans le cadre de cette démarche qui constitue «une consolidation de la stratégie industrielle» d’autant plus qu’«Il faut avoir des entreprises crédibles dans leurs structures financières et technologiques et dans leurs managements avant d’aller vers des partenariats » précisant que « les choix pris ces dernières années pour l’encouragement de l’investissement direct étranger (IDE) et du secteur privé n’ont pas donné de résultats sur le terrain ».
L’effort de l’Etat vise, d’autre part, l’encouragement du partenariat public/privé, notera le ministre qui fera état, dans ce sens, d’un examen, il y a quelques jours, par le Conseil des participations de l’Etat (CPE) «d’un dossier très sensible » qui consiste à autoriser, pour la première fois, le fonds national des investissements à prendre part dans le capital des investissements privés à hauteur de 34%. Sur un autre plan, le ministre a déclaré que le partenariat avec le constructeur allemand Volkswagen est encore en phase de discussion et que la partie algérienne a soumis à ce dernier une fiche technique des conditions algériennes.
«Nous attendons les réponses de ce constructeur », a-t-il dit à ce propos. Concernant Renault, le ministre a rappelé que les discussions avec ce dernier ont repris il y a une année après une rupture de trois ans du fait que les propositions de ce constructeur n’étaient pas compatibles avec les exigences de la partie algérienne. Il ajoutera que le partenariat en question prévoit un taux d’intégration progressif de 50% sur une durée de cinq années et qu’une soixantaine d’entreprises privées bénéficieront de mise à niveau dans le cadre des projets de sous-traitance qui seront retenus au titre de ce partenariat.
Le ministre a tenu à préciser que le groupe de travail en charge de ce dossier devra se réunir à Alger dans les prochains jours et que l’état d’avancement actuel des négociations ne « veut pas dire qu’on est parvenu à un accord ». A savoir si l’Algérie aurait sa propre voiture, M. Mohammed Benmeradi répondra que « le dossier n’est pas à l’ordre du jour » et que même si cette voiture venait à être produite dans notre pays, « elle sera de gamme étrangère ».
D. Akila
