109 millions en faux billets : l’incroyable stratagème d’un faussaire caché dans un bureau d’architecte

109 millions en faux billets : l’incroyable stratagème d’un faussaire caché dans un bureau d’architecte
Billets de 2000DZD

Imaginez imprimer pour 109 millions de centimes en faux billets de 2000 DA… en regardant de simples tutoriels sur YouTube. C’est l’incroyable stratagème mis en place par un réseau de faussaires à Baraki (Alger), caché dans un banal bureau d’architecte. Alors qu’ils s’apprêtaient à inonder le marché local avec des coupures plus vraies que nature, un coup de filet de la sûreté nationale a mis fin à ce scénario digne d’un film. Retour sur une affaire hors norme qui vient de livrer son verdict.

Le tribunal criminel de Dar El Beïda a rendu, ce mercredi le 13 mai, son verdict dans une affaire de falsification de monnaie ayant suscité une vive attention. Deux accusés ont été condamnés à sept ans de prison ferme pour leur implication dans un réseau de contrefaçon de billets de banque, tandis qu’un troisième prévenu a été acquitté faute de preuves suffisantes.

L’affaire remonte à une enquête menée par les services de la sûreté nationale dans la commune de Baraki (Alger). Les investigations ont permis de mettre au jour un réseau structuré spécialisé dans la fabrication et la mise en circulation de faux billets de 2 000 dinars. Selon les éléments de l’enquête, les mis en cause projetaient d’inonder le marché local avec une importante quantité de fausse monnaie, estimée à 109 millions de centimes.

🟢 À LIRE AUSSI : Accusé de faux billets, il vivait caché depuis 20 ans… avant d’être innocenté

Arrestations clés et découvertes

Le principal suspect utilisait son domicile  comme base d’opérations. Les billets contrefaits y étaient produits avant d’être écoulés sur le marché. L’enquête a été déclenchée à la suite d’informations faisant état d’activités suspectes liées à la contrefaçon de monnaie nationale. Les forces de l’ordre ont rapidement identifié les principaux protagonistes et mis en place une surveillance rapprochée.

Le 24 juillet 2025, les policiers ont procédé à l’arrestation de l’un des suspects, pris en flagrant délit alors qu’il transportait des liasses de faux billets dans un sac plastique. L’examen des coupures a révélé des anomalies confirmant leur caractère contrefait. Cette interpellation a constitué un tournant décisif dans l’enquête.

🟢 À LIRE AUSSI : Vol de véhicules à Alger : Découvrez comment la police a neutralisé ce gang en un temps record

Procès et verdict final

Dans la foulée, les enquêteurs ont arrêté le second suspect, à bord de son véhicule. Les perquisitions menées ont permis la saisie de quantités importantes de fausse monnaie, dont des billets de 2 000 et de 1 000 dinars, ainsi qu’un arsenal complet de matériel utilisé dans la fabrication : imprimantes, encres, papiers spécifiques, bandes argentées, outils de découpe et supports numériques.

Les investigations ont également révélé l’utilisation d’un bureau d’architecte comme atelier clandestin. Ce local, exploité à des moments précis, servait à dissimuler une partie des activités criminelles. Sur place, les forces de l’ordre ont découvert des équipements supplémentaires, notamment une machine de plastification thermique et du matériel informatique dédié à la reproduction des billets.

Lors de l’instruction et du procès, l’un des accusés a reconnu avoir appris les techniques de falsification en visionnant des vidéos sur YouTube. Il a expliqué avoir procédé à des essais successifs à l’aide d’une imprimante avant de parvenir à produire des copies convaincantes. Il a également admis avoir tenté d’écouler les faux billets en les vendant à un prix inférieur à leur valeur nominale.

Toutefois, lors de l’audience, les accusés sont revenus sur leurs premières déclarations, niant toute implication ou connaissance des faits. Le troisième prévenu, présenté comme propriétaire du bureau d’architecte, a affirmé avoir simplement mis les lieux à disposition sans être informé des activités illicites qui s’y déroulaient.

Au terme des débats, le tribunal a retenu la culpabilité des deux principaux accusés pour constitution d’une association de malfaiteurs et falsification de monnaie ayant cours légal. En revanche, le doute a bénéficié au troisième accusé, qui a été acquitté.

🟢 À LIRE AUSSI : Scandale au port d’Oran : 19 accusés dans une affaire de montres pour enfants controversées