1 million d’€, appartement luxueux à Paris… les dessous du transfert de Boualem Sansal chez Bolloré

1 million d’€, appartement luxueux à Paris… les dessous du transfert de Boualem Sansal chez Bolloré
Un million d’euros, un appartement à Paris… Le départ de Boualem Sansal chez Bolloré révèle les coulisses d’un transfert aussi financier que politique.

C’est le transfert qui secoue le monde de l’édition et de la politique en ce printemps 2026. Après vingt-sept ans de fidélité à la maison Gallimard, l’écrivain Boualem Sansal a rejoint les rangs de Grasset, propriété du groupe Bolloré.

Derrière ce divorce fracassant, une enquête de Libération publiée le 1er avril révèle les chiffres vertigineux et les motivations idéologiques d’une rupture que le journal qualifie de « très politique ».

De retour à Paris le 18 novembre après un an derrière les barreaux en Algérie, Boualem Sansal qualifie désormais sa nouvelle situation de « prison dorée ». Très critique envers la diplomatie française qu’il accuse de soumission face à Alger, l’écrivain a confié à Libération n’avoir jamais sollicité la grâce du président Tebboune, contre lequel il compte porter plainte devant le TPI.

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Le prix fort de la « liberté »

Pour arracher Boualem Sansal à la maison Gallimard, le groupe Bolloré a misé sur des conditions exceptionnelles pour le milieu littéraire français. Arnaud Lagardère, patron de Hachette, aurait personnellement piloté la manœuvre. D’après l’enquête de Libération, le transfert de Boualem Sansal dans le giron de Vincent Bolloré s’est conclu par un à-valoir d’un million d’euros pour son futur livre dépassant les sommes habituellement réservées aux grands succès de librairie.

Par ailleurs, pour accueillir l’écrivain de 81 ans et son épouse après leur départ de Gallimard, le groupe a mis à disposition un appartement à Saint-Germain-des-Prés, dont le loyer s’élèverait à 7 000 euros par mois, en attendant l’acquisition d’un bien à Versailles.

Si Boualem Sansal justifie ce départ par le besoin d’une « maison de combat », il n’hésite pas à égratigner son ancien éditeur. Il juge désormais Antoine Gallimard « trop proche de l’Élysée » et critique une diplomatie française qu’il estime avoir été trop « molle » face à Alger durant son incarcération.

Pourtant, côté Gallimard, l’amertume est palpable. La maison de la rue de l’Université rappelle s’être mobilisée sans relâche, logeant le couple gratuitement à son retour et facilitant l’obtention de la nationalité française de l’auteur. Les propositions financières de Gallimard, notamment 100 000 euros d’à-valoir, auraient été balayées par l’écrivain d’un cinglant : « Il manque un zéro, là… ».

Un « trophée politique » pour le groupe Bolloré

Alerté par le comité de soutien, Arnaud Lagardère a pris l’initiative de contacter directement Boualem Sansal pour lui proposer de rejoindre son groupe. Après avoir passé en revue plusieurs maisons, dont Fayard, l’écrivain a finalement jeté son dévolu sur Grasset, séduit par son image plus prestigieuse et littéraire. En seulement deux entretiens, l’accord était scellé et le problème du logement réglé. Le patron de Grasset, Olivier Nora, a alors rejoint les négociations, malgré les craintes de voir la réputation de sa maison entachée par l’ombre de Vincent Bolloré.

Le 13 mars dernier, lors des 200 ans de Hachette, l’image d’Arnaud Lagardère enlaçant l’écrivain devant un parterre composé de Nicolas Sarkozy, Jordan Bardella et Éric Zemmour a scellé cette nouvelle alliance.

Certains observateurs voient en Boualem Sansal un « trophée politique », l’écrivain a totalement changé d’idées. En s’entourant de nouvelles personnalités très à droite, il s’attaque désormais violemment à l’Algérie. Pour se faire entendre, il s’appuie sur les médias de Vincent Bolloré (comme CNews ou Europe 1) qui lui offrent une publicité massive.

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