Journées éblouissantes au complexe touristique « Les Andalouses » d’Oran

jeudi 6 octobre 2016 à 18:28
Source de l'article : Huffpostmaghreb.com

On a beau dire que le littoral algérien est digne d’être cité parmi les plus beaux du Bassin méditerranéen, celui qui constitue la corniche oranaise, sur une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de la flamboyante cité, est tout simplement sublime. Avec, pour emblématique fleuron, l’incontournable complexe touristique « Les Andalouses », ses bungalows, son hôtel et ses restaurants…Et tout cela n’est pas sans raison.

D’abord il faut savoir -ou se souvenir- que ce complexe touristique, conçu par l’architecte français Fernand Pouillon et inauguré en 1973 par feu Houari Boumediene, vient de bénéficier d’une vaste opération de rénovation qui a consisté en la restauration, l’aménagement et l’embellissement de ses différentes structures (hôtel, bungalows, restaurants, espaces animation, etc. Ce qui, du coup, le replace en excellente « pole position » parmi les établissements hôteliers les plus courus du littoral oranais, voire du littoral algérien.

Au terme d’une visite préalable des lieux et après quelques sympathiques rencontres, J’ai trouvé plutôt insolite, bien qu’agréable, l’appréciation ci-après : tous les estivants, ou presque, qui ont fréquenté ce complexe se sont focalisés sur la plage en me disant d’emblée : « Excellente plage ici, l’une des rares plages propres à l’échelle de tout le littoral oranais, peut-être du littoral algérien ! ». Cela m’a bien évidemment rendu curieux et donné envie d’en savoir plus, particulièrement de savoir pourquoi et comment cette plage est si propre, et cela chaque jour que Dieu fait.

Rendez-vous est pris donc avec votre serviteur sur cette plage dès l’aurore du samedi 9 septembre, car il faut bien comprendre que pour pouvoir vérifier par soi-même, sans que personne d’autre ne le sache, il faut être présent sur le terrain des « opérations » dès les premières lueurs du jour, et observer discrètement, tout au long de la journée, la façon dont les employés de l’établissement procèdent afin que cette plage reste propre chaque jour, malgré l’afflux quotidien des estivants.

Je veux juste préciser que le bungalow « pieds dans l’eau » où je me suis installé avec ma petite famille, en ce qu’il donne directement accès à la plage, est séparé de la mer par un ruban de sable fin large d’une quarantaine de mètres environ. J’ai d’ailleurs pu le vérifier grâce au zoom de mon appareil photo qui peut m’indiquer la distance exacte de l’objet photographié à partir de la terrasse -ici il s’agit plutôt de sujets, à savoir mon épouse et ma fille.

Je peux ainsi vous expliquer au présent narratif et à travers les moments eutectiques de la journée, pourquoi cette plage est propre chaque jour ; en y ajoutant de temps à autre un petit clin d’œil sur la richesse de la biodiversité de la contrée en question. Alors, pour reprendre l’expression usitée, « commençons par le commencement » ; autrement dit par les toutes premières heures de l’une de ces journées, à savoir celle du jeudi 7 septembre :

6 h du matin :

Il fait grand jour quand je m’éveille. Le soleil, déjà levé, est encore caché par la masse étale du littoral des Andalouses qui, coté Est, descend presque jusqu’à la mer en formidables pentes.

Aussitôt sorti du lit et pris mon petit déjeuner, je me dirige tout droit vers la plage : dans l’intention, du moins dans un premier temps, de longer le ruban de sable fin en marchant du coté de la mer. Quant à la baignade, ce sera pour plus tard.

Tout en marchant sur le léger ressac des vaguelettes matinales, j’entends près de moi non seulement le brouhaha piailleur des goélands -d’Audouin- et mouettes rieuses encore postés sur le sable où ces volatiles ont du passer le reste de la nuit, mais encore un bruissement de vagues qui m’annonce que la brise marine s’est levée plus forte qu’à l’ordinaire.

Premier « toilettage » matinal de la plage du complexe

Pour en revenir aux goélands et mouettes, j’ai vite compris qu’il ne faut pas trop les approcher pour ne pas les faire fuir, bien que ces volatiles ne soient pas trop craintifs vis-à-vis de l’homme. A cette heure matinale de la journée, où il n’y a pas âme qui vive sur la plage, grand nombre d’entre eux semblent encore somnoler sur le sable : preuve en est, leur tète encore retournée vers le corps et cachée sous l’une de leurs ailes.

6 heures trente :

Premier ronronnement de moteur : celui du tracteur remorquant le fameux balai-nettoyant qui aplanit le sable tout en l’expurgeant de toutes sortes de déchets laissés, la veille, par les résidents et estivants. Il est aidé en cela par des agents du service hygiène du complexe qui, munis de sachets et dotés eux-aussi d’une benne tractée pour le transport, ramassent tous les minuscules déchets que le tracteur n’a pu récupérer durant ses incessants va-et-vient sur la plage.

Voila, ma foi, l’exemple vivant d’une opération quotidienne de salubrité publique qui, à s’y méprendre, s’apparente plutôt à de l’éradication de détritus ! Après avoir observé ce protocole chaque jour durant plus d’une semaine, j’ai enfin pu comprendre pourquoi les gens de passage au complexe n’hésitaient pas d’emblée à louer la propreté de sa plage

Autre spectacle intéressant pour l’écologiste que je suis : tout juste après les passages en aller-retour du tracteur-balai nettoyant sur la plage, les mouettes et goélands, comme dans un ballet bien orchestré, s’installent à nouveau sur le sable « traité » par l’homme, dans le vain espoir d’y récupérer quelque pitance épargnée par le passage de l’engin. Je me suis d’ailleurs amusé, quelques instants après leur envol pour d’autre cieux, à prendre en photos les traces de leurs pattes, palmées ou non, sur le sable aplani par le passage du tracteur-balai nettoyant.

Sept heures :

Arrive le premier coureur sur le sable, et là nos volatiles ne tarderont pas à s’envoler, les uns pour se poser à nouveau plus loin sur la plage, les autres pour rejoindre carrément le large. Le coureur n’est pas le seul à les avoir fait fuir puisque deux chiots plutôt sympathiques, sans doute appartenant au centre équestre tout proche, viennent de surgir sur la plage et tentent eux aussi de les approcher en leur courant après ; avec, j’imagine, tout au plus l’intention de s’amuser avec les volatiles. Mais peine perdue pour eux puisqu’ils n’auront réussi en définitive qu’à les faire s’envoler.

Bientôt je sens les courants d’air frais et, en quelques pas, j’atteins la lisière Est de la plage. Je découvre alors la mer bleue et ensoleillée étalée jusqu’à l’horizon, et les vaguelettes écumeuses déferlant sur la grève.

Je dois dire que depuis mon arrivée au complexe, je n’ai jamais vu la mer aussi calme aux Andalouses qu’en cette première semaine de septembre. Même quand le soleil flamboie dans le ciel, quand l’air est sans un souffle et la surface des eaux parfaitement calme -une mer d’huile pour ainsi dire- de petites lames à peine perceptibles ne cessent jamais de déferler nuit et jour sur la cote, avec un « fracas » à peine perceptible. En de nombreux et confortables accès, elle est d’une limpidité telle qu’elle incite immanquablement à une baignade improvisée, à une plongée sous-marine ; ou tout simplement à une partie de pèche à la ligne. Pour tout dire je ne crois pas, sauf si je ne m’abuse, qu’il existe sur cette plage un seul endroit où l’on ne puisse faire trempette en toute tranquillité, même pour les tout petits.

Je prends ainsi grand plaisir à marcher tout au long du ressac ; puis, estimant que je suis allé suffisamment loin, cette fois ci vers l’ouest de la plage, je profite du couvert végétal de quelques menus buissons pour gagner prudemment l’allée piétonnière, faite de pavés et de gazon et qui sépare les bungalows de la plage.

8 heures :

Devant moi s’étend la mer ; derrière moi, le chapelet de bungalows « pieds dans l’eau ». La brise vient déjà de tomber. Elle a fait place à des coups de vents légers, variables, chargés de grands bancs de brume. Sur ce miroir bien lisse, se reflète au loin l’le plane, dénommée aussi l’ile aux éperviers.

L’ile aux éperviers, interdite aux mouettes et aux goélands ?

Par temps clair on peut apercevoir cette ile distinctement, mais le bas des falaises est caché par une multitude d’écueils. Ce qui est bien regrettable, c’est qu’on oublie souvent de mentionner, dans les guides sur le littoral oranais, cette fameuse ile plane qui, à 7 km au large de la plage du complexe « Les Andalouses », n’est pas si plane que ça. Preuve en est et contrairement à ce qu’on pourrait en penser, son relief est plutôt tourmenté. Il faut savoir que le diamètre de cette ile est de 200 à 300 mètres et sa hauteur de 18 m. Elle possède quelque végétation et un très grand nombre d’éperviers y vivent, d’où l’appellation d’ile aux éperviers.

Un petit phare, pour ne pas dire un feu de position, y a été construit durant la colonisation française. Les Grecs qui l’avaient occupée en leur temps -entendre dans l’Antiquité- l’ont dénommée « Planète nèsos » (l’ile de la terreur), que les Romains ont traduit par « Erroris insula ». Est-ce en raison du grand nombre de rochers qui l’entourent et qui, en plus de cacher quelque peu sa base, constituent autant d’écueils à l’origine de nombreux naufrages ?

Autre observation faite à propos de l’appellation d’ile aux éperviers : je me suis souvent posé la question de savoir pourquoi les mouettes et goélands passent pratiquement chaque nuit sur la plage du complexe plutôt que sur l’ile en question. Est-ce parce que le éperviers, connus pour être aussi des oiseaux prédateurs, se sont multipliés en nombre suffisamment important pour pouvoir se permettre de chasser de cette ile d’autres volatiles tout aussi prédateurs, en l’occurrence les goélands et mouettes ? Simple hypothèse de départ à laquelle, j’ose l’espérer, nos ornithologues trouveront certainement une réponse.

Il semblerait même, selon monsieur Hassan Bahlouli (*), qui se dit plutôt lève tôt et donc généralement présent sur la terrasse de son bungalow d’astreinte dès l’aurore, que d’autres locataires de la contrée en question, à savoir des dauphins qu’il a eu l’occasion d’observer régulièrement aux premières heures de la journée, s’approchent très souvent de la cote, à presque une cinquantaine de mètres environ. Et, pour peu qu’il n’y ait pas d’embarcation ou autre présence humaine dérangeante dans les parages, n’ont de cesse de « pirouetter » en faisant des va-et-vient incessants. J’imagine alors le fabuleux spectacle que leurs ébats piailleurs doivent occasionner.

10 heures :

En raison des nombreux encouragements de ma femme et de ma fille qui m’ont rejoint sur la plage, je finis par abdiquer en me jetant à l’eau, que j’ai finalement trouvée idéalement tiède. Tout méfiant que j’étais jusque là, je m’aperçois que cela valait le coup d’y faire « trempette », d’autant que sa limpidité est telle que j’ai pu observer de tout petits poissons -des sardines peut-ère- qui, tout en rond autour de moi, zèbrent dans leur course la lumineuse transparence de la mer. Il suffit, en effet, de rester immobile un instant pour que ceux-ci vous approchent au point de venir vous « mordiller » les bras, les hanches, les mollets, etc. Bref, tout ce qui, de votre corps, est immergé dans l’eau. Il est inutile de vous dire combien c’est là un enchantement que cet éblouissant spectacle.

L’hivernage des parasols en « diss » : une tradition aux Andalouses

Autre spectacle non moins insolite qui vient de s’offrir à mes yeux : le ramassage des parasols en « diss » qui, sans contredit, font le cachet de l’établissement depuis son inauguration, autrement dit en 1973. J’avoue que face à un tel spectacle, j’étais, à priori, plutôt choqué dans la mesure où, pensais-je, on était en train de supprimer l’emblème des Andalouses ! J’en étais quitte pour une crainte non fondée car Monsieur Bahlouli, auprès duquel je me suis renseigné plus tard dans la journée, me rassura en m’expliquant que ces parasols ont été retirés juste pour l’hivernage et qu’ils vont, comme de tradition, être réinstallées dès le début de la saison estivale prochaine et ce, après qu’ils eurent subi d’éventuelles réparations. Il est vrai, si l’on se base sur le raisonnement de notre responsable, que ces parasols tout à fait originaux auraient été, en cas d’intempéries, certainement détériorés si on les avait laissés sur la plage. Le mieux était donc de les retirer en fin de saison estivale pour les entreposer durant l’hiver, dans un espace adéquat.

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