Kubo Hitoshi (expert japonais de judo) au Temps d’Algérie: «Les judokas algériens sont généralement en situation de défense»

dimanche 6 août 2017 à 23:26
Source de l'article : Letempsdz.com

Il faut dire qu’au Japon le judo est sacré et s’est bien développé. Il représente plus qu’un sport, un peu comme une religion. les Japonais pratiquent cette discipline, depuis la nuit des temps, et c’est devenue une tradition. En revanche, et en prévision des Jeux méditerranéens d’Alger en 1975, les responsables de la FAJ de l’époque avaient recruté un certain Nakamura. Ce dernier avait donné beaucoup de satisfactions, et aujourd’hui, ils le refont. C’est un autre expert qui prend le relais, Kubo Hitoshi, et il n’a que 29 ans. Pour en savoir davantage, nous nous sommes rapprochés de lui, et il nous fait part de ses objectifs.

Présentez-vous à nos lecteurs.

Je m’appelle Kubo Otoshi, expert japonais en judo sorti de l’université de Kokushikan et ceinture noire et 4e Dan.

Comment le judo est-il pratiqué au Japon ?

Le judo s’apprend à l’école et l’école de la vie s’apprend au judo, pour vous dire qu’il est sacré et considéré comme une religion chez nous, c’est une philosophie, un art, même. Dans la pratique sportive de performance il demeure une référence pour la pratique d’autres domaines.

Vous êtes en Algérie depuis peu. Quel est l’objet de votre mission ?

Je suis venu en Algérie sur recommandation d’un ancien grand champion de judo, connu dans le monde mais aussi en Algérie, Yushiro Yamashita. Il a occupé de hautes fonctions dans le judo japonais et sur le plan mondial. Ma mission consiste à œuvrer pour le développement du judo en Algérie, mais aussi contribuer, pourquoi pas, à sa progression.

Justement, par quoi allez-vous débuter ?

J’ai commencé par discuter avec les responsables du judo algérien pour voir comment ma contribution sera utile. Je sais qu’il y aura du pain sur la planche et pour cela, un programme varié sera élaboré en collaboration avec les responsables techniques de la discipline.

Le temps vous suffit-il maintenant pour donner des impressions sur notre judo, sa pratique, son niveau ?

Pourquoi pas, j’ai constaté que la pratique du judo en Algérie est importante, il y a beaucoup de jeunes et moins jeunes qui le pratiquent. Surpris aussi par le potentiel qui existe, enfants, jeunes et adultes, et c’est une réussite déjà.

Avez-vous remarqué des manques, si non, quelles sont les qualités ?

Une remarque plutôt positive et à travers ce que j’ai vu, vos jeunes veulent y arriver, ce sont des battants ; ils ont cette envie d’arriver. Plein d’énergie, qu’ils doivent rentabiliser sur le tatami. Le manque comme vous dites, on néglige le côté technique.

Et comment les mettre dans les meilleures conditions d’après-vous ?

Par de l’activité, l’entraînement par voie ludique, des compétitions sous forme de jeu etc. Il ne faut guère omettre qu’ils sont pleins d’énergie, il leur faut aussi un bon enseignement. D’autres parts, le respect des étapes d’apprentissage joue un rôle prépondérant dans leur préparation, les brûler leur portera préjudice. Il y a la patience qui joue aussi un grand rôle dans cette pratique sportive, alors que les rudiments devront débuter au niveau des enfants d’âge scolaire. A cet âge, l’enfant assimile mieux et vite, comme dans les autres disciplines.

Avez-vous assisté à des compétitions nationales, si oui, quelles sont vos observations ?

J’ai effectivement assisté à une compétition et je vais aussi assister à d’autres, et comme je l’ai déjà annoncé, je trouve que l’on néglige un peu trop la technique alors que la force est sollicitée dans les combats. Celle-ci n’est pas la première qualité surtout dans les combats. La technique et la tactique doivent primées.

Quand est-ce qu’on l’utilise ?

Il faut utiliser la force d’autrui à son profit pour déséquilibrer l’adversaire et l’utiliser quand il le faut. Voir que la technique prime est une manière de faire qui ne favorise pas les opportunités d’attaque. Céder pour vaincre est un des principes essentiels du judo. J’ai remarqué aussi que les judokas algériens sont généralement en situation de combat défensive (Jigotai). Cest une manière de faire qui ne favorise pas les opportunités d’attaque.

 Ahmed Chébaraka

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