Un romancier français demande la requalification les massacres d’octobre 1961 en « crime d’Etat ».

samedi 5 novembre 2016 à 14:14
Source de l'article : Huffpostmaghreb.com

Le romancier français Didier Daeninckx a appelé, ce 04 novembre au 21e Salon international du livre d’Alger( SILA), à requalifier les massacres du 17 octobre 1961 en « crime d’Etat » et évoqué l’apport de ses propres écrits dans le rétablissement de la vérité historique sur différents facettes de la colonisation française en Algérie.

Invité dans le cadre du programme « Estrade » du 21e Sila, Didier Daeninckx a plaidé pour une ouverture « pleine et entière » des archives en France pour « situer les responsabilités » au sommet de l’Etat français et ouvrir la voie
à une « décision de justice » permettant de rétablir une version autre que « la thèse officielle » sur cet épisode tragique, a-t-il dit.

Didier Daeninckx est l’auteur en 1983 du polar « Meurtres pour mémoire » considéré comme la première oeuvre littéraire sur cette nuit du 17 octobre 1961 à Paris où des centaines de manifestants pacifiques algériens ont été tués
par la police française.

Le romancier qui répondait à une question sur la présence ou non d’un « ordre de tuer des Algériens », a jugé que le préfet de police et maire de Paris de l’époque, Maurice Papon, avait une « responsabilité écrasante » dans ce massacre
mais que la reconnaissance de celle-ci ne devait pas servir à « protéger » les « responsables au-dessus de lui », véritables « éléments moteur » de ce massacre, a-t-il attesté.

« Il existe aujourd’hui en France des forces qui se battent pour que ce crime d’Etat soit reconnu », a dit Didier Daeninckx qui a, par ailleurs, jugé « décisif » le travail d’historiens comme Jean-Luc Enaudi, dans la reconnaissance, en 2012, de » la réalité du massacre » par le président français François Hollande.

Le collectif français « Vérité et justice », composé d’associations, de syndicats et de partis politiques, avait récemment demandé au président français d’entreprendre des mesures « significatives », dont l’ouverture des archives, pour la reconnaissance de ce crime.

L’écrivain a également évoqué le rôle de ses propres écrits, romanesques et journalistiques, dans le rétablissement de la vérité sur le 17 octobre 1961, pour enfin rendre justice, a-t-il dit, à Fatima Bédar, 15 ans, assassinée par la police française.

Un article de l’auteur, publié en 1986, a peRmis d’élucider les circonstances qui ont entouré l’assassinat de la jeune Bedar.

Évoquant le système colonial dans sa globalité, Didier Daeninckx a, en outre, plaidé pour « un inventaire de la colonisation » par la « connaissance » de ses différents aspects (torture, système éducatif, etc), soulignant le « déficit
historique et politique » à ce sujet qui perdure à ce jour, dans son pays.

Né en 1949, Didier Daeninckx est l’auteur d’une quarantaine de polars, de recueils de nouvelles, d’essais et de pièces de théâtre.

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