Proche-Orient : Obama accusé par Israël d'avoir des penchants propalestiniens

lundi 1 juin 2009 à 11:02
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A general view shows the Havat Gilad outpost, west of the Palestinian city of Nablus, on May 27, 2009. Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu has said he is willing to tear down settlement outposts in return for US backing on its stance on arch-foe Iran, local media reported on May 26. Settlement outposts in the occupied West Bank, which Israel seized from Jordan in the 1967 Arab-Israeli war, are those built without Israeli government approval. However, the international community considers all Jewish settlements on occupied land illegal.  AFP PHOTO/JONATHAN NACKSTRANDLe gouvernement de Nétanyahou a répondu par un «non» ferme aux pressions américaines en faveur d’un gel total des colonisation.

Pour la première fois depuis des années, des ministres israéliens critiquent ouvertement le grand allié américain.

Les relations entre Benyamin Nétanyahou et Barack Obama virent à l’aigre. Le premier ministre, qui a présenté son gouvernement il y a deux mois à peine, est désormais engagé dans une épreuve de force avec Washington.

Pour la première fois depuis de nombreuses années, des ministres israéliens osent critiquer ouvertement le grand allié américain. En privé, des proches du chef du gouvernement, cités par les médias, vont même jusqu’à soupçonner désormais le président américain d’avoir des penchants «propalestiniens » ou de vouloir provoquer la chute du gouvernement de droite de Benyamin Nétanyahou.

Le conflit sur les colonies israéliennes de Cisjordanie ne cesse de s’envenimer. «Il faut qu’il soit clair que le gouvernement actuel n’acceptera en aucune façon que la colonisation légale soit gelée en Judée-Samarie (Cisjordanie)», a proclamé dimanche le ministre des Transports, Israël Katz, qui joue le rôle de porte-parole de Nétanyahou.

Israël a ainsi répondu par un non catégorique aux pressions exercées par les Américains en faveur d’un arrêt total de la colonisation. Dans un premier temps, Benyamin Nétanyahou a tenté de manœuvrer comme si George Bush était encore au pouvoir en proposant de démanteler une vingtaine de colonies sauvages établies par des extrémistes de droite.

En échange, le premier ministre espérait que Barack Obama, comme son prédécesseur, consentirait au moins tacitement à la poursuite de la construction de logements dans les 120 colonies «légales» pour répondre à la «croissance démographique naturelle» parmi les 280 000 Israéliens installés en Cisjordanie.

Mais Barack Obama a changé totalement les règles du jeu et exige désormais un gel total sans faire la moindre distinction entre colonies légales et sauvages. «Il s’agit d’une mesure discriminatoire qui rappelle celles imposées par le Pharaon au peuple juif», s’est même exclamé Daniel Hershkovitz, chef d’un parti d’extrême droite, en se référant au récit biblique.

«C’est une position injustifiable, qui revient à une expulsion», s’est pour sa part indigné Elie Yishaï, le ministre de l’Intérieur et dirigeant du parti ultraorthodoxe Shass.

Des craintes ravivées avant le discours du Caire

Les responsables israéliens ont également soulevé un deuxième grief tout aussi grave. Ils accusent Barack Obama de remettre en cause les engagements pris par George Bush dans une lettre adressée en 2004 à Ariel Sharon, premier ministre à l’époque.

Dans cette missive, l’ancien président américain soulignait qu’il serait «irréaliste» de s’attendre à ce qu’Israël évacue les grands blocs de colonies dans le cadre d’un accord de paix avec les Palestiniens. Les responsables israéliens considèrent que les États-Unis ont ainsi accepté l’idée d’une annexion future de ces grandes implantations où résident la grande majorité des colons.

Pour tenter d’amadouer la nouvelle Administration, Ehoud Barak, le dirigeant travailliste et ministre de la Défense, commence lundi une visite à Washington à trois jours d’un important discours d’Obama au Caire.

«Nous craignons qu’à cette occasion, il tente à nos dépens de réconcilier les États-Unis avec le monde musulman que le président Bush s’était mis à dos», affirme en privé un responsable israélien.

Seule certitude en tout cas, Nétanyahou, qui se vantait avant et après son élection d’être le mieux placé pour gérer les relations stratégiques avec les États-Unis considérées traditionnellement comme l’atout diplomatique primordial d’Israël, semble très mal parti.

Un échec d’autant plus inquiétant qu’il survient au moment où le dirigeant israélien cherchait à obtenir de Washington un soutien pour un durcissement des sanctions contre le programme nucléaire iranien, considéré comme le danger numéro un pour Israël.

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