Ossétie du Sud : Enfin des élections libres

lundi 1 juin 2009 à 10:20
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A woman casts her ballot during parliamentary elections in Tskhinvali on May 31, 2009.  The rebel Georgian region of South Ossetia voted in polls that could secure the grip of its separatist leader nine months after it was the subject of war between Russia and Georgia. AFP PHOTO/ KAZBEK BASSAYEVLe président sud-ossète, Edouard Kokoïty, tient en main sa petite république sous perfusion russe. Dans ce confetti du Caucase, pas plus grand que le département du Vaucluse, qui fut le théâtre principal de la guerre éclair du mois d’août, 53 426 électeurs étaient appelés dimanche à renouveler leur Parlement.

La répartition des 34 sièges de l’assemblée de l’Ossétie du Sud ne devait pas être bouleversée. Ni son président, Edouard Kokoïty, inquiété. Le parti Unité, partisan résolu du président, était crédité, hier soir, de 48,08% des voix, selon des résultats partiels. Le Parti du Peuple, également loyal à Kokoïty, en obtiendrait 18,47%.

Il s’agit du premier scrutin dans ce territoire depuis le conflit de l’été passé à la suite duquel Moscou a reconnu l’indépendance de l’Ossétie du Sud, séparée de facto de la Géorgie depuis la première guerre de 1992.

«Cette Ossétie n’est pas un État viable, avec un habitant sur neuf qui est un soldat russe, confiait récemment un diplomate européen en poste à Tbilissi. C’est une grande garnison.»

Si le pouvoir local a publié des listes électorales précises, nul ne sait en réalité combien de personnes vivent dans cette enclave adossée au versant sud du Caucase et sous perfusion russe via le tunnel de Roki. Kokoïty revendique 70 000 administrés, diverses sources étrangères penchent pour 50 000 au maximum.

«Il a ses entrées au Kremlin»

Un seul parti se déclarant «d’opposition constructive» présentait hier des candidats contre le pouvoir. «Pour les Ossètes, Kokoïty est un héros militaire, résume un conseiller russe de l’ancien lutteur devenu potentat local.

Ce n’est pas un créateur, mais il a ses entrées dans tous les ministères, et au Kremlin.» Le même conseiller reconnaissait il y a peu qu’« il n’y a pas encore de vraie équipe dirigeante en Ossétie» et les retards pris pour la reconstruction après la guerre.

Selon Tskhinvali (la petite capitale ossète), 80 observateurs internationaux surveillaient le scrutin.

Parmi eux, Vladimir Tchourov, le président de la Commission électorale centrale russe, l’homme qui endossa sans ciller les scores de plus de 99 % de participation et de plus de 99 % de vote pour le parti de Vladimir Poutine en Tchétchénie aux législatives de 2008.

L’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) a refusé d’envoyer une mission dans la région séparatiste que seuls la Russie et le Nicaragua ont reconnue. Quant aux 240 observateurs de EUMM, la mission de l’Union européenne déployée à la frontière ossète dans le cadre de l’application du cessez-le-feu négocié en août par Nicolas Sarkozy, ils n’ont pas le droit le mettre les pieds en Ossétie du Sud.

Jusqu’à la veille du scrutin, Kokoïty a fait jouer la menace extérieure pour unifier, s’il en avait besoin, une population prorusse et russophone à une large majorité, la quasi-totalité des Géorgiens de souche ayant fui.

Le président sud-ossète a dénoncé samedi la poursuite des manœuvres de l’Otan en Géorgie comme «une tentative de faire pression sur la population sud-ossète».

La veille, Tbilissi avait déploré l’absence de progrès dans les discussions menées entre représentants géorgiens et ossètes pour mettre en place, sous l’égide européenne, un mécanisme de prévention des incidents à la frontière. Sur la ligne de démarcation, les tirs sont quasi quotidiens.

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