Les déchets radioactifs doubleront d’ici à 2030

le figaro | Posté le : Samedi 4 juillet à 13:17 | Comments

Site ANDRA (agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) Meuse/ Haute Marne, où se trouve un laboratoire souterrain de recherche scientifique, situé à 500 m de profondeur dans une couche argileuse âgée de 150 millions d'années. A gauche puits principal et à droite puits auxiliaire. Bure le 10/01/05. Sébastien  Soriano/ Le Figaro

Le stockage de déchets à haute activité a fait l’objet de nombreuses recherches sur le site de l’Andra, basé à Bure (Meuse).
La gestion de ces déchets nécessite de les recenser et d’en prévoir les tonnages à traiter en fonction de leur dangerosité.

Le tout nouvel inventaire national des déchets radioactifs vient de sortir. Établi tous les trois ans par l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra), il répertorie (à la fin 2007), 1,15 million de tonnes de ces produits répartis sur 1 121 sites en France. Les ingénieurs de l’Andra ont calculé que d’ici à 2030, ce volume aura pratiquement doublé, atteignant 2,25 millions de tonnes. Presque l’équivalent de la grande pyramide de Kheops, ou de quelque 730 piscines olympiques… Des prévisions importantes puisque la grande majorité des déchets radioactifs doit être stockée le temps qu’ils deviennent inoffensifs.

Tous ces déchets proviennent à 62 % de l’industrie électronucléaire (les centrales nucléaires principalement), à 17 % des laboratoires de recherche, à 17 % des militaires, à 3 % d’industries non nucléaires et à 1 % du secteur médical. Mais les déchets radioactifs sont très divers et demandent des traitements bien différents.

On distingue ainsi cinq catégories principales. Les déchets à très faible activité (l’activité indique la dangerosité), ceux à faible et moyenne activité à vie courte (ils ne sont pas dangereux très longtemps), ceux à faible activité à vie longue (pas très dangereux mais très longtemps), ceux de moyenne activité à vie longue et ceux de haute activité, issus essentiellement des combustibles de centrales nucléaires. Ces derniers ne représentent que 0,2 % (2 293 m3) du volume des déchets mais comptent pour presque 95 % de la radioactivité totale.

Des précautions extrêmes

Ils devraient dépasser les 5 000 m3 en 2030 (moins de deux piscines olympiques en volume brut). Mais leur stockage, actuellement sur le site de La Hague (Manche) prend de la place, car il demande des précautions extrêmes. Des solutions d’enfouissement profond dans des couches géologiques (500 m sous terre) sont actuellement à l’étude dans une zone de 200 km2 au nord du laboratoire de Bure (Meuse) à l’horizon 2025. Ces déchets à haute activité peuvent dégager de la chaleur et ne perdent leur dangerosité que très lentement (milliers d’années, voire plus).

Pour leur part, les déchets de faible et moyenne activité à vie courte (moins de 31 ans pour perdre la moitié de leur activité), qui représentent 68,8 % du volume total pour 0,03 % de la radioactivité, sont entreposés dans un centre de stockage de l’Andra situé dans l’Aube qui accueille également un centre pour les déchets de très faible activité. Un autre se situe dans la Manche. En ce qui concerne les déchets de faible activité mais à vie longue (7,2 % du volume total pour 0,009 % de la radioactivité), ils devraient être stockés sous terre, à faible profondeur. Deux communes de l’Aube, Auxon et ­Pars-lès-Chavanges, ont été présélectionnées pour accueillir ce centre de stockage aux alentours de 2015, 2016.

Enfin, n’oublions pas que certains produits datant du début du XXe siècle, dans l’entre-deux-guerres, ont exploité la radioactivité. Des réveils luminescents, des fontaines à eau, des aiguilles au radium ou des paratonnerres, chez des particuliers ou dans des lycées, sont ainsi régulièrement collectés.

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