La présidentielle mauritanienne reportée au 18 juillet prochain

jeudi 4 juin 2009 à 15:32
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La junte militaire amorce son retour vers la légalité constitutionnelle

L’élection présidentielle prévue samedi en Mauritanie, mais boycottée par l’opposition, a été reportée mardi in extremis au 18 juillet pour permettre la participation de toutes les forces politiques et mettre un terme à la crise née du coup d’Etat militaire du 6 août.

Au terme de six jours d’intenses tractations, les délégations mauritaniennes, sous l’égide d’une médiation internationale, ont signé à Dakar un document prévoyant la mise en place, le 6 juin au plus tard, d’un gouvernement d’union composé à parité de membres pro et anti-putsch. Les postes-clés de l’Intérieur, des Finances et de la Communication sont réservés aux partis anti-putsch. Le Premier ministre sera choisi par l’ex-chef de la junte, le général Mohamed Ould Abdel Aziz, après consultations avec les forces anti-putsch. Les chefs de délégations ont paraphé cet accord, en présence du président sénégalais, Abdoulaye Wade, puis se sont donné la main sous les applaudissements de l’assistance. Le texte devait être signé par les protagonistes de la crise mauritanienne, hier, mercredi, à Nouakchott. La communauté internationale, réunie au sein d’un groupe de contact, avait proposé lundi après-midi aux délégations mauritaniennes un report de la présidentielle et la constitution d’un gouvernement d’union. Mardi soir, depuis Nouakchott, le chef du Rassemblement des forces démocratiques (RFD, opposition), Ahmed Ould Daddah, a estimé que la conclusion de l’accord pour une sortie de crise signé à Dakar constituait une « victoire de la raison contre la violence ». Il a appelé au « respect de ses clauses », estimant qu’une « nouvelle ère s’ouvre pour la démocratie et le développement de la Mauritanie » et que « les coups d’Etat et le non-droit n’ont plus leur place dans ce pays ».

Pour le représentant de la commission de l’Union européenne, Gilles Hervio, cet accord « va ouvrir la voie à la coopération, trop longtemps suspendue ». L’UE avait officiellement suspendu en avril, pour deux ans, sa coopération avec la Mauritanie, en raison du coup d’Etat d’août, et assuré que sa reprise était conditionnée au « retour à l’ordre constitutionnel ». L’ambassadeur de France à Dakar, Jean-Christophe Rufin, a salué un « procédé original, créatif et audacieux » ayant permis la conclusion d’un accord, qui fait figure d’« exemple ». Il a souligné que les négociations avaient été « personnellement suivies » par le président Nicolas Sarkozy. Mais « l’essentiel commence, la mise en œuvre est capitale », a-t-il souligné. Avec cet accord, a insisté le président sénégalais Abdoulaye Wade, qui s’est investi dans les négociations, « la Mauritanie se réconcilie avec elle-même ». Cet accord vise à mettre un terme à la crise née du coup d’Etat militaire du 6 août ayant renversé le premier président démocratiquement élu (en mars 2007) du pays, Sidi Ould Cheikh Abdallahi. L’accord de Dakar prévoit « l’annonce et la formalisation de sa décision volontaire concernant le mandat de président », c’est-à-dire son retrait, en faveur du président du Sénat qui assure l’intérim. Jusqu’à présent, M. Ould Abdallahi se considérait comme le seul président légitime. Le chef de la junte, le général Mohamed Ould Abdel Aziz, avait démissionné de ses fonctions pour se présenter au scrutin présidentiel. Il était donné comme le grand favori, en l’absence de l’opposition qui dénonçait une « mascarade électorale ». Jusqu’à lundi, il avait mené campagne dans tout le pays en vue du scrutin du 6 juin.

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