Grippe Porcine : L'analyse du professeur Antoine Flahault

mercredi 10 juin 2009 à 14:03
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Le Pr Antoine Flahault, président de la cellule nationale de coordination de la recherche sur le chikungunya, est photographié le 10 mars 2006 à Saint-Denis-de La Réunion. Antoine Flahault a estimé ce jour que plus de 80% de la population réunionnaise encore indemne "reste à risque de contracter le virus". L'épidémie de chikungunya qui sévit à la Réunion depuis un an, a touché 204.000 personnes, provoquant 125 décès directs ou indirects. AFP PHOTO RICHARD BOUHETTous les facteurs sont désormais réunis pour évoquer une pandémie.

Mercredi matin, un expert français, le professeur Antoine Flahault, a appelé l’Organisation mondiale de la santé à relever son seuil d’alerte au niveau 6, le dernier de son échelle. Pour le directeur de l’Ecole des hautes études en santé publique, cela ne fait en effet aucun doute : «au niveau épidémiologique, la pandémie est là, elle a commencé».

Le terme de pandémie, pour une grippe, implique en effet «une extension géographique» du virus à plusieurs continents et la présence d’une nouvelle souche sur le plan immunitaire» contre laquelle les gens sont peu ou pas immunisés, rappelle le professeur.

Or, le virus H1N1 a déjà contaminé 26.563 personnes dans 73 pays, faisant 140 morts, en grande majorité au Mexique. En France, 73 cas ont été confirmés, et 27 sont en cours d’investigation, mais pour l’instant aucun mortel.

Du côté de l’OMS, on préfère pourtant temporiser. Mardi, le numéro deux de l’organisation a admis que la pandémie était «vraiment très, très près» et que l’activité du virus «mont[ait] en flèche dans certains pays».

Mais «nous ne voulons pas que les gens cèdent à la panique de manière excessive» à la perspective du passage au niveau 6, a expliqué le Dr Keiji Fukuda, qui souhaite «préparer le monde à faire face à la situation».

Un virus moins dangereux

L’OMS craint en effet que les plans de réactions des gouvernements en cas d’alerte pandémique, «fondés sur des scénarios d’une maladie plus grave», s’avèrent disproportionnés.

«Passer en phase six signifie que la propagation [du virus] continue… mais ne signifie pas que la gravité de la maladie a augmenté», a expliqué le Dr Fukuda.

«Le virus n’est pas le H5N1 de la grippe aviaire, il n’a pas la même virulence ni la même problématique», reconnaît le professeur Antoine Flahault.

«On ne va pas fermer les écoles, les transports aériens, interdire les rassemblements et les réunions dans les pays où le virus ne circule pas avec intensité», explique-t-il.

Mais il espère que le passage en alerte pandémique, «en adéquation avec la réalité», apporte «beaucoup de réactivité» vis à vis de l’évolution de la situation.

En attendant la réaction de l’OMS, la France continue de recommander des gestes simples, comme le lavage des mains.

Mardi, la commissaire européenne à la Santé Androulla Vassiliou a prôné une stratégie commune de vaccination contre la grippe A.

«Si la disponibilité n’est pas suffisante pour tous, alors nous devons établir des groupes prioritaires de personnes à vacciner en premier», comme les personnes âgées ou les handicapés, a-t-elle prévenu.

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