Daech se replace en Afrique du Nord

mardi 25 octobre 2016 à 15:38
Source de l'article : Jeune-independant.net

Chassés de Syrie et d’Irak, des éléments de l’organisation terroristes Daech ont pris refuge en Afrique pour renflouer les rangs de sa sinistre filiale Boko Haram. Le groupe terroriste, qui opère principalement au Nigeria et au Cameroun, cherche à s’établir dans de nouveaux territoires en Afrique du Nord.

Des informations de presse font état du transfert, dans une première étape, des « jihadistes » du Moyen-Orient vers la Libye, l’Egypte et la Tunisie pour créer ensuite la jonction avec Boko Haram et d’autres groupuscules agissant sous l’emblème de Daech.

Ces trois pays constitueront ainsi un pont vers l’extension des actes de l’organisation en Algérie, au Mali, au Niger et au Soudan. Selon un rapport de la fondation Quilliam, un think tank basé à Londres, qui milite pour la promotion du dialogue interreligieux en Occident, les terroristes maghrébins retirés de l’Irak où se déroule la bataille de libération de la ville de Mossoul, entre les mains de Daech, sont renvoyés en Afrique du Nord.

Quelque 4 000 terroristes tunisiens et marocains ont rejoint les rangs de Daech en Syrie et près de 1 000 ont pris le chemin du retour vers la Libye et la Tunisie. Les récentes attaques terroristes en Tunisie, au Mali et les tentatives d’incursions en Algérie ont confirmé les intentions de Daech en Afrique du Nord. L’arrestation des femmes candidates aux attaques kamikaze à la frontière algéro-marocaine ont donné à penser que Daech a étendu sa campagne de recrutement aux femmes.

Les récentes arrestations d’éléments de soutien aux terroristes menées par l’armée algérienne à Bel Abbès laissent supposer que la menace de Daech proviendrait aussi de l’ouest du pays. Le retour de ces djihadistes constitue une réelle menace pour les pays d’origine, notamment la Tunisie qui est l’un des premiers pourvoyeurs de combattants.

Toutefois, le phénomène concerne une quarantaine de pays qui auraient fourni 30 000 terroristes à Daech. Il y aurait même plus de 1 800 Français et des centaines d’Allemands.

Donc, personne n’est épargné. Le danger est universel. Après l’attaque du musée du Bardo, le chef du gouvernement tunisien, Habib Essid, avait affirmé qu’une enquête déterminera les responsabilités au sein des forces de sécurité.

Ces services, qu’il s’agisse d’armée ou de police, apparaissent défaillants depuis la chute du président Ben Ali. Une dizaine de jours avant l’attaque, deux caches d’armes ont été découvertes dans la ville frontière de Ben Guerdane.

Des grenades, des lance-roquettes et des kalachnikovs ont été saisis par les autorités, mais on ignore si cet armement était destiné à des « cellules dormantes » ou à alimenter différents trafics.
L’instabilité de la Libye, qui a favorisé la prolifération des armes depuis le soulèvement populaire de février 2011, rend difficile la sécurisation des frontières.

Les trafics d’armes existents mais demeurent relativement restreint en Tunisie, selon Small Arm Survey, une ONG spécialisée dans l’étude de la circulation d’armes. Une partie transiterait par la Tunisie, pour aller vers l’Algérie et le Mali et ainsi alimenter des groupes armés. Il n’est pas nécessaire d’être surarmé pour provoquer un carnage. Les assaillants du musée du Bardo, qui ont fait 21 morts et 47 blessés, l’ont prouvé.

Selon le porte-parole du ministère de l’Intérieur tunisien, ils ne disposaient que de « deux kalachnikovs et de deux grenades ». Daech, qui a revendiqué l’attentat, se targue de ce bilan. Dans un communiqué, il a indiqué : « Nul besoin de stratégie ou de plans, ni d’infiltration ou de financement, il a suffi de deux klachs.. »

Quelques lignes plus loin, il appelle les « musulmans « à éviter de dépenser 1 430 euros, soit plus de 200 000 DA pour partir clandestinement combattre en Libye, mais de rester en Tunisie « Il suffit ensuite de voler une arme et de viser. «

Un débat se pose aujourd’hui en Tunisie sur le lien entre la contrebande et le terrorisme. Les enquêteurs croient dur comme fer que la contrebande se nourrit de terrorisme et vice versa. Mais des chercheurs relativisent le constat.

D’autres sources sécuritaires, préférant garder l’anonymat, ont déclaré quelques semaines avant l’attaque du Bardo que ce lien n’était pas systématique.
Il convient en réalité de distinguer les contrebandiers ordinaires des réseaux mafieux.

Les premiers, bien qu’exerçant une activité illégale, fournissent notamment des renseignements sur le trafic de marchandises dangereuses et les activités suspectes dans les régions frontalières. Quant aux activités mafieuses, elles peuvent porter sur les armes, la drogue ou les êtres humains.

Sur la frontière tuniso-algérienne, les attaques djihadistes contre l’armée et les forces de sécurité tunisiennes se sont multipliées depuis la révolution. Des guets-apens, se terminant en fusillades ou égorgements, ont fait plusieurs dizaines de victimes parmi les forces armées et des agents de la garde nationale.

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