8 dates où le monde est passé tout près d’un conflit nucléaire

vendredi 11 août 2017 à 16:57
Source de l'article : Huffpostmaghreb.com

Ces derniers jours, dans une atmosphère de montée des hostilités autour des avancées balistico-nucléaires de Pyongyang et de menace grandissante d’une confrontation militaire, Donald Trump a multiplié les avertissements envers la Corée du Nord.

Cette escalade de menaces entre les deux nations a fait monter dans le monde entier la crainte d’un conflit nucléaire. Elle nous rappelle le souvenir d’autres confrontations très tendues, qui auraient bien pu nous mener droit au désastre.

La liste des crises passées a de quoi faire frémir. Elles ont pu naître des facteurs les plus divers: un ours, un lever de lune, une volée de cygnes, et de très nombreuses erreurs humaines.

Voici huit dates où le monde est passé tout près d’une catastrophe nucléaire dans les soixante dernières années:

5 novembre 1956

Vers la fin de la crise de Suez, une série de pures coïncidences aurait très bien pu provoquer une attaque balistique envers l’URSS.

Dans la nuit du 5 novembre 1956, le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (North American Aerospace Defense Command, ou NORAD) a été informé d’une série de faits inquiétants — notamment la présence d’un objet aérien non identifié au-dessus de la Turquie, le survol de la Syrie par plusieurs avions soviétiques, un bombardier britannique abattu dans ce même pays, et des mouvements inattendus d’une flotte de l’URSS dans le détroit des Dardanelles (en territoire turc).

D’après plusieurs sources, dont le site nuclearfiles.org, voici les causes réelles de ces événements (dans l’ordre): un groupe de cygnes en vol au-dessus de la Turquie, une escorte aérienne destinée au président syrien, des problèmes mécaniques pour le bombardier, et un exercice naval prévu de longue date.

5 octobre 1960

Le NORAD a déclenché une alerte basée sur les informations de radars du Groenland, qui avaient pris les reflets d’un lever de lune sur la Norvège pour un tir de missile balistique intercontinental lancé contre les États-Unis par l’URSS.

Comme nous l’explique l’Union des scientifiques inquiets, c’est la présence au moment des faits du dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev à New York qui a fait douter de l’éventualité d’une attaque — ce qui a très probablement empêché une riposte nucléaire.

24 janvier 1961

En 1961, au cours d’un vol de routine au-dessus de la Caroline du Nord, un bombardier B-52 a subi une perte de contrôle et lâché deux bombes atomiques sur la ville de Goldsboro.

Les documents officiels montrent que ce jour-là, seule l’intervention d’un interrupteur de sécurité pourtant sujet aux dysfonctionnements a empêché la détonation. L’une des bombes s’est disloquée au moment de l’impact, et l’autre n’a subi qu’un minimum de dommages.

« Nous sommes passés à deux doigts d’une explosion nucléaire — cela ne tenait littéralement qu’à un fil », aurait déclaré Robert McNamara, le ministre de la Défense de l’époque.

25 octobre 1962

En 1962, à l’apogée de la Guerre froide, un garde de l’US Air Force du Minnesota a donné l’alarme aux installations voisines: il venait de remarquer une silhouette qui tentait d’escalader la barrière de sécurité. Mais dans une base de la Garde nationale du Wisconsin, une erreur de câblage a provoqué la transmission du mauvais signal, faisant croire aux pilotes qu’une Troisième Guerre mondiale venait de débuter.

Les premiers avions étaient déjà sur la piste, prêts à partir traquer d’éventuels assaillants soviétiques, lorsqu’un véhicule est arrivé sirènes hurlantes pour leur signifier que ce n’était qu’une fausse alerte.

Et l’intrus? Ce n’était finalement qu’un ours…

27 octobre 1962

Vasili Arkhipov, officier de la marine soviétique, est resté ancré dans les mémoires comme « l’homme qui a sauvé le monde ».

En octobre 1962, durant la crise de Cuba — une confrontation très tendue entre États-Unis et URSS —, la marine américaine a découvert un sous-marin russe caché en mer des Caraïbes. Elle a donc commencé à lancer tout autour des grenades sous-marines, sans savoir que le vaisseau était équipé d’une torpille nucléaire opérationnelle.

Les membres de l’équipage avaient perdu le contact avec leur Q.G. moscovite. Ils ignoraient ce que voulaient les Américains, et craignaient qu’une guerre n’ait commencé. Le commandant a ordonné de se préparer au lancement de la bombe, un ordre validé par son second.

Mais pour aller jusqu’au bout, le processus nécessitait l’approbation des trois officiers haut gradés à bord — dont Vasili Arkhipov, qui a refusé. Il aurait alors affirmé qu’il ne s’agissait pas d’une attaque et que les Américains ne souhaitaient que leur parler.

Le sous-marin est ensuite remonté par la surface, où un contre-torpilleur américain est venu à sa rencontre, avant de repartir vers la Russie.

9 novembre 1979

Les équipes américaines en charge des missiles balistiques intercontinentaux se sont de nouveau trouvées en alerte, prêtes à lancer leurs bombardiers, suite à une information du NORAD comme quoi l’URSS venait de procéder à une attaque d’ampleur contre leur pays. Mais au bout de quelques minutes, en l’absence de toute confirmation par les données satellites, les experts ont conclu à une fausse alerte.

D’après l’Union des scientifiques inquiets, on a appris plus tard qu’un technicien avait inséré par erreur dans un ordinateur destiné aux manœuvres une cassette de formation sur laquelle figurait un scénario d’attaque.

26 septembre 1983

Stanislav Petrov est un autre de ces héros soviétiques méconnus qui ont empêché une simple erreur de déboucher sur un déluge nucléaire.

Dans la matinée du 26 septembre 1983, les radars transhorizon soviétiques ont rapporté une attaque américaine imminente, impliquant de nombreux missiles. C’était à Stanislav Petrov, alors en service, de communiquer ce type d’alertes à sa hiérarchie, mais il s’en est abstenu, jugeant qu’il s’agissait d’un problème technique.

« Je n’aurais eu qu’à prendre mon téléphone, utiliser la ligne directe qui nous reliait au haut commandement, mais j’étais paralysé », s’est souvenu l’officier au cours d’un entretien avec la BBC. « J’avais l’impression d’être assis sur un volcan sur le point d’exploser. »

Il savait bien que le protocole exigeait un tir de riposte, mais ses doutes et sa crainte de provoquer une Troisième Guerre mondiale l’ont laissé pétrifié sur place.

« Vingt-trois minutes plus tard, j’ai réalisé qu’il ne s’était rien passé. S’il y avait vraiment eu une frappe, j’aurais déjà pu le voir. Mon soulagement était immense. »

25 janvier 1995

En 1995, un radar russe a cru détecter le lancement d’un missile balistique américain au large de la Norvège. En réalité, il ne s’agissait que d’une fusée scientifique norvégienne visant à étudier les aurores boréales.

Mais les Russes, craignant une attaque imminente, ont réagi immédiatement. Le président de l’époque, Boris Eltsine, se préparait à la riposte lorsque les données satellites ont indiqué qu’aucun autre lancement n’avait suivi. L’incident a alors été reconnu comme une fausse alerte.

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