Rupture de stock d’Herceptin, un médicament pour les cancéreux, au CPMC: Le Pr Bouzid tire la sonnette d’alarme

jeudi 10 novembre 2016 à 10:45
Source de l'article : Liberte-algerie.com

Le médecin avertit qu’il ne reste désormais plus que 20 jours pour le délai maximal de 35 jours de rupture tolérable pour ce traitement.

La rupture d’un anticancéreux indispensable aux patientes souffrant d’un cancer du sein est signalée, depuis une quinzaine de jours, au niveau des structures spécialisées, notamment le CPMC.
Il s’agit du médicament princeps Trastuzumab des laboratoires Roche qui a pour nom commercial Herceptin, un anticorps indiqué notamment pour le traitement du cancer du sein, que la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) a décidé, pour des raisons purement commerciales, de lui substituer deux biosimilaires répondant aux noms commerciaux Hertraz, fabriqué par les laboratoires Maylan, (USA), et CanMab, importé d’Inde par la société turque Abdi Ibrahim Algérie.
Si ces biosimilaires sont “tolérés” pour le traitement de nouvelles patientes, les oncologues sont foncièrement opposés à leur prescription pour celles ayant déjà entamé leur cure avec l’ancien médicament, à savoir l’Herceptin.
Ceci d’autant plus que le principe d’interchangeabilité — c’est-à-dire le changement d’un médicament par un autre au cours d’un traitement — est, sous d’autres cieux, interdit par une réglementation qui fait encore défaut en Algérie. C’est, justement, ce vide juridique qui est exploité par les responsables de la PCH dans leur tentative d’imposer ces biosimilaires en lieu et place du médicament princeps, l’Herceptin.
Mais c’était sans compter sur la résistance des oncologues, à leur tête le chef de service oncologie du CPMC, le professeur Bouzid, qui ne cache pas sa “colère” contre et les responsables de la PCH et ceux de la direction de la pharmacie du ministère de la Santé, qu’il affirme avoir pourtant interpellés et prévenus, il y a déjà une année et demie, sur la nécessité de promulguer une réglementation pour l’interdiction de l’interchangeabilité des médicaments au cours du traitement des malades. “Nous avons discuté de cette question de réglementation, il y a une année et demie, lors d’une rencontre au ministère qui avait réuni les prescripteurs (oncologues), les responsables de la PCH et ceux de la direction de la pharmacie du ministère, et à l’issue de laquelle un rapport a été remis au ministre”, rappelle le Pr Bouzid avant de s’en prendre aux responsables de la PCH lesquels, dénonce-t-il, font la “sourde oreille” malgré son engagement signé pour l’approvisionnement, sans contrôle, de la pharmacie du CPMC en Herceptin pour permettre à de nombreuses patientes de poursuivre leur traitement. “Oui, j’ai personnellement pris l’engagement de recevoir ce médicament (Herceptin), disponible au niveau de la PCH, avant son contrôle, pour ne pas pénaliser mes patientes dont le traitement est arrêté depuis déjà une quinzaine de jours”, affirme, en effet, le professeur Bouzid qui assimile cette situation à “une prise d’otage”.

Il avertit qu’il ne reste, désormais, plus que 20 jours pour le délai maximal de 35 jours de rupture tolérable pour ce traitement, même si dans les temps normaux, le délai ne doit pas excéder les 21 jours. Ainsi, ce chef de service oncologie du CPMC ne demande pas plus que “la livraison en urgence” d’Herceptin par la PCH. Il convient de rappeler que l’importation des deux biosimilaires sus-cités a commencé depuis quatre mois. Et comme ils ne sont prescrits que pour les nouvelles patientes, ils ne concernent, par conséquent, qu’une moyenne de “15%” des femmes atteintes d’un cancer du sein dont l’incidence est estimée entre 10 000 et 11 000 nouveaux cas par an.
Autrement dit, la rupture de stock d’Herceptin pénaliserait plus de 80% des patientes.

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