Graves révélations sur l’affaire du traitement anticancéreux administré au CPMC : Une manip de la mafia du médicament.

vendredi 25 novembre 2016 à 21:03
Source de l'article : Tribunelecteurs.com

Le secteur de la santé, plus précisément, dans le domaine de l’oncologie a enregistré, en mi-novembre en cour, une alerte sur une rupture d’un médicament destiné à un type de cancer du sein. Des oncologues ont accusé la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) de les avoir approvisionné en un produit biosimilaire.

Depuis, une quinzaine d’articles de presse font état d’un bras de fer entre le Professeur Kamel Bouzid, Chef de service du CPMC d’Alger, en même temps Président de la Société Algérienne d’Oncologie Médicale (SAOM), d’une part, et la Pharmacie Centrale des Hôpitaux (PCH), organisme public placé sous l’autorité du Ministère de la Santé, en charge entres autres, de l’approvisionnement des pharmacies hospitalières des différents établissements publics de santé.

Le département de Abdelmalek Boudiaf et le directeur de la PCH ont affirmé catégoriquement qu’il n’existe aucune rupture de stock dudit médicament, tout en précisant que cette polémique est déclenchée par des laboratoires pharmaceutiques et portées par des gens qui sont à la solde de ces laboratoires. Il a précisé que ce médicament peut être utilisé uniquement chez 20% des femmes qui souffrent d’un cancer du sein. Et d’expliquer que le traitement biosimilaire est destiné aux nouvelles patientes, il a été expertisé et validé par le comité d’experts de ces mêmes oncologues, qui, dit-il, crient au scandale sur le danger de l’interchangeabilité.

Dans le même sillage, notre rédaction a reçu d’une source anonyme par e-mail des éclaircissements, à propos de ce médicament qui est à l’origine de cette polémique.  » Le médicament…n’est autre que le Trastuzumab, un biomédicament élaboré par les laboratoires suisses Roche il y a de cela une dizaine d’années et dont le brevet est tombé dans le domaine public en 2014 en Europe et 2019 en USA « , lit-on.Selon notre source, le Trastuzumab ne fait pas partie des médicaments chimiques à molécules simples facilement reproductibles en génériques, mais un médicament biologique issus de process biologiques de fabrication très complexes et donc extrêmement coûteux.  » Une cure d’une année avec ce produit représenterait 2, 500,000 DA par an et par patient « , précise l’e-mail qui a rappelé qu’en 2013 le profil épidémiologique fait état de 45,000 nouveaux cas par an avec une incidence en 2010 de 130/100,000 La même source n’a pas caché les efforts consentis par l’Etat, en rappelant que des engagements ont été pris aux fins de En les accusant de monopole, la correspondance qu’a reçu notre rédaction a fait savoir que les Laboratoires Roche ont fait introduire une demande d’enregistrement de leur produit phare,  » le Trastuzumab « , et ce, à une époque où le brevet n’était pas encore tombé dans le domaine public. » Les anticorps monoclonaux sont des molécules naturellement produites par le système immunitaire en vue de déclencher une attaque ciblée sur un danger déjà rencontré. Ces têtes chercheuses pouvaient non seulement repérer les cellules tumorales, mais aussi bloquer leur croissance. C’est le cas du Trastuzumab que Roche a développé sous le nom commercial Herceptin « .

» Le Trastuzumab que seul le laboratoire Roche distribuait en Algérie a permis de sauver des milliers de vies, mais en même temps a permis à l’entreprise de réaliser des résultats exceptionnels au vu de la situation monopolistique dont il jouissait, et qui lui permettait de commercialiser son produit au prix qu’il souhaite « , reconnaît la source.Cette situation, précise l’email, a perduré depuis des années, jusqu’au mois de Mai 2016 après que le Ministère de la Santé par le biais de la PCH ait lancé un appel d’offres national et international (AONI 04/2015) portant sur l’importation de médicaments non produits en Algérie, pour le compte des pharmacies hospitalières, dont le Trastuzumab en deux lots, correspondant chacun à un dosage particulier, notamment le 150mg et le 440mg.

Il a fallu attendre que le Trastuzumab tombe dans le domaine public en 2014, pour que les laboratoires de biotechnologies aient le droit de le développer (et non le copier) et de le commercialiser, ce qui fut une aubaine pour l’Algérie, dont tous les efforts de traitement des malades de ce type étaient pris en otage des monopoles industriels de la sphère pharmaceutique.

En effet, et dans le respect des orientations stratégiques de santé publique et de sécurité nationale, et d’économie, la PCH a mis en concurrence les opérateurs pharmaceutiques mondiaux dans le cadre dudit appel d’offres en se réservant le droit de retenir les deux meilleurs fournisseurs pour un même médicament, aux fins de mettre fin à la situation de chantage du au monopole d’une part, et de s’assurer de la concurrence des offres, d’abord en matière de qualité puis de coût pour un même médicament désormais stratégique.  » C’est ainsi qu’à l’issue de l’évaluation des offres, le Tratuzumab 150mg produit par les laboratoires Biocon et exportés vers l’Algérie par le Laboratoire turque AbdiIbrahim a remporté la meilleure note Technique sur 70 point, où ils ont devancé les laboratoires Roche de 5 points, soit respectivement 45 et 40 sur 70 « .

» Mais aussi en termes de prix, le Trastuzumab de Biocon connu sous le nom commercial Canmab a été proposé à 351 dollars l’unité. Le Trastuzumab de Roche a été proposé à environ 430 dollars, en notant qu’avant cette date, et des années durant, il se livrait à plus de 960 dollars l’unité « . » Les termes du marchés prévoyaient un partage du marché entre les deux fournisseurs retenu à part égales avec la condition que le PLUS cher aligne ses prix sur le moins cher. En cas de refus et de maintien des prix en hausse, le contrat prévoyait un partage à 70% pour le moins cher et garder tout de même le second fournisseur à hauteur de 30% « .

» Le laboratoire Roche ayant été approché pour aligner ses prix a tout bonnement refusé et s’est vu attribué 30% d’un marché qu’il détenait à 100% plusieurs années auparavant, et non seulement, mais avec des prix de presque 1000 dollars l’unité, soit 140,000 DA, trois fois plus cher que le produit indien exporté par le Laboratoire pharma Abdi Ibrahim « . Notre source a noté, dans ce contexte, que le portefeuille de Pour un éventuel retour au monopole, Roche entend saisir le Ministère pour reconsidérer les termes des futurs marchés d’approvisionnement en suggérant d’y associer les pharmaciens des hôpitaux dans la formulation de leurs besoins, mais en termes de choix de produit et non seulement de quotité, quantité et qualité.

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