Fuite des cerveaux/Leur départ a coûté à l’Algérie 40 milliards de dollars: «13 500 médecins algériens exercent en France»

mercredi 10 mai 2017 à 10:11
Source de l'article : Depechedekabylie.com

Plusieurs milliers de chercheurs et praticiens quittent chaque année l’Algérie, en quête d’opportunités plus intéressantes à l’étranger.

Les chiffres sont effarants. La fuite des cerveaux a coûté à l’Algérie, entre 1996 et 2006, environ 40 milliards de dollars, a déclaré hier matin le président du Conseil de l’ordre des médecins, Dr Bekkat Berkani Mohamed.

Il qualifie cette hémorragie, d’«un véritable drame national», sachant que certaines régions d’Algérie souffrent d’un cruel déficit en thérapeutes. Ainsi, ils seraient quelque 13 500 médecins algériens à avoir quitté leur pays, pour aller pratiquer leur spécialité en France, a-t-il affirmé lors de son passage sur les ondes de la chaîne III de la radio nationale.

L’exil des praticiens algériens est nourri, selon lui, par « le devenir incertain de ces médecins dans le système de santé publique et dans l’élite hospitalo-universitaire, auxquels s’ajoutent les facteurs de vie professionnelle, autrement dit les opportunités de progression de carrière, des salaires ou de la position du médecin au sein de la société », explique l’intervenant.

Les praticiens de la santé en Algérie subissent «une espèce de désespérance ambiante qui les pousse à explorer d’autres cieux, pour pratiquer leurs spécialités», observe le Dr Bekkat Berkani. Le même responsable n’a pas manqué pas de souligner le rôle que joue le système de fonctionnement de la santé dans cette « désespérance ambiante ».

Il appelle, dans ce sillage, à « changer les mentalités, afin que nos cerveaux ne soient pas tentés d’aller vivre et travailler dans des pays plus cléments », plaide-t-il. L’intervenant de la radio algérienne constate que l’on ne peut combattre la fuite des cerveaux «si on ne fait pas l’effort de discuter avec les principaux concernés, pour resituer la place du système de santé, mais aussi celle du médecin résident qui travaille dans les services d’urgence, en particulier, dans des conditions déplorables», a-t-il ajouté.

Il a également affirmé que la formation dont ont bénéficié ces médecins (médecine générale ou spécialité) « n’est pas suffisamment adéquate pour des métiers, tels qu’on les entend dans la modernité médicale ». Il révèle dans ce sens, qu’ «on continue à former des cardiologues généralistes, des gynécologues généralistes, alors qu’aujourd’hui, c’est la ‘’sur-spécialité’’ qui prédomine ».

De ce fait, l’invité de la radio nationale propose de revoir la formation «en nombre», consistant à former moins de médecins et à rendre plus rigoureux les critères d’accès à la formation médicale, pour améliorer, selon lui, la qualité de l’enseignement. Il incite, aussi, à dispenser des formations autour de spécialités en adéquation avec les besoins de la population algérienne, dont l’espérance de vie, indique-t-il, est en constante augmentation. Une population, faut-il le souligner, qui vieillit en même temps qu’apparaissent de nouvelles pathologies, conclut l’intervenant de ladite radio.

L. O. Challal

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