L’Algérie face à la transition énergétique mondiale.

samedi 15 octobre 2016 à 19:37
Source de l'article : Maghrebemergent.com

Dans l’économie mondialisée d’aujourd’hui aucun prix n’a plus d’importance que celui du pétrole brut. Plus de 80 millions de barils sont produits et consommés chaque jour, dont la plus grande partie est vendue sur les marchés internationaux. Cette contribution est une synthèse de nombreux articles parus au niveau du site www.maghrebemergent.com.

 1.-Les nouvelles mutations énergétiques et  les dix  déterminants  prix du pétrole

 Premièrement, l’élément central de la détermination du prix du pétrole entre 2017/2020 est la croissance de l’économie mondiale. Entre 2020/2030, aucun expert ne peut prévoir au delà, du fait des importantes nouvelles mutations.  Selon le rapport Perspectives de l’Économie Mondiale du Fonds monétaire international (FMI) présenté du  4 octobre 2016, contrairement aux prévisions euphoriques de certains experts, le cours du pétrole s’établirait  à 51 dollars en moyenne annuelle pour 2017. Mais le plus inquiétant, c’est le prix de cession du  gaz traditionnel représentant un tiers des recettes de Sonatrach  avec une prévision de 50% en 2020.

Or, selon le FMI, le gaz a atteint son  cours le plus bas en douze ans en raison, certes, de  la chute des cours du pétrole, mais également  par la vigueur de l’offre russe en gaz naturel et par l’affaiblissement de la demande asiatique. Deuxièmement, du côté de l’offre, nous assistons à une hausse plus rapide que prévu de la production de pétrole (non conventionnel) des USA qui bouleverse toute la carte énergique mondiale. Ils sont passés de 5 millions de barils/jour de pétrole à un niveau fluctuant entre  8,5  et 9,5 millions de barils jour  entre 2014/2016. Les Etats-Unis, toujours grand importateur actuellement, devraient devenir le plus grand producteur de pétrole brut (tenant compte consommation intérieure) devant l’Arabie Saoudite et la Russie. Selon The Telegrap , les Etats-Unis, devraient pénétrer fortement dès  2016 le marché mondial avec des quantités sans précédent de gaz naturel liquéfié (GNL) :30 projets sont en cours de réalisation, grâce au gaz et le pétrole de schiste pesant ainsi sur le marché mondial du GNL où l’Algérie fait partie des principaux exportateurs avec le Qatar , la Russie, le Nigeria, l’Australie et bientôt d’autres pays africains.

Troisièmement, les rivalités au niveau de l’OPEP dont certains membres ne respectent pas les quotas, de la rivalité Iran-Arabie Saoudite (plus de 35% de la production OPEP). Cela rentre dans le cadre géostratégique avec l’Occident (dont les USA) pour affaiblir la Russie. L’Arabie Saoudite est le seul pays producteur au monde actuellement qui est en mesure de peser sur l’offre mondiale, et donc sur les prix, tout dépendant d’une entente entre les USA et l’Arabie Saoudite pour déterminer le prix plancher, encore que cette entente pourrait se déplacer dans un proche avenir avec une entente avec l’Iran.

Quatrièmement, la stratégie expansionniste russe dont le géant  Gazprom, pour le gaz (45.000 milliards de mètres cubes gazeux de réserve) à travers le North Stream et le South Stream (ce dernier gelé actuellement) d’une capacité prévu de plus de 125 milliards de mètres cubes gazeux pour approvisionner l’Europe, sans compter les nouvelles canalisations vers l’Asie. La Russie a besoin de financement, les tensions en Ukraine n’ayant en rien influé sur ses exportations en Europe où sa part de marché a été de 30% entre 2013/2015.

Cinquièmement, du retour sur le marché de la Libye  pouvant aller facilement vers 2 millions de barils/jour, de l’Irak avec 3,7 millions de barils jour (réservoir mondial à un coût de production inférieur à 20% par rapport à ses concurrents) pouvant aller vers plus de 8 millions/jour. Et surtout l’Iran après les accords sur le nucléaire se concrétisent avant le 30 juin 2015 , ayant  des réserves de 160 milliards de barils de pétrole lui permettant facilement d’exporter entre 4/5 millions de barils jour et le deuxième réservoir de gaz traditionnel avec plus de 34.000 milliards de mètres cubes gazeux , sans compter qu’il aura alors accès aux quelques 100 milliards de dollars bloqués dans les banques étrangères, qui pourront augmenter ses exportations et attirer les investissements étrangers.

Sixièmement, les nouvelles découvertes dans le monde notamment en offshore notamment en Méditerranée orientale (20.000 milliards de mètres cubes gazeux expliquant en partie les tensions au niveau de cette région) et en Afrique dont le Mozambique qui pourrait être le troisième réservoir d’or noir en Afrique et les nouvelles technologies permettent l’exploitation et la réduction des couts des gisements marginaux de gaz et pétrole de schiste d’environ 30/40%.

Septièmement, les USA/Euro qui représentent actuellement plus de 40% du PIB mondial pour une population inférieure à un milliard d’habitants poussent à l’efficacité énergétique avec une prévision de réduction de 30%.

Huitièmement, les tendances à sont à une nouvelle division et spécialisation internationale avec la concentration de l’industrie manufacturière forte consommatrice d’énergie en Asie qui absorbera 65% de la consommation mondiale horizon 2030, notamment l’Inde et la Chine. Les relations clients –fournisseurs seront à leurs avantages, pour avoir des avantages comparatifs et pousseront à la baisse des prix.

Neuvièmement, l’occupation par les terroristes de champs pétroliers et gaziers les écoulements au marché noir notamment en Irak pour un baril entre 30/40 dollars et dixièmement, l’évolution des cotations du dollar et l’euro, toute hausse du dollar, bien que n’existant pas de corrélation linéaire, pouvant entraîner une baisse du prix du baril.

2.- Les perspectives futures du cours  du pétrole

Qu’en a-t-il été lors de la réunion d’Alger  qui a été une grande réussite diplomatique et celle de  la  réunion d’Istanbul  en attendant la  réunion de Vienne le 30 novembre 2016 et les perspectives pour le marché pétrolier et gazier ayant trait essentiellement à la transition énergétique 2020/2030 ? Cette réunion a été  axée comme celle d’Alger sur la transition énergétique 2020/20360/2040-mais souvent oublié par les  médias- avec la publication d’un rapport consacré aux énergies renouvelables intermittentes.

Le rapport  note  que les  énergies renouvelables représentent en 2016 plus de 30% de la capacité totale de production électrique installée dans le monde et 23% de la production totale d’électricité, que  le e financement des EnR est d’environ  286 milliards de dollars en 2015 représentant  154 GW de nouvelles capacités en 2015, dépassant de loin l’investissement dans la production conventionnelle (+97 GW) Ain si le rapport met en relief trois facteurs essentiels : premièrement, la définition de règles du marché assurant un système d’énergie durable en accord avec les objectifs du trilemme , y compris les règlementations clairement définies en matière d’émission de CO2; deuxièmement, l’instauration des marchés de capacité pouvant « permettre d’assurer la sécurité en termes d’approvisionnement en complément de marchés basés uniquement sur les énergies qui se révèlent « souvent insuffisants pour garantir un approvisionnement fiable et enfin le développement plus poussé des méthodologies en matière de prévisions météorologiques pour garantir une meilleure fiabilité et faire rapidement face à la variabilité du vent et du soleil Quant aux  perspectives pour le marché pétrolier, elles sont aléatoires.  Selon l’AIE  dans son rapport mensuel de septembre 2016, le marché pétrolier devra prendre son mal en patience,  la perspective d’un rééquilibrage prochain s’éloignant  sous l’effet d’une demande pénalisée par des incertitudes économiques et d’une offre qui reste abondamment alimentée.

En effet, la stabilisation des prix est difficile car  la  dynamique offre-demande ne change pas significativement au cours des prochains mois et le premier semestre 2017, du fait que la production continuera à surpasser la demande.   C’est que la production de l’or noir en Russie s’est chiffrée à plus de 10,5 millions de barils par jour, tandis que celle du royaume saoudien a atteint 10,3 millions de barils ces derniers mois  sans compter le bouleversement de la carte énergétique  par le pétrole et le gaz de schiste américain  dont les couts ont baissé de 30/40%, la stratégie de l’Arabie saoudite, qui chercherait à « tuer » les producteurs de schiste américain, ayant atteint ses limites n’étant  pas certain que les extractions de pétrole non conventionnel s’effondrent réellement outre-Atlantique – en tout cas pas au rythme attendu, la production variant durant l’année 2016 entre 8,5 et 10 million de barils/jour.

Attention de s’en tenir qu’aux facteurs conjoncturels qui  peuvent peser sur la hausse des  prix transitoirement  comme  les incendies autour de Fort McMurray dans l’ouest du Canada en mai 20169 qui ont fait baisser la production pétrolière du pays (environ 1,2 million de barils en moins chaque jour),  les troubles dans la région du delta du Niger au Nigeria et d’autres petites perturbations comme la baisse des exportations pétrolières irakiennes transitant par le Kurdistan ou la grève de trois jours qui a touché l’industrie pétrolière au Koweït ( ayant  fait chuter la production du pays d’environ 1,7 million de barils par jour  et l a hausse  transitoire  de la demande en Chine qui a reconstitué ses stocks(1).

Aussi,  comme annoncé dans le dernier rapport  du Forum Economique Mondial (2016/ DAVOS) le monde est à l’aube d’une nouvelle révolution industrielle qui modifiera les rapports de force au niveau mondial et  une recomposition du pouvoir énergétique mondial. Deux pays la Russie qui ont pourtant les plus importantes réserves, la Russie   qui a investi dans les nanotechnologies ( (l’infiniment petit) et l’Arabie Saoudite qui a prévu 2000 milliards de dollars d‘investissement pour préparer l’après pétrole. Car si le monde   est passé de l’ère du charbon à l’ère du pétrole,  cela ne signifiait  pas  que n’existait plus de réserves de charbon ( 200 ans de réserves contre 40/50 ans pour le pétrole),  mais que des  nouvelles  technologies  ont été mis en place renvoyant toujours au fondement du développement l’économie de la connaissance (1). Les réserves sont fonction du   vecteur prix international cout, pouvant découvrir des milliers de gisements non rentables au vu des mutations énergétiques mondiales.

Aussi c’est une  erreur stratégique de raisonner sur un modèle de consommation énergétique linéaire, en misant  sur la rigidité de l’offre, qui provoquerait à moyen terme, faute d’investissement,  une montée inexorable des prix vers des sommets, 100, 200, voire 250 dollars le baril. C’est que l’analyse des nouvelles mutations énergétiques va à  contre-pieds de tous ces raisonnements mécaniques qui sont démenties par la dure réalité économique. Par  le passé les tensions au Moyen Orient provoquaient une  hausse des prix, alors que nous avons assisté à  un effondrement du prix du pétrole, sans véritable changement de la structure de la demande. Et c’est là qu’entre la géostratégie et notamment la stratégie européenne, chinoise et surtout  américaine qui oriente  la R et D vers les énergies nouvelles, vers lesquelles s’engagent dès à présent la moitié des nouveaux investissements  et ce afin de conserver le  leadership énergétique au niveau mondial.

3.- L’avenir  de l’OPEP

Les pays de  l’OPEP ne doivent plus vivre de l’illusion de la rente éternelle, pouvant jouer comme facteur de stabilisation, ne cohabitation avec d’autres acteurs,  mais ne pouvant jouer un rôle déterminant comme dans les années 1974. Le quota  théorique retenu a été  rarement respecté). Bien que les pays membres de l’Opep se sont entendus à Alger  d’aller vers une stabilité du marché,  il est reconnu au vu des réactions du marché, bien qu’ayant gagné 5/6 dollars  que  la baisse de  700.000 barils  est insuffisante pour une stabilisation des prix  entre 50 et 60 dollars le baril, encore que la  répartition de ce quota se fera à Vienne lors de la réunion officielle de l’OPEP à Vienne le 30 novembre 2016.

Aussi, attention à l’euphorie et aux faux calculs. Il faudra faire des calculs précis.  Même une augmentation de 5 dollars en moyenne annuelle donne un gain net pour un pays comme l’Algérie de seulement 3 milliards de dollars contre 30 milliards de dollars pour la Russie et l’Arabie Saoudite (dix fois plus de production) , montant auquel il faudra retirer la diminution  en valeur de la baisse de production. Comme il ne faut pas exclure, car c’est un jeu de poker du fait des turbulences de l’économie mondiale,  une importante perte  financière.  Imaginons, en cas de crise ou de croissance faible de l’économie mondiale,  que la diminution de la quantité OPEP  n’entraine pas une baisse substantielle des prix et que  les pays hors OPEP accaparent  des parts de marché.

D’où la difficile équation à résoudre, d’autant plus que les USA un des plus grand producteur n’est pas présent qui a joué sur la réduction substantielle de couts de production étant devenu exportateur net. Les observateurs s’accordent à ce que le prix futur dépendra d’une entente entre pays consommateurs et producteurs d’une part et d’autre part, par une entente pays OPEP non OPEP. Aussi, la détermination du prix du pétrole, (le prix du gaz lui étant indexé) dépendra d’une entente entre d’une part et l’Arabie Saoudite et la Russie qui a atteint un niveau record de production début aout/septembre 2016 et l’Arabie Saoudite et l’Iran qui veut revenir à son quota avant les sanctions de plus de quatre millions de barils jour ayant besoin de financement Qu’en sera-t-il pour la Russie ? Pour ce pays rentre des enjeux géostratégiques, les russes reprochant aux américains de vouloir culer l’économie russe dont les réserves de change au cours inférieur à 50 dollars risquent de s’épuiser horizon 2020. A cela il faudra ajouter l’accroissement futur de la production fin 2016/2017 du Nigeria, de la Libye, l’Irak (pour ces deux pays devant atteindre leurs quotas) et du Kazakhstan avec l’entrée en production d’un important gisement en décembre 2016, sans compter les USA qui avec le pétrole et gaz de schiste (réduction de 30/40% des couts) ont bouleversé toute la carté énergétique mondiale(1).

Le futur prix d’équilibre sera fondamentalement déterminé par une entente entre les USA et l’Arabie Saoudite, alliés stratégique. Mais comme rappelé précédemment  le déterminant sera la croissance de l’économie mondiale avec des incidences négatives ou positives sur les pays producteurs, du fait de l’interdépendance des économies. En cas d’une faiblesse de la croissance, la stabilisation des cours du pétrole sera difficile à se réaliser, tout au plus le cours devrait fluctuer entre 45/55 dollars. En cas d’une légère reprise, il pourrait fluctuer entre 50/60 dollars entre 2017/2020.En cas d’une reprise forte entre 2017/2020, il pourrait progressivement fluctuer entre 60/70 dollars. En cas d’une crise équivalente à celle de 2008, il descendrait en dessous de 40 dollars. Au-delà -2020/2030, du fait du bouleversement de la carte géostratégique mondiale et de la quatrième révolution industrielle mondiale, aucun expert ne peut prédire avec exactitude les scénarios de l’évolution tant du prix du pétrole que de la nouvelle structure économique mondiale, entre 2020/2030/2040. Des stratégies d’adaptation par couches successives sont nécessaires renvoyant à la géostratégie.

4.- Impact de la baisse du cours du pétrole   sur l’économie algérienne

Pour la première fois,  le gouvernement a  retenu comme référence  la moyenne du marché prévue c’est à dire 50 dollars le baril pour 2017 avec un important déficit du trésor dont l’avenir entre 2017/2020 sera lié à l’évolution du cours du pétrole/gaz.  Avec l’épuisement du fonds de régulation des recettes fin 2016,  que faire  car  tout accroissement des dépenses  rapport aux recettes prévues  accroitra le déficit budgétaire avec un impact inflationniste? Il faudra distinguer la part des dépenses en dinars (solutions internes) de la part en devises et distinguer les actions conjoncturelles, des actions structurelles qui seules sont une réponse appropriée aux défis futurs du pays.  La loi  des finances 2017 prévoit malgré une baisse d’environ 30% du budget d’équipement, un déficit  global du Trésor de 1248 milliards de dinars  soit au cours du 04/10/2016 de 109 dinars un dollar  11,44 milliards de dollars ,  8%, contre un déficit de 15% en 2016.

Les exportations algériennes avec les dérivées sont dépendantes à 97/98% des hydrocarbures à l’état brut et semi brut. Les calculs qui suivent ont été effectués sous l’hypothèse du respect du quota de l’Algérie au sein de l’OPEP et du volume actuel d’exportation du gaz. En cas où le volume serait inférieur, les recettes devraient être inférieures au montant calculé. Dans le cas contraire de hausse en volume, le montant en valeur devrait augmenter en accélérant l’épuisement des réserves prévues au rythme de la consommation intérieure (à horizon 2030, la population atteindra 50 millions d’habitants).  Pour  60 dollars les recettes  à 34 milliards de dollars.

L’on doit retirer 20% de charges ce qui nous donne 27 milliards de dollars de profit net en précisant que la baisse d’un dollar en moyenne annuelle occasionnant une perte pour l’Algérie d’environ 600 milliards de dollars. A 50 dollars, le baril donne un profit net de Sonatrach de 21 milliards de dollars  40 dollars, le baril donne un profit net de Sonatrach de 15 milliards de dollars  30 dollars, le baril donne un profit net de Sonatrach de 9 milliards de dollars 20 dollars, le baril donne un profit net de Sonatrach de 3 milliards de dollars et nous serions presque au seuil de rentabilité  comment mobiliser les ressources financières suivant ces différents scénarios (se pose ici aussi la problématique de la rentabilité future des investissements projetés), le ministère de l’Energie vient de déclarer le 12 janvier 2016 que les programmes de Sonatrach (100 milliards de dollars entre 2015/2020 et de 30 milliards de dollars pour la même période pour Sonelgaz): endettement ou puisement dans les réserves de change, et que restera-t-il aux autres secteurs ? En rappelant que toute décision stratégique relève du Conseil national de l’Energie présidé par le président de la République.

5.-Que doit faire le gouvernement algérien ?

La  dette extérieure étant inférieure à 4 milliards de dollars et les réserves de change d’environ 140/145 milliards de dollars, il y a lieu de bien les utiliser, richesse virtuelle qu’il s‘agit de transformer en richesse réelle, le capital argent n’étant qu’un moyen ne créant pas de valeur. Je propose  huit solutions du gouvernement algérien, face  au déficit du trésor  entre   2017/2020.

Premièrement, il ya urgence d’aller vers une allocation ciblée  des  ressources financières  et une rationalisation des dépenses (économies de gestion)  tant pour la partie devises que dinars, supposant de lutter contre les surcouts et la corruption.  Mais existent des limites tant  économiques que sociales quitte à étouffer toute l’économie, puisque l’Algérie est  une économie rentière où les recettes en devises avec les dérivées représentent 97%. Les exportations hors hydrocarbures étant marginales, 83% du tissu économique repose sur le petit commerce/services, le secteur productif, excepté l’agriculture, étant embryonnaire et environ  70% des besoins des ménages et des entreprises publiques et privées dépendent  de l’extérieur.

Deuxièmement, accroitre la fiscalité ordinaire pour la  sphère réelle pour les  ménages tout   et les entreprises,  l’impôt direct étant le signe d’une plus grande citoyenneté, la facilité pour tout gouvernement étant  l’ accroissement de l’impôt indirect injuste par  définition), tout en   étant conscient que l’impôt peut tuer l’impôts , supposant une réforme fiscale fondement à la fois de l’équité et de l’efficacité ,   tout   en intégrant intelligemment par des mécanismes transparents la sphère informelle loin de toute action administrative bureaucratique.

Troisièmement, continuer le dérapage du dinar pour la partie  dinar, pour ne pas dire dévaluation, avec les risques d’amplification du processus inflationniste. Le cours est  passé  de 75 dinars  un dollar il ya trois années à 110 dinars un dollar  et de 85 dinars un    euro à   120 dinars un euro  fin 2016, constituant une épargne forcée,  tant par  rapport au dollar gonflement de la fiscalité pétrolière (vente en dollars)   et que par rapport à l’euro gonflant la fiscalité ordinaire, les taxes à la douane s’appliquant à un dinar dévalué. Avec un cours de 75 dinars un dollar, et 85 dinars un euro,  le déficit du trésor dépasserait 20 milliards de dollars.

Quatrièmement, continuer à puiser dans les réserves de  change pour la partie devises qui selon la banque mondial  clôturerait à 112 milliards fin 2016  et selon la  banque d’Algérie à 120 milliards de dollars  ayant  un répit de quatre années au vu des importations de biens et servies incompressibles, ,   une économie productive mettant du temps à l’instant T0 de sa mise en œuvre  (minimum cinq années) , le temps ne se rattrapant jamais en économie.

Cinquièmement, aller vers un endettement extérieur ciblé pour la partie devises uniquement  pour les segments concurrentiels productifs. .-Sixièmement, mettre en place une politique  a  de subventions et transferts sociaux ciblés inter socioprofessionnelle et inter régionale (23,7% du budget de l’année 2017). Mais n’ayant pas une vision de sinistrose, la justice sociale, pas l’égalitarisme,  n’est pas antinomique avec l’efficacité économique impliquant une plus grande moralisation de la société et des dirigeants, supposant un partage équitable  du sacrifice et dont les responsables doivent donner l’exemple et avoir un langage de vérité. A l’avenir  si le cours se maintient  entre 45/60 dollars, cette généralisation  des subventions, injuste par définition,  sera intenable financièrement  impliquant  un ciblage pour les plus démunis  et les secteurs que le gouvernement  veut encourager transitoirement.

Septièmement, la solution ultime conjoncturelle serait la planche à billet – car avec 50 dollars le baril, il  n’ y a plus de marges de manœuvres en cas d’un cours  de  50 dollars ou moins, ce d’autant plus  qu’ avec l’emprunt obligataire qui a concerné surtout les surliquidités au niveau de la sphère réelle asséchant les banques, tout en ayant permis des rentes spéculatives avec les transfert de fonds des banques à un taux  d‘intérêt de 2% vers le trésor à un taux ‘intérêt de 5% ( voir nos contributions 2015/2016 www.gologle.com) . Cette procédure  n’est  pas  propre à l’Algérie, l’histoire économique montant que la majorité des Etats  en cas de crise budgétaire l’ayant utilisé  pour réduire leur endettement public. Cela induit une épargne forcée,  au détriment des couches défavorisées et moyennes,  le processus inflationniste jouant  comme vecteur de redistribution de revenus au profit des revenus variables  qui en Algérie sont en dominance dans la sphère marchande réelle et informelle.

Eviter la dérive inflationniste comme au Venezuela (plus de 300% ) suppose   une régulation forte  conciliant le cadre macro-économique et le cadre macro-social. Huitièmement, pour éviter le scénario dramatique des impacts de la baisse du cours du pétrole des années 1986, la solution la plus durable  est d’avoir une vision stratégique afin d’asseoir une économie diversifiée dans le cadre des valeurs internationales.  Il ne faut plus se faire d’illusions, un cours de pétrole entre 80/100 dollars  est  improbable rendant urgent, pour l’Algérie, si elle  veut éviter sa marginalisation,  l’émergence d’une économe diversifiée dans le cadre de la mondialisation.  Comme l’a instruit   le président de la république, et pour des raisons de sécurité nationale, le langage de la vérité s’impose et ‘aller vers   de profondes réformes structurelles  sans lesquelles,  l’on ne pourra pas faire émerger une économie diversifiée. Sans réformes, au-delà de 2020, même avec un endettement extérieur comme solution, il sera impossible de maintenir le niveau des réserves  au vu de la  situation économique fin 2016.

6.-En résumé,  les changements économiques survenus depuis quelques années dans le pays, ainsi que ceux qui sont appelés à se produire dans un proche avenir, doivent nécessairement trouver leur traduction dans des changements d’ordre systémique destinés à les prendre en charge et à organiser leur insertion dans un ordre social qui est lui-même en devenir. La pleine réussite de cette entreprise restera tributaire d’un certain nombre de conditions : la production d’une culture politique participative ; une communication institutionnelle efficiente ; l’élaboration d’un nouveau consensus politique permettant de dégager une majorité significative dans le corps social autour d’un véritable projet de société. Il s’agit là d’une entreprise d’envergure consistant principalement à revoir l’aménagement fonctionnel du pouvoir d’Etat ; restructurer le système partisan ; réorganiser le champ de l’information et de la communication et réorganiser le mouvement syndical et associatif fondement de la bonne gouvernance.

L’objectif central est de nous adapter aux mutations mondiales par la démocratisation de la société grâce à une croissance durable basée sur le savoir, seule condition de résorption du chômage, et en organisant les solidarités tant socioprofessionnelles qu’inter- régionales pour assurer la cohésion sociale, base du développement.  Un bon développement allège le poids sur les forces de sécurité ; un frein au développement par une mauvaise gouvernance accroit les tensions sociales et donc l’insécurité.

En ces moments de grands bouleversements géostratégiques, rendons rendant  urgent une cohésion nationale, rassembler au lieu de diviser, où existe un lien dialectique entre sécurité et développement, rendons hommage à nos forces de l’ANP, à toutes nos forces de sécurité, la DGSN, la gendarmerie nationale  pour la stabilisation du pays.  L’Algérie n’a pas d’autres choix : réussir les réformes qui seront douloureuses à court terme mais porteuses d’espoir à moyen et long terme pour les générations présentes et futures,  possédant  toutes  les potentialités pour réussir supposant une autre démarche où le Politique, l’Economique, le Social, le Culturel  sont dialectiquement liés. Ou rester   en statut quo en  retardant  les  réformes  structurelles ce qui  conduira inéluctablement à la cessation de paiement horizon 2020 avec les risques  de tensions sociales et la déstabilisation de la  région méditerranéenne et africaine  avec des interférences étrangère, du fait que l’Algérie est  un enjeu géostratégique, ce qu’aucun  patriote algérien ne souhaite.

J’ose imaginer une Algérie où les nouvelles générations vivront confiantes et heureuses dans leur pays et où nous assisterons à un retour volontaire progressif des cadres expatriés. Aussi, L’Algérie qui a d’importantes potentialités sera ce que le peuple algérien et les responsables chargés de gérer  la Cité voudront qu’elle soit.

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