Exportation de déchets ferreux et non ferreux, bientôt interdite

jeudi 11 juin 2009 à 11:43
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Le décret interdisant toute exportation de déchets ferreux et non ferreux devrait être publié incessamment.

C’est quasiment officiel, selon le directeur général du commerce extérieur, qui l’a annoncé lors de l’émission de la radio Chaîne III, « Événements à la une » du 4 juin dernier.

L’activité avait, depuis 2006, fait l’objet d’une suspension, puis d’une autorisation conditionnée, ceci permettra à la vingtaine d’entreprises algériennes spécialisées dans la revalorisation des déchets ferreux et non ferreux d’avoir enfin accès à un gisement national que représentent ces déchets et de créer de la valeur ajoutée en Algérie et des opportunités d’emploi au lieu d’en faire profiter les affineurs et transformateurs européens en majorité qui en connaissent la vraie valeur pour finalement nous le réexporter en Algérie à sa vraie valeur, au prix fort et en devises étrangères.

Cela permettra aussi la traçabilité des déchets ferreux et non ferreux, continuel casse-tête pour les autorités, confrontées au vol de câbles électroniques et téléphoniques ainsi que d’autres équipements, volés parfois tous neufs, quelques heures à peine après leur pose.

Jusqu’ici, les récupérateurs préféraient vendre leurs cargaisons à l’export alors que les fondeurs locaux leur proposaient de racheter leurs cargaisons aux prix mondiaux.

Alors qu’avec les capacités nationales de revalorisation des déchets aluminium dépassant de loin les volumes de déchets générés annuellement par l’industrie algérienne, les industriels voyaient ce trésor sans y avoir accès.

Et ce nouveau décret met fin à cette hémorragie et donne le ton sur la nouvelle stratégie industrielle des pouvoirs publics.

Dans un souci d’équilibre, l’interdiction ne devrait pas pénaliser les récupérateurs en ce sens qu’il y a lieu de fixer de justes prix indexés sur les prix mondiaux des déchets ferreux et non ferreux, un marché aux libres mécanismes.

En d’autres termes, ne pas tomber dans l’excès inverse avec toutes les pratiques désastreuses liées aux marchés captifs, mais en veillant à rester à l’écoute des marchés mondiaux des déchets ferreux. Et pour maintenir ainsi l’intérêt et l’attrait économique de l’activité des récupérations.

À noter que les dégâts occasionnés par le stockage sauvage dans des parcs à déchets, le temps de ramasser des quantités à même de constituer la cargaison d’un navire, unité de vente minimum, prend une longue période au risque de contaminer les nappes phréatiques, causant à l’environnement des dégâts irréversibles.

Mais ceci n’étant pas une fin en soi, l’objectif général du décret d’application relatif au recyclage devrait définir le cadre légal de reconnaissance du secteur de recyclage comme industrie nationale à part entière et d’appui des pouvoirs publics et des collectivités locales à ses activités.

Du côté des industriels, l’on estime que les objectifs plus spécifiques du décret devraient consister en particulier à « reconnaître le statut d’utilité publique au secteur, définir les responsabilités de chacun des acteurs concernés, reconnaître le rôle économique et social des récupérateurs, en particulier ceux opérant sur les décharges.

Dans cette perspective, il y a lieu de clarifier leur statut vis-à-vis des gestionnaires des décharges et de leur droit d’exercer dans des conditions décentes d’hygiène et de sécurité ».

Il y a lieu, en outre, précise-t-on, de « fixer à un horizon donné des objectifs chiffrés de valorisation des déchets solides pour les communes, de développer des directives types pour la prise en compte des objectifs de valorisation dans le cahier des charges des gestions déléguées, et de fixer les orientations pour l’instauration des normes de qualité pour les produits fabriqués avec des matériaux recyclés », tous les objectifs dont la mise en œuvre devrait théoriquement être prise en charge par le ministère de l’Environnement en collaboration avec le ministère de l’Intérieur, le ministère de l’Industrie et les associations professionnelles.

Compte tenu de son importance pour la reconnaissance publique de l’intérêt du recyclage et la gestion des déchets solides, la promulgation du décret d’application sur la valorisation des déchets s’avère ainsi urgente.

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