Vers l’autosuffisance en légumes secs d’ici à 2020

lundi 28 novembre 2016 à 21:06
Source de l'article : Huffpostmaghreb.com

L’Algérie ambitionne de produire la totalité de ses besoins en lentilles et pois chiches d’ici à 2020, permettant d’économiser plus de 150 millions de dollars d’importations/an, a indiqué à l’APS le directeur général de l’Institut technique des grandes cultures (ITGC), Omar Zeghouane.

Actuellement, le pays importe de grandes quantités de pois chiches et de lentilles auxquels s’ajoutent les haricots secs lesquels sont importés pour plus de 80 millions de dollars annuellement.

En terme de quantités, l’Algérie importe annuellement environ deux (2) millions de quintaux (qx) de légumes secs dont 1,4 million qx de lentilles et de pois chiches.

Pour ce faire, le secteur de l’agriculture a élaboré un programme de développement des légumineuses à travers l’augmentation des superficies réservées à la production de lentilles et de pois chiches ainsi que la production des besoins en semences.

Ce programme a été établi selon une étude qui tient compte de l’évolution de la demande à travers la croissance démographique du pays d’ici à 2020.

Ainsi, pour répondre aux besoins prévisionnels, « nous devrions produire presque deux (2) millions qx de pois chiches et de lentilles », estime le même responsable.

Le secteur agricole devra alors porter les superficies consacrées aux légumineuses à 218.000 hectares (ha) contre 85.000 ha actuellement.

Sur cette superficie, celle réservée aux lentilles et aux pois chiches devra passer de 30.000 ha à 170.000 ha dans le cadre de ce nouveau programme.

La superficie actuelle (85.000 ha) affectée aux légumineuses permet de produire environ un (1) million qx toutes espèces confondues (fèves, pois, haricots, pois chiches et lentilles), soit 35% des besoins du pays.

Le plateau du Sersou, d’Aïn Temouchent, de Guelma et de Médéa sont les régions traditionnellement connues pour leur production de légumineuses.

Augmenter le soutien financier à la production de semences

Pour répondre aux besoins en semences qui sont appelés à augmenter par la mise en œuvre du programme de développement des légumineuses, le soutien financier à la production de la semence notamment de lentilles et de pois chiches doit être revu à la hausse.

« Le programme national actuel de multiplication de semences ne suffit pas pour faire face à la demande qui sera générée par la mise en place du nouveau programme de production de légumineuses », fait savoir M. Zeghouane.

C’est dans ce sens que la concrétisation de ce programme nécessite une augmentation de ce soutien de l’Etat à la production de semences afin d’encourager les agriculteurs à livrer la totalité de leur production aux établissements multiplicateurs de semences.

Actuellement, l’Etat accorde une prime de collecte aux producteurs de semences de pois chiches et de lentilles, qui correspond à 35% du prix à la production.

Le prix du quintal livré aux établissements multiplicateurs est fixé à 7.000 DA pour les pois chiches et à 6.000 DA pour les lentilles.

Mais les producteurs jugent ce prix insuffisant et préfèrent, en conséquence, ne livrer qu’une partie de leur semence aux établissements multiplicateurs dont celui de l’ITGC, liés par un contrat, et en réserver une autre partie pour la vendre sur le marché libre à un prix supérieur à celui fixé par l’Etat.

« C’est pour cela que nous perdons beaucoup de quantités de la semence », explique M. Zeghouane qui soutient que des mesures attractives doivent être prises pour que la totalité de la production de la semence soit dirigée vers les établissements multiplicateurs.

L’ITGC a entamé en 2016 la multiplication de la semence de pois chiches à gros grain, très prisés par les consommateurs, et dont cinq variétés devraient être mises à la disposition des agriculteurs durant les trois prochaines années.

Par ailleurs, les pouvoirs publics misent sur la culture des légumineuses pour réduire les superficies agricoles laissées en jachère lesquelles sont de l’ordre de deux (2) millions ha annuellement, soit l’équivalent de près de 60% de la superficie réservée à la culture céréalière (3,4 millions ha).

Ainsi, la mise en place de ce nouveau programme de développement des légumineuses permettra de réduire une partie de cette superficie laissée en jachère, soit 150.000 ha: « C’est un gain énorme », estime M. Zeghouane.

D’autant plus que sur le plan environnemental, les légumineuses contribuent à augmenter la biomasse et l’activité microbienne des sols, améliorant ainsi leur biodiversité.

Ces plantes sont capables de convertir l’azote atmosphérique en des composés d’azote tout en améliorant la fertilité du sol.

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