Une enquête du ministère du commerce révèle un produit non conforme: Alimentation : du mauvais vinaigre dans vos salades !

dimanche 9 octobre 2016 à 12:17
Source de l'article : Liberte-algerie.com

Les résultats des analyses effectuées ont relevé la non-conformité de 44% d’échantillons de vinaigre examinés, soit 62 sur 140 échantillons, et la non-conformité de 56% d’échantillons de condiments acidifiants analysés, soit 31 sur 55 échantillons.

Rien n’échappe désormais au trafic. Des producteurs de vinaigre n’ont pas hésité à tricher sur les composants. C’est ce que révèle une enquête de la direction du contrôle économique et de la répression des fraudes du ministère du Commerce. En effet, le constat de la direction qui a mené l’enquête de vérification de la conformité du vinaigre menée cette année à travers près de 700 interventions opérées à tous les stades de la mise à la consommation du vinaigre et des condiments acidifiants pour assaisonnement démontre que ce produit, proposé à la consommation, fait, tout simplement, l’objet de tricherie.
Ainsi, les résultats des analyses effectuées ont relevé la non-conformité de 44% d’échantillons de vinaigre examinés, soit 62 sur 140 échantillons, et la non-conformité de 56% d’échantillons de condiments acidifiants analysés, soit 31 sur 55 échantillons. Si l’enquête révèle l’étendue du trafic qui touche le vinaigre et les autres produits d’assaisonnement, il n’en demeure pas moins que la source qui a informé sur ce trafic n’a pas, pour autant, cité le nom du produit mis en cause, ni le producteur, pourtant, c’est la santé du citoyen qui est mise en jeu.
Loin s’en faut, ce sont, en fait, plusieurs infractions qui ont été constatées dans la production nationale du vinaigre, telle la tromperie sur la nature du produit et la fraude sur sa composition. Les principales infractions relevées sont liées particulièrement à la tromperie sur la nature du produit, qui consiste en l’utilisation de la dénomination “vinaigre” pour un produit fabriqué à base d’acide acétique chimique dilué.
Il s’agit aussi de la fraude sur la composition du vinaigre dont la teneur en acide acétique chimique est inférieure à 50 grammes/litre, et la fraude dans la composition du condiment dont la teneur en acide acétique chimique est inférieure à ce qui est mentionné sur l’étiquetage.
En outre, il a été constaté la propagation du produit dénommé “condiment acidifiant pour wassaisonnement” sur le marché national, un produit méconnu par la majeure partie des consommateurs qui considèrent ce produit comme étant du vinaigre du fait que son mode de présentation se confond avec celui du vinaigre (forme de la bouteille, couleur du liquide…).
Cette pratique, souligne à l’APS une source de la direction du contrôle, “crée une confusion dans l’esprit du consommateur”. Ces opérations, selon la même source, se sont soldées par l’établissement de 58 procès-verbaux de poursuites judiciaires à l’encontre des contrevenants et la saisie d’une quantité de 23 701 litres de vinaigre d’une valeur de 231 392 DA. La même enquête révèle aussi que l’acide acétique chimique du produit dénommé “condiment acidifiant pour assaisonnement” est un additif alimentaire “E260” et que, par conséquent, ne doit en aucun cas être utilisé comme ingrédient principal d’une denrée alimentaire, et ce, conformément à la réglementation en vigueur.
Pourtant, le Centre algérien du contrôle de la qualité et de l’emballage (Cacqe) définit le vinaigre comme étant un liquide préparé à partir d’une matière contenant de l’amidon ou des sucres (raisin, pomme ou blé). Ces matières subissent une double fermentation, à savoir la fermentation alcoolique où les sucres sont transformés en alcool et la fermentation acétique où tout l’alcool est transformé en acide acétique naturel qui est le composant essentiel du vinaigre. “Contrairement à ce que l’on peut croire, le degré indiqué sur chaque bouteille de vinaigre ne mesure pas la proportion d’alcool contenu dans ce breuvage mais le taux d’acidité dudit vinaigre. La mention 0% d’alcool qu’on trouve parfois sur les emballages ne veut donc rien dire”, relève la même source. Selon le Cacqe, l’ajout d’acide acétique de synthèse dans le vinaigre est interdit par la réglementation. Idem pour l’utilisation exclusive d’acide acétique de synthèse, qui ne peut faire l’objet de la dénomination “vinaigre” mais de la dénomination “condiment alimentaire ou acidifiant pour assaisonnement” qui n’a rien à voir avec le vinaigre.

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