Un expert onusien l’a affirmé, hier, à Alger: « L’Algérie exploite mal son vent »

dimanche 2 octobre 2016 à 9:34
Source de l'article : Lexpressiondz.com

«Avec le potentiel que recèle l’Algérie, elle pourrait devenir un pays exportateur des hydrocarbures, mais également de l’électricité.»

«La transition énergétique en Afrique entre défis économiques et enjeu environnemental», est le thème d’un Colloque international organisé, hier, à Alger, par Maghreb Events, en présence du ministre de l’Energie et des Mines Nourredine Bouterfa et le ministre des Ressources en eau et de l’Environnement Abdelkader Ouali. Les participants ont débattu au long de la journée des perspectives d’action d’une telle transition qui s’impose comme seule alternative à la fois à la problématique de la protection de l’environnement et à la satisfaction des besoins des populations en matière d’énergie.

Les différents intervenants ont tenté d’apporter des éléments de réponse à cette fameuse thématique qui préoccupe la majorité des pays du monde, en insistant sur les moyens et les mécanismes à mettre en oeuvre pour la réussite de cette transition. Pour le ministre de l’Energie, l’Algérie a consenti de grands efforts pour assurer la transition. Pour étayer ses dires ce dernier évoquera, l’adoption, en mai 2015, du programme national de développement des énergies renouvelables et celui de la promotion de l’efficacité énergétique.

«Ces deux programmes témoignent de la volonté de l’Algérie à aller résolument vers l’énergie propre, durable et efficace. Avec l’adoption de l’objectif de 27% d’énergie électrique à la base du renouvelable à l’horizon 2030, une action soutenue en termes d’efficacité énergétique, nous exprimons une ambition à la hauteur des défis et un engagement à faire des prochaines années l’ère du développement énergétique durable.»

Selon M.Bouterfa, les pays du continent africain sont appelés a saisir cette occasion, notamment durant cette période difficile à assurer la migration vers l’exploitation des énergies renouvelables pour impulser leur développement économique et faire face aux déficits énergétiques chroniques. «Il faudra juste engager des actions concrètes et urgentes pour lancer le continent sur le chemin de la transition énergétique», a-t-il souligné.

Si le ministre de l’Energie s’est réjoui des résultats réalisés par l’Algérie dans ce domaine, Gilles Bonafi, expert au comité intergouvernemental des experts de l’Organisation des Nations unies (ONU), juge que l’Algérie n’a pas fourni de grands efforts pour la migration vers les énergies renouvelables, comme l’indique le taux très faible de l’utilisation de ces énergies dans la production de l’électricité. «Avec le potentiel que recèle l’Algérie, elle pourrait devenir un pays non seulement d’exportation des hydrocarbures, mais également de l’électricité. Actuellement, elle utilise seulement 0.03% d’énergies renouvelables dans la production de l’électricité, la diversification des ressources énergétiques qui devrait être une priorité, n’a pas bénéficié de l’intérêt des pouvoirs publics, alors que ce programme de l’exploitation des fermes éoliennes permettra à la fois de générer des ressources financières, de créer également de l’emploi et de réduire la consommation du gaz dans la production de l’électricité» a-t-il souligné.

Pour ce dernier, l’augmentation des cours du pétrole sur le marché international a fait oublier aux autorités algériennes d’investir dans l’exploitation de cette «richesse». Aussi, un groupe de travail sera installé aujourd’hui pour faire avancer ce projet de l’éolien dans la production de l’électricité.

De son côté, Paul Van Son, expert européen, est revenu dans sa communication sur«le marché des énergies renouvelables tendance et mondialisation» en mettant l’accent sur les entraves administratives qui freinent le développement de l’investissement dans le secteur des énergies renouvelables en Algérie. «Il faut mettre en oeuvre une politique de rationalisation de la consommations des énergies», et créer cette interconnexion entre les marchés et ce avec «le changement des mentalités et s’ouvrir sur les autres marchés en optant pour la mise en place des organismes indépendants».

Enfin, Issam Shehrour, professeur à l’université Lille1, science et technologie, également directeur de Sunrise-Smart City, estime que la gestion des villes joue un rôle primordial dans la réduction de la consommation des énergies. Selon ce dernier 70% de la consommation globale des énergies, est dans les villes d’où la nécessité d’investir dans la gestion des grandes agglomérations, et ce, à travers l’introduction des nouvelles technologies de l’information et de la communication qui nous permettront de géolocaliser et de rassembler les données nécessaires sur la consommation des énergies.

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