Said Ighil Ahriz sur Radio M : La production statistique en Algérie est très insuffisante

jeudi 20 octobre 2016 à 14:59
Source de l'article : Maghrebemergent.com

Pour le directeur du bureau d’études économiques Ecotechnics, l’administration algérienne « fonctionne souvent en circuit fermé » et ne juge pas utile de rendre publics les rapports qu’elle adresse au Premier ministre. Quant à la Banque d’Algérie, déplore-t-il, elle « traite en deux lignes » à l’intention du public et des professionnels des informations aussi importantes que celles portant sur les importations et les exportations de services, les IDE, etc., alors qu’elle envoie, tous les ans, une « situation très détaillée de la balance des paiements au FMI ».

« Nous ne savons presque rien du comportement et des attentes des principaux agents économiques nationaux », a déploré le directeur du bureau d’études économiques Ecotechnics, Said Ighil Ahriz, qui était mardi dernier l’invité du direct de Radio M, la web radio de Maghreb Emergent.

Pour Said Ighil Ahriz, ces lacunes de l’information statistique nationale se manifestent aussi bien au niveau « des champs couverts par la production statistique disponible qu’en matière de fiabilité, de rapidité ou de diffusion de l’information ».Les enquêtes de l’Office national des statistiques (ONS), qui sont, dans le domaine de la production, de l’emploi mais aussi des prix et de l’inflation les principaux instruments d’analyse disponibles, ne sont pas exemptes de critiques et « renseignent encore en particulier très peu sur l’activité du secteur privé ». Il mentionne dans ce domaine « une petite étude sur un échantillon d’entreprises privées dont les résultats ne sont d’ailleurs plus rendus publics au cours des dernières années ».

 

Diversifier les sources

Le directeur d’Ecotechnics plaide non seulement en faveur d’un renforcement des moyens de l’ONS dans le but d’augmenter les champs couverts par ses enquêtes, ainsi que leur périodicité, mais également pour le développement de l’activité des acteurs privés ou publics capables de produire les études et les analyses qui renseignent sur le comportement de l’ensemble des agents économiques et pourront orienter l’action des pouvoirs publics : « Nous ne savons presque rien, par exemple, sur les motivations des entreprises en matière d’investissement ni sur les attentes des entreprises potentiellement exportatrices ou encore sur le comportement d’épargne des ménage. »

 

Une information en circuit fermé

La propension de certains segments de l’administration algérienne à réduire volontairement la diffusion de l’information disponible est un des handicaps supplémentaires relevé par Said Ighil Ahriz : « L’administration fonctionne souvent en circuit fermé, on adresse couramment des rapports au Premier ministre mais on ne juge pas utile de les rendre publics. » Un autre exemple est celui de la Banque d’Algérie, qui ne livre quasiment aucune informations au public et aux professionnels algériens dans des domaines aussi importants que « les importations et les exportations de services, les IDE ou les mouvements de capitaux qu’elle traite en deux lignes, dans ses notes de conjoncture publiques, alors qu’elle envoie, tous les ans, une situation très complète et très détaillée de la balance des paiements au Fonds monétaire international ».

 

Une croissance qui résiste à la chute des revenus pétroliers

Sur le chapitre d’une conjoncture économique marquée par le début d’une troisième année de chute des revenus pétroliers, le principal constat du directeur d’Ecotechnics est plutôt rassurant. La réduction, en cours, des dépenses publiques qui s’est conjuguée depuis 18 mois à une forte réduction des importations n’a pas (encore) provoqué de baisse sensible de l’activité économique. L’indicateur qu’il juge dans ce domaine le plus significatif, la croissance hors hydrocarbure, « se maintient à des niveaux relativement élevés ». Elle se situera « autour de 4% en 2016. » après des taux de croissance de 5,7% en 2014 et 5% en 2015.

Principale explication retenue par l’expert algérien : la diminution des importations, qu’il chiffre à 5% en volume au premier semestre 2016, « a concerné surtout les biens de consommation et, dans une moindre mesure, les biens d’équipement » et « n’a pas affecté, en revanche, les approvisionnements destinés à l’appareil de production et n’a donc pas eu d’impact significatif sur la production ». Selon lui, « on a pu même assister à des gains de parts de marché en faveur des producteurs nationaux au cours de la période récente ».

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