Pour suspicions d’irrégularités de gestion et agissement douteux à Annaba et Tébessa: Enquête à la société Somiphos

Tuesday 18 July 2017 à 9:14
Source de l'article : Lexpressiondz.com

Contrats opaques, mauvaise gestion, gabegie et affaires douteuses, sont entre autres actes plaçant des responsables du principal exportateur de phosphate en Algérie, sur le banc des accusés.
Sur instruction du procureur de la République près le tribunal de Annaba, une information judiciaire vient d’être engagée, par la brigade financière et économique, relevant de la sûreté de Annaba, apprend-on de source juridique.

L’affaire a été mise à nu, selon les informations apportées par la même source, par le nouveau commissaire aux comptes de la société de développement, d’exploitation et de commercialisation des différents produits phosphatés, qui, en juin écoulé, a informé la direction générale du groupe Manal, sur les irrégularités, et, a, en parallèle, saisi le procureur près le tribunal de Annaba, avec remise d’un volumineux dossier.

Aussitôt, une enquête a été ouverte sur ce qui s’apparente vraisemblablement à un pourrissement caractérisé dans la Société des mines de phosphate, Somiphos Annaba et Tébessa, relevant du groupe Manal. Aux termes du rapport du commissaire aux comptes, après, avoir passé au crible la gestion de Somiphos Annaba et Tébessa entre 2014 et 2016, il a été conclu par: dilapidation de deniers publics, dilapidation des réserves du phosphate, contractions de marchés non conformes à la législation en vigueur et attribution d’avantages non mérités, entre autres agissements et irrégularités. Jusqu’à la mise sous presse, et selon les informations filtrées par notre source, seront convoqués, par les services en charge de l’enquête, des gestionnaires de la société au niveau de la DG, sise à Tébessa, pour être auditionnés sur les suspicions de mauvaise gestion et contraction de marchés non conformes au Code des marchés publics. Des actes qui, rien que pour ces deux volets, ont occasionné au Trésor public un important préjudice financier, notamment en matière de rentes en devises, revenus des exportations de ce produit phosphaté.

Les convoqués auront aussi à expliquer l’hétérogénéité dans les prix fixés du phosphate pour certains clients par rapport à d’autres, rémunération démesurée de l’ex-commissaire aux comptes, justifier l’écart dans les stocks du phosphate destiné à l’exportation.
Un volet dont le bilan fait état d’une différence de plus de 37.000 tonnes de phosphate, d’une valeur de près de 260 millions DA, en pure perte pour le Trésor public.

Les gestionnaires de la DG à Tébessa devront aussi apporter les précisions sur le tonnage de certaines cargaisons dépassant le tonnage contractuel à plus de 10%. Tel, qu’expliqué par notre source, le cas du contrat signé en 2014 avec le client Indagro à destination de la Grèce, dont le tonnage contractuel vacille initialement entre 5800 et 5900 tonnes de phosphate.

Mais, facturé à 70 dollars/tonne, le chargement étant de l’ordre de 6547 tonnes, donc, une différence supplémentaire de plus de 600 tonnes par rapport au contrat, estimé à 11%, représentant ainsi un manque à gagner de quelque 45 000 dollars. Ces insuffisances et bien d’autres liées, entre autres, aux écarts dans les stocks du phosphate destiné à l’exportation, ont marqué les actes douteux de 2014, dont le bilan a fait ressortir une différence de près de 37.000 tonnes de phosphate, d’une valeur de près de 260 millions de dinars. Ce type de contrats de vente, doit obligatoirement être arrêté par le comité commercial et validé par le conseil d’administration, nous explique-t-on.

Ce qui ne semble pas avoir été appliqué dans ces cas de figure, qui, selon notre source, et rien que pour un seul mois de cet exercice 2014, a fait perdre à Somiphos 61.570.000 DA, soit l’équivalent de 615 700 dollars. Pour ne citer que cet échantillon de contrats, d’autres contrats et actes douteux, aux conséquences financières lourdes sur le secteur phosphaté en Algérie, font l’objet de minutieuses investigations de la brigade financière et économique de Annaba, pour situer le niveau de responsabilité de chacun des gestionnaires.
Par ailleurs, il est à rappeler que la Société des mines de phosphates (Somiphos) Annaba et Tébessa, n’est pas à son premier scandale.
En 2014 d’ex-responsables de Somiphos, impliqués dans une affaire similaire, ont été condamnés à la prison ferme.

L’affaire remonte à 2011, lorsque des responsables de cette société ont occasionné au groupe Manal, une perte de 2 millions de dollars. Un montant versé à des clients, contre 25 jours de retard, pour le chargement du phosphate.
Les clients avaient été, rappelons-le, contactés pour charger leur cargaison de phosphate, alors que le produit n’était pas disponible au niveau des dépôts portuaires de Annaba, au motif de la grève observée par les travailleurs, en cette période. N’ayant pas informé les clients, 25 cargos sont restés 25 jours durant en attente de leur chargement, et étaient contraints de repartir vides. Ces actes malveillants, et autres, perpétrés par ces ex-responsables, avaient à l’époque occasionné de fortes pertes pour l’économie nationale.

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