Les experts sont affirmatifs: L’Algérie n’a que 12 ans de délai pour changer de modèle énergétique»

dimanche 2 octobre 2016 à 12:05
Source de l'article : Lesoirdalgerie.com

Le colloque international qui s’est tenu hier à Alger sous la thématique «la transition énergétique en Afrique, entre défis économiques et enjeux environnementaux», a conclu que le passage aux énergies renouvelables (ER) est impératif.

L’allocution d’ouverture de ce colloque, prononcée par le ministre de l’Energie, Noureddine Bouterfa, a semblé, en théorie, imprégnée d’une certaine prise de conscience par le gouvernement du caractère inévitable de cette transition. «La résistance à ce changement est vaine», a-t-il déclaré, en ajoutant que cette conférence constitue «une continuité à la réflexion engagée au dernier Forum international de l’énergie sur la nécessité d’une transition énergétique de nature cyclique». Considérant la chute du baril comme «une opportunité» à accélérer ce processus, le ministre a indiqué que la dynamisation de cette transition repose sur «une facilité d’accès à l’énergie» qui est à l’origine de toute croissance économique.

Dès lors, l’exploitation de l’énergie solaire est la solution évidente de par le potentiel du Sahara en la matière. Surtout que l’Algérie s’est engagée lors de la COP 21 à réduire ses gaz à effet de serre de 7% et que le gouvernement s’est prononcé à l’occasion du dernier Conseil ministériel sur la production de 27% de l’énergie sur la base des ER à l’horizon 2030.

Il n’y a pas de plan B …
L’Algérie est inévitablement tenue de réussir sa transition énergétique «en l’espace de 12 ans seulement», a indiqué le professeur Gilles Bonafi, membre du Comité intergouvernemental des experts (ONU), sur la base d’un calcul mathématique des réserves algériennes. Selon lui, «il faut se méfier des théories et des experts énergétiques et ne s’en tenir qu’aux faits actuels». L’avantage comparatif incontestable de l’Algérie n’est pas les hydrocarbures mais le solaire avec un potentiel de 1 700 kwh/m²/an ; rajoutant à cela ses importants gisements de gaz naturel. Il n’y a pas de plan B, le gaz naturel et le solaire sont le parfait mix énergétique pour la consommation nationale et l’exportation, surtout qu’il est propre et renouvelable, a-t-il apprécié.

Additionné à la position géographique du pays, «l’Algérie peut certainement assurer son avenir énergétique grâce à ces atouts», a précisé l’expert. Puisque l’UE, dit-il, sera contrainte d’importer 80% de ses besoins en gaz naturel d’ici 2030 et au regard de sa proximité avec l’Algérie étant déjà son partenaire, l’équation est vite faite. Toutefois, au-delà du secteur de l’énergie solaire qu’il doit encadrer et développer, le gouvernement fait face à d’autres défis ; à savoir les économies d’échelles à réaliser et la réduction du gaspillage en gaz et en électricité qui est estimé à plus de 18% du total de l’énergie déployée. Et ce, en plus du développement de l’économie du savoir et de la chaîne de valeur ainsi que la création de 3,2 millions de postes d’emploi d’ici 2020, soit dans un délai de trois ans. Or, l’économie algérienne hors hydrocarbures ne vaut que 363 millions de dollars, un chiffre insignifiant, voire indécent à l’échelle d’un Etat.

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