L’économiste Abdelhak Lamiri le déplore Une «simulation financière» à défaut d’une stratégie globale

mercredi 30 novembre 2016 à 14:14
Source de l'article : Lesoirdalgerie.com

La loi de finances 2017 suscite de nombreuses polémiques et d’innombrables questionnements sur l’existence ou l’absence d’une véritable vision du gouvernement.

Naouel Boukir – Alger (Le Soir) – L’économiste Abdelhak Lamiri déplore la réalisation d’une «simulation financière» à défaut d’une stratégie globale à long terme. Et ce, même si, précise-t-il, cette LF 2017 incorpore «un peu plus de visibilité que les précédentes puisqu’elle n’est pas établie sur une année et comprend des prévisions jusqu’à 2019».

Toutefois, on ne peut parler de prospectives économiques sur le moyen et long terme car «pour aspirer à être un pays émergent et à avoir une croissance à deux chiffres, il faudrait mettre en place des projections jusqu’à 2030, voire 2040». Mais avons-nous les moyens de les réaliser aujourd’hui ? Selon A. Lamiri, «on n’est pas assez structurés pour que cela se fasse, surtout qu’on n’a pas les outils nécessaires comme les bases de données et les simulations». Il regrette à ce propos que «l’Etat ait investi des centaines de milliards de dinars dans les structures depuis les années 2000 en négligeant totalement l’industrie du savoir».

Dans ce sens, il a rappelé lors de son passage à la Chaîne 3 que «la planification à long terme et l’économie de la connaissance ont fait de la Chine une puissance mondiale aujourd’hui alors qu’elle n’était qu’un pauvre pays de paysannerie».

D’ailleurs, «la création d’une cellule de planification stratégique au premier ministère est indispensable pour disposer d’indicateurs économiques fiables», a-t-il indiqué. Une stratégie d’émergence ne doit pas exclure l’appui fondamental de l’administration et des institutions non économiques. La gouvernance de ces dernières doit précisément être modernisée pour évoluer vers «une optique de gestion managériale afin de pouvoir sortir de la crise actuelle», a ajouté l’économiste.

«Le pessimisme ambiant qui se répand aujourd’hui est une prophétie qui s’autoréalise, or une stratégie globale à long terme pourra éclaircir les horizons et donner plus de courage aux algériens pour avancer et dépasser cette crise», a expliqué A. Lamiri. En ajoutant que «les décisions prises dernièrement par le gouvernement vont nous épargner de graves dérives» mais l’absence d’une vision structurée ou d’un plan d’urgence de sortie de crise entrave incontestablement l’avènement d’un véritable rebond économico-social.

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