Le seuil du solde minimum obligatoire du FRR abandonné : Les experts expliquent une suppression tacite du Fonds souverain

dimanche 23 octobre 2016 à 11:03
Source de l'article : Lesoirdalgerie.com

Le projet de loi de finances (PLF) 2017 prévoit l’abandon du seuil du solde minimum obligatoire du Fonds de régulation des recettes (FRR) fixé initialement à 740 millions de DA. Cette mesure jugée «irrationnelle» émane d’un gouvernement se trouvant dans l’impasse d’une crise financière aiguë.
Naouel Boukir – Alger (Le Soir)
– Le renoncement au seuil du solde minimum obligatoire du Fonds de régulation des recettes est «une suppression tacite du FRR». C’est ainsi qu’il faut décrypter cette disposition, a clairement signifié l’économiste Mohamed Achir, «une suppression qui ne dit pas son nom».
L’abandon du seuil du solde minimum obligatoire déclenche le compte à rebours pour l’extinction du FRR. A rappeler qu’à fin 2015, celui-ci ne disposait que de 2 072,5 milliards de DA, soit une chute de 120% comparativement à 2014 (4 408,5 milliards de DA). Les évaluations tablent sur 1 042 milliards de DA pour fin 2016 puisque c’est le FRR, entre autres, qui couvre les déficits budgétaires. Conséquemment, cette mesure que prévoit le PLF 2017 donne libre cours à l’épuisement dans le Fonds jusqu’à son exténuation qui ne saura tarder.
En effet, avec un prix du baril fixé à 50 dollars dans le PLF 2017, le FRR ne pourra être réalimenté. Puisque «nous avons besoin d’un prix du baril à 80 dollars pour que cela se fasse», a précisé le professeur. Alors que les experts en hydrocarbures tablent sur un rebond qui ne dépassera pas les 60 dollars pour les prochaines années.
Il est vrai que les alternatives de financement qui s’offrent au gouvernement face à cette crise financière sont assez restreintes. Une conséquence naturellement issue du dogme de la mono-exportation.
Toutefois, ce sont des décisions plus judicieuses qui ont été attendues de ce PLF 2017 afin de s’immuniser contre des lendemains incertains. «Nous nous attendions à une constitutionnalisation de ce Fonds souverain afin qu’il constitue définitivement une garantie pour les générations futures», a indiqué M. Achir, mais visiblement c’est «tout à fait l’inverse qui a été engagé». Dès lors, on ne peut qualifier ce type de politique de «gestion financière rigoureuse mais de gestion d’urgence», a-t-il a ajouté. Il s’agit de mesures de rafistolage, de bouche-trous ou de dispositions «à très court terme». En bref, une gestion au jour le jour, sans une véritable vision ou stratégie de gestion de crise.
Si le budget dédié à l’équipement a été réduit de 28%, celui lié à la Fonction publique n’a pas été tellement révisé. L’Etat ne veut-il pas réduire le train de vie des fonctionnaires publics ou est-ce que la raison est tout à fait à l’opposé de celle-ci ? L’économiste explique que même si la Fonction publique représente «un lourd fardeau pour le budget de l’Etat», soit plus de 35% de son PIB, le contexte politico-social actuel «n’arrange pas le gouvernement pour envisager sa réduction». Le rétrécissement des salaires ou encore leur gel à la veille des élections législatives n’est certainement pas favorable pour ce dernier.

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