Jean Feminier, pdg de henkel Algérie: “Nous voulons des projets adaptés à la demande algérienne”.

samedi 26 novembre 2016 à 11:45
Source de l'article : Liberte-algerie.com

Jean Feminier est le président-directeur général (PDG) de Henkel Algérie depuis une année. Diplomé du HEC Paris, mais aussi de l’Université des finances de New York, Jean Feminier a passé 28 ans à sillonner le monde, occupant plusieurs postes dans le domaine du commerce et des finances, à l’extérieur de son pays d’origine, la France. Après un passage qui aura duré huit ans en Chine, dans le secteur de l’agroalimentaire, il fait connaissance avec l’Algérie en 2007. Il a travaillé successivement pour Hamoud Boualem et Jumbo. Jean Feminier qui sert aujourd’hui chez Henkel avoue beaucoup apprécier son aventure professionnelle en Algérie. Dans un entretien accordé a Liberté, il revient sur les raisons de la cession de l’usine Henkel de Aïn Témouchent, et explique les ambitions locales de son entreprise.

Henkel Algérie vient de céder son usine de Aïn Témouchent au consortium d’investisseurs SM2I, dont sont actionnaires Réda Hamiani et Metidj. Pouvez-vous nous dire les raisons de cette session ?

La raison est que nous envisageons de capitaliser sur nos fondations. Henkel est arrivé il y a seize ans en Algérie et ça a toujours été un grand succès. Et nous avons vu ce que sont devenues des marques comme Isis, le Chat ou Pril. Dans le cadre du développement de nos affaires, nous avons trouvé des investisseurs capables non seulement de devenir nos fournisseurs en matières premières, mais créer aussi d’autres activités que notre entreprise ne peut pas développer.

C’est dans ce cadre qu’intervient donc la cession de l’usine de Aïn Témouchent. Une cession qui nous permettra, entre autres, de nous concentrer dans l’innovation et le développement du produit que nous proposons au marché algérien. Henkel veut ainsi aller vers des projets adaptés à la demande algérienne, et donc améliorer le produit déjà existant.

Certains ont interprété cette cession comme un retrait graduel de Henkel de l’Algérie.
Je dois d’abord préciser qu’en plus des 20 millions d’euros que nous avons investis dans l’unité de Reghaïa pour améliorer l’outil de production, nous avons placé six autres millions d’euros dans l’usine de Aïn Témouchent. Un investissement que nous avons notamment réservé à l’apprentissage, la sécurité et la performance. Et vous avez dû remarquer que nous avons tenu à ce que les nouveaux acquéreurs maintiennent et préservent les 160 emplois, au même salaire et aux mêmes avantages. Ce qui, en somme, démontre la responsabilité et la citoyenneté de Henkel en Algérie. Chaque Algérien consomme une bouteille de Pril par an. Ce qui revient à une bouteille, chaque mois, par foyer. C’est énorme. Henkel n’a pas donc l’intention de se retirer du marché algérien. Les opportunités sont favorables. Aussi, nous pensons que l’Algérie est un pays sûr et stable, ce qui nous permettra d’aller plus loin dans nos investissements.

Vous affirmez que Henkel compte durer en Algérie, avez-vous d’autres projets d’investissement à l’horizon ?
Oui, nous comptons en effet des projets d’investissement à l’avenir. Et nous préférons les communiquer à temps, c’est-à-dire lorsqu’ils seront totalement maturés. Cependant, il faut savoir qu’entre-temps, nous investissons beaucoup dans la formation. La preuve, en 2014, nous avons lancé un programme qui s’appelle “Graduate Development Program” et qui est spécifiquement appliqué en Algérie. Le programme consiste à repérer de jeunes talents dans les universités, les recruter, les former et leur donner, très tôt, des responsabilités pour les inciter à progresser assez vite et devenir des managers d’entreprise. Les compétences chez Henkel Algéri,e nous n’allons pas les chercher en Allemagne ou ailleurs à l’étranger. À fin octobre 2016, nous comptons 940 employés. Sur les 940, je suis le seul immigré. Tous les autres sont algériens. Regardez les multinationales présentes en Algérie, qui ont autant de personnel et un pareil chiffre d’affaires si elles comptent autant de personnel local. Dans le cadre du Graduate Development Program, nous avons recruté une trentaine de jeunes talents ces trois dernières années. Je citerai l’exemple de Feriel, cette jeune fille de 24 ans et que nous avons recrutée il y a à peine une année et demie. Très vite, elle a progressé et nous avons dû créer pour elle un poste : coordinatrice de projets. Elle travaille maintenant directement avec moi dans le développement des projets. Elle gère d’ailleurs beaucoup de projets et je peux vous dire qu’elle est débordée. Mais pour elle, c’est une grande opportunité et je pense qu’elle est promise à un avenir brillant. Il y a aussi cet autre jeune talent, Lotfi. Au bout d’une année, il a pris le contrôle de la gestion à Henkel Algérie. Au bout de sa deuxième année, il a été promu. Il est actuellement en poste à l’étranger, et il gère toute la logistique de l’Europe de l’est. Vous me diriez pourquoi tout cela ? Et bien parce que nous croyons en l’Algérie.

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