Il demande à la Russie de réduire sa production de 600 000 b/j: Bouterfa ajuste le tir

mardi 29 novembre 2016 à 11:34
Source de l'article : Lexpressiondz.com

Après avoir proposé à l’Opep de baisser sa production de 1,1 million de barils par jour, le ministre de l’Energie s’est rendu hier à Moscou pour convaincre les Russes de participer à la réduction de l’offre mondiale.

Les dés sont jetés. Plus que vingt-quatre heures pour que l’accord historique d’Alger conclu le 28 septembre en marge du 15ème Forum international de l’Energie ne se transforme en coup de tonnerre. En secousse d’une magnitude qui provoquerait l’onde de choc dont a besoin le marché pétrolier pour à nouveau faire décoller les prix. En principe, le dispositif est déjà en place. Après avoir proposé à l’Opep de baisser sa production de 1,1 million de barils par jour, le ministre de l’Energie s’est rendu hier à Moscou pour convaincre les Russes à participer à la réduction de l’offre mondiale.

Il demande à la Russie de réduire sa production de 600.000 b/j. «Le gouvernement algérien a proposé une baisse de la production totale de l’Opep de 1,1 million de barils par jour», avait déclaré le ministre algérien de l’Energie à l’issue de ses discussions, samedi à Téhéran, avec son homologue iranien, Bijan Zanganeh. «M.Bouterfa a également proposé que les pays producteurs non membres de l’Opep baissent leur production de 600.000 barils/jour», avait indiqué, le 27 novembre, l’agence Shana du ministère iranien du Pétrole. Une réduction totale qui constituerait un événement, un record qui ne s’est plus produit depuis près de huit ans. Et comme par hasard l’Algérie était encore à la manoeuvre. Le 17 décembre 2008, l’Opep qui tenait son sommet extraordinaire à Oran, capitale de l’Ouest algérien, annonçait une réduction de sa production de 2,2 millions de barils par jour, après avoir procédé à deux précédentes baisses. 500.000 b/j en septembre et 1,5 million de barils jours en octobre. Soit une baisse record de 4,2 millions de b/j en quatre mois. Un esprit qui n’habite plus le cartel qui a fait étalage de dissensions que paient cash ses membres, dont l’Algérie qui a vu ses recettes pétrolières fondre comme neige au soleil.

L’Algérie ne rechigne devant rien pour ranimer cette flamme qui animait l’organisation. L’arme redoutable de la baisse de sa production était crainte. Dès qu’elle est actionnée elle provoque une hausse des prix du baril qui atteignent des sommets. Ce fut le cas en 2008 après être tombés à moins de 34 dollars en décembre de cette année, les cours de l’or noir ont rebondi pour trôner au-dessus des 100 dollars jusqu’en juin 2014 où ils ont commencé leur descente en enfer pour nicher sous la barre des 50 dollars. Hier, vers 11h00 à Alger, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier valait 47,24 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, restant au même niveau que celui de vendredi. A New York par contre, les choses semblaient se présenter nettement mieux. Aux environs de 14h00, heure algérienne, le prix du baril de light sweet crude (WTI), référence américaine du brut, gagnait un dollar à 47,06 dollars sur le contrat pour livraison en janvier au New York Mercantile Exchange (Nymex). Est-ce le signal du déclic? Les analystes ne sont pas catégoriques, mais ils y décèlent tout de même des signaux qui ne devraient pas contrarier l’accord d’Alger que porte à bout de bras Nourredine Bouterfa.

Le ministre de l’Energie joue son va-tout et met toutes ses forces dans la bataille pour gagner cette guerre des prix qui ne dit pas son nom. Que disent les différents scénarios? «Les cours se maintiendraient à leur niveau si l’Opep décidait d’un gel, qu’ils bondiraient à plus de 50 dollars le baril si une baisse de production d’environ un million de barils par jour (bj) était décidée, mais qu’ils chuteraient sous les 40 dollars en cas d’absence totale d’accord», estime James Williams, de Wtrg Economics. «Un gel même pourrait apparaître comme une déception, puisque l’Opep produit actuellement 700.000 b/j de plus que nécessaire», préviennent les experts du second groupe bancaire allemand, Commerzbank. Le suspense est à son comble. Il durera encore aujourd’hui. Pendant ce temps-là, Nourredine Bouterfa aura eu le temps d’ajuster le tir…

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