Il crie au complot pour expliquer la pénurie du lait: La fable de ChelghAm

lundi 14 novembre 2016 à 10:36
Source de l'article : Lexpressiondz.com

Abdesslam Chelgham ne parle ni de sanction ni de mesure, se contentant de dénoncer la chose comme un simple citoyen. Ahurissant…

On s’attendait à des révélations fracassantes sur la grave crise du lait. On s’attendait à ce que des têtes tombent, des lobbies soient démasqués, la mafia du lait démantelée…Rien de tout cela! Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdesslam Chelgham, qui a attendu que les journalistes l’interpellent pour réagir à cette pénible pénurie, n’a pas trouvé mieux que de sortir la théorie du complot! Ahurissant…On se croirait dans un vieux navet des années 1970 avec pour scénario une machination internationale visant à plonger le pays dans le «chaos» grâce à notre bon vieux sachet de lait. En effet, Chelgham accuse certaines laiteries du pays de «fomenter» un coup d’Etat contre sa personne du fait que ce ministre pratiquement inconnu du grand public est en train de bousculer leurs intérêts avec une enquête sur le détournement de la poudre de lait. «Je suis formel: dans les conditions actuelles, il ne peut pas y avoir de pénurie de lait et si celle-ci venait à se manifester, cela voudrait dire qu’elle est organisée», a-t-il soutenu dans une plaidoirie pleine de contradictions.

Ainsi, au lieu d’avoir une attitude responsable qui prend les devants et précède les crises, d’autant que le produit concerné par la pénurie est stratégique, ce commis de l’Etat se contente seulement d’accuser comme le ferait un simple citoyen. La logique aurait voulu qu’il sache exactement comment fonctionne la filière, qu’il agisse en conséquence avant que la «tasse ne déborde», mais au lieu de cela, il évite d’évoquer des sanctions et encore moins de préconiser des mesures pour contrer «le complot» et au passage arrêter «les industriels véreux» qui, d’après ses dires, se sucrent sur le dos des subventions de l’Etat au risque de plonger le pays dans une grave crise sociale. A plus forte raison, si l’on suit la logique du ministre, on est devant un cas de crime d’Etat dont les auteurs sont passibles d’emprisonnement!

Mais loin de prendre le chemin d’un traitement judiciaire ou administratif, cette crise a noyé le ministre de l’Agriculture dans un verre de…lait. Sinon, comment expliquer cette incrédulité? Comment des producteurs peuvent défier l’Etat à ce point et engendrer une crise nationale? Car, il ne faut pas sortir de Saint-Cyr pour pouvoir tracer l’itinéraire de la poudre de lait, et vérifier si détournement il y a eu!

Il suffit juste de contrôler. Il se peut qu’il y ait certains qui puissent passer entre les mailles du filet, mais ils finiront pas être rattrapés.

La fable du complot exhibée par Chelgham pour expliquer l’incapacité d’agir de son département ne tient pas vraiment la route. Et pour cause, une enquête a déjà été diligentée, il y a quelques années et a conclu au fait que ladite fraude n’était pratiquée que par une minorité de laiteries. Si depuis le temps cette pratique n’a pas cessé et s’est même généralisée, la donne est encore plus grave! Cela voudrait dire que tout ministre qu’il est, Chelgham n’a rien vu venir, alors que l’usage aurait voulu qu’il se tienne au courant des tenants et aboutissants de la filière lait, vu son caractère stratégique.

En réalité, la pénurie qui sévit actuellement sur le marché n’est pas liée à un complot comme il veut le faire admettre ou au pouvoir d’achat de l’Etat. Ces crises sont chroniques. Mais on aura constaté que la prise en charge par ses prédécesseurs était rapide et efficace. Il n’était pas question de complot ou autre. A chaque crise sa raison et celle -ci était traitée en temps et en heure. Or, en ce qui concerne la pénurie de cet automne 2016, elle dure depuis assez longtemps pour qu’on se donne le droit de douter de l’efficacité de la gouvernance au sommet du ministère de l’Agriculture.

L’Algérie a les moyens d’offrir du lait à tous les citoyens quel que soit son prix sur le marché international. C’est un engagement du président Bouteflika. Le vrai problème est dans la clairvoyance et l’anticipation. Le ministère de l’Agriculture ne semble pas avoir une vision assez claire pour prévoir à l’avance, pour se retrouver au final, prisonnier d’éléments exogènes qu’il ne peut pas contrôler. Il se cherche alors de fausses excuses, pendant qu’en 2016 les citoyens se «battent» pour un sachet de lait. Cette crise en est la meilleure preuve. Nous sommes là devant une terrible «confession» d’incompétence de gestion…

La facture d’importation du lait en baisse de près de 30%
La facture d’importation du lait a reculé à 618,88 millions de dollars durant les neuf premiers mois de 2016, contre 880,88 millions de dollars à la même période de 2015, soit une baisse de 29,74%, a-t-on appris auprès des services des douanes. De janvier à septembre, les quantités importées de ce produit (lait en poudre, crèmes de lait et matières grasses laitières utilisées comme intrants) ont également reculé, pour s’établir à 262.792 tonnes contre 301.432 tonnes, soit une réduction de près de 13% entre les deux périodes de comparaison, indiquent les chiffres du Centre national de l’informatique et des statistiques des douanes (Cnis). Outre la baisse des quantités importées, la facture a reculé également, en raison de la chute des prix à l’importation par l’Algérie de cette denrée alimentaire.

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