Crise pétrolière et politique d’austérité: Le temps des emprunts

dimanche 6 novembre 2016 à 9:39
Source de l'article : Lexpressiondz.com

Comme tous les autres pays exportateurs pétroliers, le Koweït est entré en période d’austérité et, comme l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, il a libéralisé les prix du diesel et du kérosène et augmenté celui de l’essence. L’expérience algérienne n’est donc pas si différente.

Malgré une véritable dégringolade des prix du baril qui joue au yo-yo entre 45 et 50 dollars depuis une année, l’Algérie a réussi à supporter le choc pétrolier grâce au Fonds de régulation des recettes, d’une part, et à une politique d’austérité appliquée à dose homéopathique, d’autre part. Le gouvernement n’a eu de cesse de rassurer sur la stratégie intangible de soutien des produits de première nécessité, tout en réfléchissant de plus en plus clairement à une nouvelle approche de la solidarité avec les catégories démunies de la population.

Les efforts engagés depuis plusieurs années déjà dans les domaines de l’habitat et de la santé, pour ne citer que ces deux secteurs, ont été poursuivis car ils constituent les domaines principaux où se manifeste cette doctrine de la solidarité nationale, ainsi d’ailleurs que l’éducation.

Un exercice des plus difficiles, eu égard à la conjoncture particulière que traversent tous les pays producteurs. On connaît la situation des pays comme le Venezuela ou le Nigeria. D’autres sont logés à la même enseigne, même si on n’entend pas parler d’eux. Le Gabon, l’Angola éprouvent de sérieuses difficultés.

Ce n’est donc pas une surprise si le Koweït a annoncé hier son intention de lancer une émission obligataire sur le marché international pour financer son déficit budgétaire engendré par la baisse des prix du pétrole, l’information ayant été divulguée par un journal koweïtien.

C’est le ministre des Finances, Anas al-Saleh, qui a signé un arrêté selon lequel le Koweït va émettre des obligations souveraines libellées en dollars américains pouvant atteindre 2,9 milliards de dinars durant l’exercice 2016/2017 qui s’achève le 31 mars, a ainsi révélé le quotidien Al-Qabas. Ce sera la première dette extérieure que le Koweït va contracter en l’espace de deux décennies et elle viendra s’ajouter à une autre dette de 6,6 milliards de dollars effectuée sur le marché local.

Ce faisant, le Koweït aura ni plus ni moins, emboîté le pas à d’autres pays du Golfe (Arabie saoudite, Qatar, Oman et Emirats arabes unis), qui ont déjà procédé à l’emprunt de dizaines de milliards de dollars sur le marché international, entre autres par le biais des émissions d’obligations ou par des prêts syndiqués, pour pouvoir combler leurs déficits budgétaires.

Le Koweït avait enregistré en 2015/2016 un déficit budgétaire de 4,6 milliards de dinars (15,2 milliards de dollars), le premier après 16 ans de confortables excédents et la chute des prix du pétrole, de l’ordre de 60%, ont érodé sérieusement les recettes qui constituent 95% des revenus de l’Emirat. Avec une population de 4,3 millions d’habitants dont trois millions d’étrangers, le pays estime qu’il devra faire face durant l’exercice actuel à un déficit de 29 milliards de dollars. Pourtant, la côte d’alerte n’est pas à l’ordre du jour puisque le fonds souverain KIA (Kuwait Investment Authority) a accumulé grâce aux 16 années d’excédents un capital appréciable de 600 milliards de dollars, massivement investis aux Etats-Unis, en Europe et en Asie.

Comme tous les autres pays exportateurs pétroliers, le Koweït est entré en période d’austérité et, à l’instar de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, notamment, il a libéralisé les prix du diesel et du kérosène et augmenté celui de l’essence.

Tout cela pour dire que l’expérience algérienne n’est pas plus différente que celle des autres pays de l’Opep. Si la rencontre d’Alger a pu susciter une lueur d’espoir quant à une éventuelle embellie du marché, les derniers signes poussent plutôt à une gestion encore plus prudente de la crise. Car il n’est pas dit que la confrontation entre l’Iran et l’Arabie saoudite qui a menacé, pas plus tard qu’hier, d’inonder davantage le marché pour contraindre son rival dans la région moyen-orientale ne risque pas à tout moment de déclencher une terrible tempête sur l’ensemble des marchés européens, américains et asiatiques. Auquel cas, la sagesse recommande d’anticiper les risques potentiels qui s’annoncent comme autant de nuages lourds…

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