Conséquence d’un budget établi sur la base d’un baril de pétrole à 50 dollars: Vers la disparition du FRR ?

jeudi 6 octobre 2016 à 15:35
Source de l'article : Liberte-algerie.com

Avec un projet de budget établi dans la loi de finances 2017 sur la base d’un cours du baril de pétrole de référence à 50 dollars, un prix lié aux pronostics des marchés pétroliers mondiaux, l’on s’interroge sur le sort qui sera réservé au Fonds de régulation des recettes (FRR).

Les prévisions annoncent d’ores et déjà l’épuisement de son contenu dès l’année 2017. La contrainte liée au seuil minimum de 740 milliards de dinars sera désormais levée conformément à une disposition de la loi de finances. Le Fonds sera, de ce fait, épongé, tel que le souligne l’économiste Cherif Belmihoub.

Lorsque les prix du pétrole s’affichaient autour de 100 dollars le baril, faut-il le rappeler, la différence des recettes fiscales entre le prix réel du baril et le prix de référence, fixé à 37 dollars, était versée au FRR. Or, avec la chute drastique des cours du Brent, le gouvernement a décidé d’aligner le prix de référence du brut sur celui du marché pour calculer ses recettes budgétaires.

Au lieu de puiser du Fonds, explique M. Belmihoub, on va utiliser maintenant directement les recettes issues de la fiscalité pétrolière. “C’est un jeu stérile”, commente-t-il. En termes plus clairs, les recettes fiscales qui seront engrangées, financeront de manière directe le budget de l’État quand bien même le baril serait supérieur à 50 dollars. Le professeur estime, toutefois, que 50 dollars comme prix de référence “reste insuffisant pour couvrir toutes les dépenses de l’État”.

Pour le Pr Belkacem Boukhrouf, le nouveau prix de référence est “dans l’absolu une bonne chose” car il permet un retour à la réalité des prix. Mais il est “imprudent”, de la part du gouvernement, de relever le niveau de ce prix de référence de 37 à 50 dollars, remarque-t-il. C’est un “risque élevé pris par l’Exécutif d’autant plus que les cours de l’or noir demeurent volatiles sur les marchés internationaux”. Cela étant, cette décision, affirme l’universitaire, montrera les “capacités de budgétisation réelles de l’État”. L’impact d’une telle mesure est, selon un autre expert, M. Damou, la disparition du FRR. “L’on doit imaginer ainsi l’avenir du pays sans ce Fonds”, indique-t-il. L’Algérie va, par conséquent, fonctionner “sans ce parachute”, ironise cet économiste. Pour le prochain exercice, l’Exécutif ne table sur aucune plus-value qui sera destinée au FRR. L’économie nationale évoluera ainsi suivant un autre modèle. “Les méthodes de fonctionnement utilisées jusque-là sur le plan économique doivent être, par voie de conséquence, revues de fond en comble”, avoue-t-il.

Le souci qu’évoque M. Damou est la réduction du budget d’équipement de 28% avec ses effets éventuels sur les projets et, par ricochet, sur les postes d’emplois. À court terme, les conséquences de cette nouvelle référence seront minimes puisque les projets n’ont pas encore démarré. “Néanmoins, ce qui est prévu dans le budget d’équipement doit être réservé essentiellement aux entreprises nationales, publiques et privées, parce qu’on ne doit compter pour le futur que sur celles-ci”, précise cet économiste.

Avec de telles prévisions, on doit dire que l’ère de la rationalité a bel et bien commencé en Algérie. Reste à savoir si le gouvernement arrivera à concrétiser d’ici à 2019, ses objectifs de rationaliser et de plafonner les dépenses au même niveau que celles de 2015, soit à 7 000 milliards de dinars. La hausse annuelle d’au moins 11% du produit de la fiscalité ordinaire, attendue pour le prochain exercice, lui servira-t-elle de soubassement à sa nouvelle politique économique ?

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