Bordj-Bou-Arréridj: Le marché de l’or sur une poudrière, cherche détonateur

mercredi 5 octobre 2016 à 14:34
Source de l'article : Lesoirdalgerie.com

Selon certains bijoutiers de la wilaya de Bordj-Bou-Arréridj, 90% de l’or qui circule en Algérie sont entachés de faux, de corruption, et sans certification de la qualité du métal jaune.

n effet, le secteur de l’or est très lucratif, les barons de cette activité sont les centaines d’ateliers qui achètent de l’or cassé chez les bijoutiers, et chez des particuliers, pour le recycler et en faire plus de 25 tonnes d’or cassé.

Au final, cet or est transformé en produit fini, d’une valeur de 120 milliards de dinars, soit un milliard 100 millions d’euros. Cette coquette somme se trouve dans les poches des 3 500 propriétaires d’ateliers de fabrication de bijoux et des centaines de bijoutiers indélicats chargés d’ écouler les produits aurifères sur le territoire national et qui se sucrent grassement au passage.

Le hic est que ce métal jaune destiné au marché national est loin de répondre aux normes de 18 carats. Les tests (touchau) pour évaluer le titrage du bijou, ainsi que l’opération de coupellation, ont demontré que l’or en question est de 14, 15, 16, et parfois 17 carats mais jamais de 18 carats. Cette activité délictuelle dure depuis plus de 15 ans, ce qui a engendré un véritable séisme à l’économie nationale.

A ce titre, plus de 2 250 milliards de dinars, plus de 110 milliards d’euros, qui représentent 375 tonnes d’or mis sur le marché sans contrôle, échappent à l’impôt.

Ces scandales révèlent l’impunité dont bénéficient les fraudeurs, impunité qui s’explique par l’ampleur de la fraude et par la complicité de l’administration des impôts, et autres services de sécurité, dans sa solidarité corruptrice.

S’ajoute à cette saignée de l’économie nationale, l’importation de l’or en bijoux de Dubaï, d’Italie, et de Turquie, de plusieurs centaines de millions d’euros chaque année dont le produit mis sur le marché est de 20%.

Les 80% disparaissent comme par enchantement. En fait, une grande partie est reexportée en contrebande par la mafia de l’or aux Emirats arabes unis pour y être déposée dans les établissements financiers, ou d’autres institutions discrètes sous une identité d’emprunt grâce à d’habiles montages dont seules les banques ont le secret doré.

Cette accumulation de placement de l’or qui a été detourné d’Algérie vers les pays tels que : Dubaï, Panama,Tunisie, Maroc etc. découle du blanchiment d’argent de la corruption, et des profits non déclarés à l’administration des impôts. A ce titre, si cette organisation criminelle est arrivée à déjouer les contrôles de l’Etat, c’est que fatalement elle a dû user de complicité en haut lieu. Qui sont-ils ? La question demeure un suspense hitchcockien.
Layachi Salah-Eddine

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