Augmentation annoncée du prix de l’essence: Les propriétaires de stations-service menacent

jeudi 10 novembre 2016 à 8:48
Source de l'article : Lexpressiondz.com

Après leur annonce dans la loi de finances 2017, les augmentations décidées risquent d’avoir de lourdes conséquences sur plusieurs secteurs à l’est du pays.

Déjà mal perçue, la première augmentation de 2016 du prix de l’essence, a fait des mécontents chez les gérants des stations-service. Celle décidée pour l’année 2017 vient de susciter la grogne des propriétaires de ces stations, qui menacent d’engager une grève illimitée pour dénoncer cette augmentation, qualifiée d’insensée, au vu de la chute de leur marge bénéficiaire, occasionnée par l’impact des dispositions de la loi de finances 2016.
Ainsi, appréhendant cette nouvelle augmentation, des dizaines de propriétaires des stations d’essence, mettant en garde contre une nouvelle hausse des prix des carburants, semblent s’être donné le mot d’ordre, pour engager, le 1er Janvier 2017, une grève illimitée, en guise de contestation contre la décision de l’augmentation des prix des carburants, retenue dans la loi de finances 2017. Ainsi, le spectre n’est pas celui de la menace de voir toutes les stations d’essence paralysées, c’est plutôt, de voir les conducteurs de tous moyens de transport confondus pénalisés par l’impact de cette grève qui se dessine de plus en plus à l’horizon.
L’impact redouté aura certainement des retombées sur plusieurs institutions, scolaires, administratives et sanitaires entre autres. Il faut dire que depuis l’application de l’augmentation des prix des carburants l’année dernière, la demande a nettement baissé depuis.

Les automobilistes ont réduit leur approvisionnement en cette matière à hauteur de 50%. Une réduction qui a eu un effet sur les marges bénéficiaires de la majorité des stations d’essence. Autre facteur de cette situation, la diminution de la contrebande du carburant, après le resserrement de l’étau, par des services de sécurité autour des réseaux de contrebandiers du carburant, notamment au niveau des régions frontalières, El Tarf, Tébessa et Souk Ahras, notamment. Ces raisons et bien d’autres encore, sont à l’origine d’une situation, qualifiée par plus d’un, d’insoutenable.
La mise en application des augmentations décidées dans la nouvelle loi de finances 2017, a déjà commencé à faire parler d’elle, notamment au sein des couches sociales moyennes, dont le pouvoir d’achat n’est plus en mesure de supporter d’autres augmentations. Si aujourd’hui, les propriétaires des stations d’essence ont commencé à s’agiter, qu’en sera-t-il du simple citoyen qui, depuis l’annonce des augmentations, n’a pour sujet que la nouvelle loi de finances. Assumant déjà une austérité aiguë, le pauvre Algérien est tenu d’assurer bon gré mal gré, des rentes au Trésor public. Rappelons que la loi de finances 2016 avait prévu ces hausses en révisant le taux de la TVA sur les carburants qui est passé de 7% à 17%, et avait introduit une taxe sur les produits pétroliers (TPP) à hauteur de 2,91 dinars par litre pour l’essence et de l’ordre de 2,66 dinars le litre pour le gasoil.
Pour le gouvernement, ces ajustements des prix des carburants ne mettaient nullement fin aux subventions massives de ces produits qui absorbaient plus de 600 milliards de dinars, soit plus de 6 milliards de dollars en 2016. Autre vision du gouvernement dans l’adoption de la loi de finances 2016: rationaliser la consommation et combattre la contrebande.

Ainsi, selon le gouvernement, les augmentations des prix des carburants étaient destinées à rationaliser la consommation et faire des économies à cet effet, dont celle du gasoil. Ce dernier carburant représentait 67% de la consommation des produits pétroliers à la pompe en 2014. Signalons que, le solde cumulé des importations de gasoil par l’Algérie en 2012, 2013 et 2014 a atteint 5,7 milliards de dollars.
Sonatrach avait annoncé qu’elle cesserait d’en importer avant la fin de 2015 après l’entrée en production des raffineries d’Alger, de Skikda et d’Arzew à la suite de leur rénovation. Autre objectif recherché par l’Etat, c’est aussi de combattre la contrebande du carburant, les exportations illégales de carburants depuis les frontières Est et Ouest, Tunisie et Maroc principalement, évaluées à plusieurs milliards de dollars par an.

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