Ali Bay Nasri, président de l’Anexal, à Horizons « Le ferroviaire est la solution »

dimanche 27 novembre 2016 à 23:15
Source de l'article : Horizons-dz.com

Le président de l’Association nationale des exportateurs algériens, Ali Bay Nasri, soutient, dans cet entretien, que la logistique fait défaut en Algérie et préconise des solutions à même de résoudre les problèmes auxquels font face les opérateurs économiques.

La Caci organise le premier Salon sur la logistique. Comment ce secteur est-il organisé en Algérie ?


Certes, c’est une bonne initiative. D’autant qu’en Algérie, il n’y a pas de plan logistique. Nous devrions d’abord définir ce que c’est une logistique. La logistique repose sur trois facteurs. Il s’agit en premier lieu d’un flux physique de la marchandise auquel s’ajoutent les flux financier et informationnel.

Or, malheureusement, en Algérie il n’y a pas de stratégie et nous ne formons pas beaucoup de logisticiens. C’est ce qui nous amène à dire qu’il y a une faiblesse dans la ressource humaine et le secteur est loin d’être développé. Nous devons faire des analyses sur le transit portuaire, sur le cheminement des marchandises, sur les facilitations accordées. Et de voir comment entrent des camions et comment sortent d’autres.

Tout le monde s’accorde à dire que la voie ferroviaire constitue la solution. Qu’en pensez-vous ?


Bien évidemment, c’est la solution la plus appropriée. Le train existait depuis la période coloniale au port d’Alger mais il a été pratiquement abandonné. Par conséquent, nous souffrons sur nos routes à cause des encombrements occasionnés par les camions. L’Algérie importe 2,5 milliards de dollars de camions par an.

C’est-à-dire en dix ans, nous avons importé l’équivalent de 25 milliards de dollars. C’est énorme. C’est très important à signaler. Au lieu d’investir dans le ferroviaire, nous avons importé des camions. Le ferroviaire est la solution. C’est d’abord moins d’accidents. Dans certains pays européens, le pourcentage de fret ferroviaire est de 30% par rapport au global, alors qu’en Algérie, il ne dépasse pas les 4%.

La SNTF travaille beaucoup plus avec les entreprises publiques. Ce qui fait que ce créneau n’est pas développé. Nous n’avons pas mis justement en place une stratégie sur l’intégration de la logistique dans la gestion des transports en Algérie. Pour vous citer l’exemple de la Tunisie, un appel à concours au niveau international a été lancé pour la mise en place d’une méthodologie de gestion numérisée d’un de ses ports.

Que préconisez-vous comme solution ?


Pour développer la logistique, il est impératif de réduire les coûts. Pour les exportateurs, la logistique constitue un élément important dans la compétitivité de notre produit. Les exportateurs, pour la plupart, importent des intrants, les transforment avant de les exporter. Donc, le coût et les délais, s’ils sont importants à l’importation, ils le sont aussi à l’exportation. Comment réduire les coûts ?

D’abord, par la diminution des attentes et les surestaries. Il faut que le ministère des Transports regarde ce qui se passe dans les ports secs. Des compagnies maritimes appliquent des taux exorbitants. En plus, nous ne maîtrisons pas ce que nous appelons les frais de manutention portuaire.

Les ports sont encombrés. Nous supportons les prix fixés par les majors dans le maritime. Et dans l’aérien, nous n’avons pas de capacités pour l’exportation tout simplement. Il faut savoir aussi que nous sommes en surcotation à l’importation de près de 25% et à l’exportation de l’ordre de 22%.

Pour nous, l’enjeu de la compétitivité logistique est éminemment important.
Au plus pressé, j’avais proposé, dans le cadre d’une tripartite, la mise en place d’un conseil de chargeurs qui défend l’intérêt de l’opérateur. Si par exemple, actuellement le prix du conteneur augmente, nous ne pouvons pas exprimer notre désaccord. Il faut que l’Etat examine l’indice de performance logistique.

Dans ce cadre, nous sommes très mal classés. Nous sommes à la 94e place du classement du Centre du commerce international. Il faudrait améliorer, et pour le faire, il faudrait des spécialistes.

Qu’en est-il de l’installation du guichet unique ?


Certes, il y avait un projet dans ce sens mais nous n’avons rien vu venir. Le guichet unique constitue également une solution car tout ce qui concourt à éliminer la bureaucratie est le bienvenu.

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