Agriculture: Journée de sensibilisation au profit des oléiculteurs

Monday 10 October 2016 à 16:21
Source de l'article : Lesoirdalgerie.com

Dans le cadre de la prévention contre les maladies des végétaux en général et de l’olivier en particulier, la Direction des services agricoles de la wilaya de Bouira a organisé hier au profit des oléiculteurs de la wilaya de Bouira, une journée de sensibilisation contre certains insectes ravageurs dont la mouche d’olive et la teigne.

En présence des responsables de l’Institut national pour la protection des végétaux (INPV) venus d’Alger, et à l’aide d’un data show, la première responsable du service de protection des végétaux de la Direction des services agricoles de la wilaya de Bouira a, pendant plus de trois heures, expliqué avec un langage accessible à tout le monde pour permettre aux agriculteurs venus du monde rural et dont le niveau d’instruction est limité de comprendre les enjeux de l’heure et surtout les avantages qu’ils auront à tirer en faisant dans la prévention, c’est-à-dire l’alerte durant les premiers stades de l’apparition de ces maladies, au lieu d’attendre le stade terminal et l’utilisation des insecticides.

Aussi, que ce soit pour la mouche d’olive , cette maladie qui ravage les oliviers et qui s’attaque aux olives, baissant les rendements d’une manière drastique et surtout, rendant la qualité de l’huile finale très médiocre avec un taux d’acide très élevé, ou pour la teigne qui ravage les vergers oléicoles durant tout le cycle de formation de l’olive depuis la floraison jusqu’à la formation du noyau et enfin, les feuilles.

Face à ces deux fléaux, la responsable du service de protection des végétaux insiste sur la prévention pour sauvegarder la qualité du produit, c’est-à-dire l’olive pour les oléiculteurs versés dans la culture de l’olive de table ou de l’huile pour les oléiculteurs. Selon elle, au lieu d’utiliser les insecticides, des méthodes naturelles peuvent être menées pour lutter contre ces maladies avec d’abord l’entretien du verger et le labourage de fond dès la fin de la collecte d’olive, vers fin février ; ensuite l’installation des pièges alimentaires, à défaut de phéromones lorsque l’agriculteur se trouve dans l’impossibilité de se permettre leur achat.

L’oratrice, devant une cinquantaine d’oléiculteurs, expliquera la méthode naturelle de piégeage des mouches et de la teigne avec ces bouteilles en plastique sur lesquelles on met une bande adhésive de couleur jaune attirante pour les mouches ; ensuite on les remplit à deux tiers d’eau avant d’y mettre un morceau de sardine et du sucre et laisser fermenter.

L’odeur qui s’y dégagera ; le sulfure d’ammoniaque attirera des milliers de mouches qui vont essayer de pénétrer à travers des petits trous préalablement percés en haut de la bouteille dont le bouchon doit être fermé. Une fois à l’intérieur et ne pouvant plus sortir, ces mouches finiront par se noyer dans la solution préparée…

Durant toute la matinée et tout en expliquant ces méthodes, l’oratrice insistera sur les méthodes préventives pour éviter toute utilisation de produits chimiques dans les vergers, lesquels seront classés bio et auront une saveur et un prix concurrentiels même à l’échelle internationale ; surtout pour l’huile d’olive dont l’Algérie possède l’une des plus cotées à l’échelle internationale si les pouvoirs publics souhaitent sa valorisation.

Des produits naturels loin de tout contact avec les produits chimiques et les insecticides face auxquels le consommateur algérien ne fait aucune attention mais, dont les conséquences, rappellera la responsable du service protection des végétaux, sont largement visibles dans notre société avec ces milliers de personnes qui meurent du cancer.

Selon elle, il suffit d’avaler à chaque fois, à travers les légumes ou les fruits, une toute petite partie d’insecticide, laquelle n’affectera plus le corps sur le moment, en ne lui causant même pas une petite intoxication pour aboutir, au bout d’une vingtaine d’années, à l’apparition de tumeurs cancéreuses qui surviennent le plus souvent sans que l’on sache leur origine et qui sont malheureusement mortelles. Cela étant, lorsque ces maladies qui touchent les vergers oléicoles se généralisent dans un périmètre donné, une opération de désinsectisation globale pourra être menée par l’Institut national de protection des végétaux.

Par ailleurs, lors de cette journée, un autre fléau qui affecte les oliviers a été cité ; il s’agit de la tuberculose contre laquelle aucun remède n’existe. Selon les responsables de l’INPV présents sur place, pour lutter contre cette maladie, des échantillons du sol ainsi que des plants sont effectués, avant toute plantation d’un nouveau verger ; mais pour les anciens vergers dans lesquels peut apparaître cette maladie, pour le moment la méthode radicale, à savoir l’arrachage des oliviers contaminés, est la solution préconisée afin que la maladie ne se propage pas vers d’autres oliviers sains. Signalons à la fin qu’outre ces journées de sensibilisation effectuées à longueur d’année par le service protection des végétaux de la DSA, des programmes de formation destinés aux agriculteurs sont également organisés.

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