Abderrahmane Mebtoul à propos de l’action gouvernementale de M. Ouyahia : Ne pas effrayer les gestionnaires et ne pas faire de la tripartie un monologue !

mardi 22 août 2017 à 11:25
Source de l'article : Reporters.dz

La chaleur tenace de l’été risque de déborder sur la rentrée sociale ainsi que sur l’agenda du Premier ministre M. Ouyahia et son équipe gouvernementale, qui doivent résoudre, en un temps « record », ce que leurs prédécesseurs ont eu du mal à faire depuis trois ans : baisser la pression sur nos réserves de changes en augmentant nos parts de revenus hors hydrocarbures.

La célérité avec laquelle l’Exécutif a été installé et avec laquelle M. Ouyahia a pris des premières mesures démontrent l’urgence de la mission qui les attend. Et la plus patente est sa décision de supprimer, dès son arrivée à la chefferie du gouvernement, l’Inspection générale de contrôle des finances et des marchés publics, installée par M. Tebboune au niveau de son cabinet, à travers laquelle il entendait se pencher sur les problèmes majeurs en matière de marchés publics. Au regard d’un économiste, la «suppression» de cette inspection mort-née est de bon augure, car elle aurait été inutile.

Pourquoi ? Pour la simple raison, estime Abderrahmane Mebtoul, économiste, professeur des universités et expert international, qu’« il existe déjà de telles institutions avec les mêmes prérogatives que sont l’Inspection générale des Finances, la Cour des comptes et l’Institut national de lutte contre la corruption […] » «Alors, je ne comprends pas la nécessité pour M. Tebboune d’installer une énième inspection, donc des inspecteurs, surtout qu’au vu de mon expérience, en qualité de magistrat à la Cour des comptes, rien que pour Sonatrach, il faut 200 magistrats », s’exclame-t-il.

Perte de temps, perte d’argent… et, surtout, il s’agit « de ne pas faire peur aux gestionnaires et laisser les institutions de la République travailler normalement», enchaîne-t-il.
«Ahmed Ouyahia a eu totalement raison de supprimer cette commission », appuie-t-il, reconnaissant que plutôt de «créer une institution de plus pour qu’à la fin, elle ne contrôle rien ; il faudrait améliorer le fonctionnement de celles qui existent ». Dossier clos donc !

Tripartite : de nouvelles têtes pour éviter le monologue
L’autre dossier de poids et que le même M. Mebtoul connaît très bien, c’est la tripartite, annoncée pour le 23 septembre prochain à Ghardaïa, mais qui vraisemblablement connaîtra un changement de calendrier et de lieu et serait même délocalisée à Alger. En tout état de cause, le Premier ministre a déjà engagé un premier calendrier de rencontres avec les partenaires du gouvernement pour la préparer, même si, une nouvelle fois, elle devrait se pencher sur les moyens à mettre en œuvre dans le but de dynamiser les exportations hors hydrocarbures.

Seulement, cette problématique a de tout temps été enrôlée dans l’ordre du jour de toutes les tripartites tenues jusque-là. Et à M. Mebtoul d’en témoigner : « J’ai été présent à la dernière réunion gouvernement-UGTA-patronat, où il a été question de diversifier l’économie et nos sources de revenus, même si je constate, qu’après 21 tripartites, nos recettes continuent d’être tirées à 97% de la vente du pétrole et du gaz.» Pourquoi ? « Les partenaires du gouvernement, que sont l’UGTA et le patronat, disent que c’est le gouvernement qui n’a pas appliqué les différentes directives ou décisions issues des tripartites.

Mais, ce que je constate pour ma part, c’est l’existence de certains partenaires qui ne se réunissent avec le Premier ministre que pour obtenir des marchés publics », tranche M. Mebtoul. L’idéal, cette fois-ci, est d’aller véritablement vers un large consensus. « Quoi qu’il en soit, j’ai toujours demandé à ce que la tripartie soit élargie aux syndicats autonomes, sachant que sur le plan social, nous avons trois ans de répit, à considérer que nous disposons encore de 100 milliards de dollars de réserves de changes et d’une dette extérieure de moins de cinq milliards.

Mais là, la tripartite doit ressortir avec une réorientation totale de la politique économique. Et sur ce point, je salue la directive du président de la République qui a appelé à un large front social qui réunit tous les Algériens et toutes les Algériennes », poursuit-il, en référence à son message à l’occasion de la célébration de la Journée du moudjahid, dans lequel il appelait à un front commun pour sortir de la crise. «Mais attention, si c’est toujours les mêmes qu’on voit depuis 1995, comment voulez-vous que ce consensus soit réuni », tempère M. Mebtoul. Il insiste sur le fait qu’il faut « élargir le dialogue social à d’autres partenaires économiques et sociaux sinon on tombe dans le monologue ! ».

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